Corrigé X 2026 Physique et SI MP — Physique, partie 2.3 (Q13 à Q17) : Stabilité des points de Lagrange : cols instables, stabilisation par la force de Coriolis, critère de Routh, périodes de libration
Sujet officiel du concours X, session 2026, épreuve Physique et SI MP. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
Sujet officiel (PDF, site du concours)
Énoncé
Notations des parties précédentes : pseudo-potentiel réduit (équation (4)), temps réduit , , unité de temps avec an. Dans , la résultante des forces de gravitation et d'inertie d'entraînement dérive de : le minimum de en , est un maximum de , mais n'est pas galiléen. Les courbes de niveau (1), (2), (3) de la figure 2 passent par , , .
{Figure 2 — Niveaux de () : (1) et (4) ; (2) ; (3) ; minimum .}
Q13. Expliquer qualitativement pourquoi , , ne peuvent pas être stables.
Q14. Justifier qualitativement que la force de Coriolis puisse stabiliser P près de (stabilité dynamique).
Près de de coordonnées réduites : , ; est développé à l'ordre 2 avec , , , en (6).
Équations du mouvement réduites () :
Q15. Écrire (7) sous la forme (8) et exprimer .
On admet , (9), les étant les valeurs propres de ; pour et , elles vérifient
Q16. a. Condition sur pour que et soient dynamiquement stables. b. Estimer pour le système Soleil--Terre ; conclure.
Q17. Montrer que le mouvement près de fait apparaître deux périodes ; les calculer.
Corrigé
Q13. Sur la figure 2, les courbes de niveau (1), (2) et (3) se croisent en , et (courbes en huit) : ces points sont des cols (points selles) de , donc aussi de . Pour par exemple : le long de l'axe , tend vers en S et en T, donc est minimal en sur le segment et y est maximale ; perpendiculairement à l'axe, c'est l'inverse. Il existe donc toujours une direction (ici l'axe Soleil--Terre) le long de laquelle un petit écart abaisse l'énergie potentielle : P, écarté de selon , est poussé vers le Soleil ou vers la Terre et s'éloigne de l'équilibre. Il en va de même en et (sur l'axe, tend vers en T ou en S et croît comme loin de ).
Ce raisonnement ne suffit pas seul dans un référentiel non galiléen (voir Q14), mais le calcul de Q15 le confirme : le polynôme caractéristique de est ; en un col, , le produit des deux racines en est négatif, l'une est donc réelle positive et donne une valeur propre : l'écart croît exponentiellement, même avec la force de Coriolis.
Q14. En , est maximale : sans autre force, P écarté de « dévalerait » la colline d'énergie potentielle. Mais dès que P acquiert une vitesse dans , la force de Coriolis , perpendiculaire à et d'autant plus grande que est grande, le dévie vers la droite (pour selon ). Au lieu de s'éloigner radialement de , P est incurvé et se met à tourner autour de , à la manière des vents qui circulent le long des isobares autour d'une dépression au lieu de s'y engouffrer (équilibre géostrophique). La force de Coriolis ne travaille pas : elle ne change pas l'énergie, elle transforme la fuite en mouvement de rotation. Si elle est assez forte devant la « pente » de (courbure de faible devant , ce qui est le cas pour petit), la trajectoire reste bornée au voisinage de : c'est la stabilité dynamique (ou gyroscopique), qui n'a pas d'équivalent pour un maximum d'énergie potentielle dans un référentiel galiléen.
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