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Corrigé bac HGGSP 2025 Métropole jour 1 — Dissertation 2 : La puissance des États dans les espaces maritimes et extra-atmosphériques

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, session 2025. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

Sujet officiel (PDF)

Énoncé

Consigne officielle. Baccalauréat général, épreuve d'enseignement de spécialité, session 2025 — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques. Mardi 17 juin 2025. Durée de l'épreuve : 4 heures. L'usage de la calculatrice et du dictionnaire n'est pas autorisé. Dès que ce sujet vous est remis, assurez-vous qu'il est complet. Ce sujet comporte 4 pages numérotées de 1/4 à 4/4. Le candidat traitera un sujet de dissertation, au choix parmi les sujets 1 et 2, et l'étude critique de documents. Répartition des points : dissertation, 10 points ; étude critique de documents, 10 points.

Le candidat traitera un sujet de dissertation, au choix parmi les sujets 1 et 2. Il précisera sur la copie le numéro du sujet choisi pour la dissertation.

Sujet de dissertation 2. La puissance des États dans les espaces maritimes et extra-atmosphériques.

Corrigé

Analyse du sujet.

La puissance est une notion du programme de première, à complexifier ici : la capacité d'un État à imposer sa volonté et à agir à distance, par la contrainte militaire et économique (puissance dure), par l'attraction (puissance douce) ou par l'écriture de la règle (puissance normative). Dans les deux milieux du sujet, elle prend une forme particulière : on n'y annexe rien — le traité de 1967 interdit toute appropriation nationale de l'espace, la haute mer n'appartient à personne —, on y acquiert une capacité d'accès, de contrôle et d'exploitation. Des États : le pluriel invite à distinguer les superpuissances de la guerre froide, les puissances moyennes comme la France, les émergents comme la Chine et l'Inde — et à repérer que les acteurs les plus récents, SpaceX en tête, ne sont plus des États. Les espaces maritimes et extra-atmosphériques sont les deux milieux du thème 1, « De nouveaux espaces de conquête » : milieux inhabitables, où la connaissance et la maîtrise dépendent entièrement de la technique, espaces de flux plus que de stocks — plus de 80 % du commerce mondial en volume passe par la mer, plus de 95 % des données intercontinentales par les câbles sous-marins, et les orbites portent la navigation, les télécommunications et le renseignement. La haute mer commence au-delà de 200 milles marins et couvre environ 60 % des océans ; l'espace commence, par convention, à la ligne de Kármán, 100 kilomètres d'altitude. La conjonction « et » est une consigne : il faut croiser les deux milieux, non les juxtaposer. Le sujet ne donne pas de bornes : on partira de 1945-1957 — la proclamation Truman sur le plateau continental du 28 septembre 1945 et Spoutnik le 4 octobre 1957 ouvrent les deux conquêtes — et l'on ira jusqu'au jour de l'épreuve, en juin 2025, où l'accord BBNJ sur la haute mer, adopté en 2023, n'est pas encore entré en vigueur. L'échelle est mondiale, avec des focales sur les États-Unis, l'URSS puis la Russie, la France et la Chine, objet de travail conclusif du thème. Le libellé demande de montrer par quels moyens la puissance s'exerce dans ces espaces, par qui, et avec quelles limites : le droit et les coopérations de l'axe 2 font partie du sujet, ils ne sont pas hors sujet. Deux pièges : le récit des exploits techniques sans enjeu de pouvoir, et l'oubli de l'un des deux milieux.

Problématique.

Comment, depuis 1945, la maîtrise de la mer et de l'espace — milieux inhabitables et juridiquement inappropriables — est-elle devenue un critère décisif de la puissance des États, par la force, par le droit et par la coopération ? Dans quelle mesure l'entrée de nouveaux acteurs, États émergents et entreprises privées, redistribue-t-elle aujourd'hui cette puissance et met-elle à l'épreuve le cadre qui l'encadrait ?

Plan détaillé.

I. Deux espaces où la puissance s'affirme par la capacité militaire et par le prestige (1945 - années 1970).

A. Une matrice militaire commune. Les deux conquêtes sont filles de la course aux armements. Les vainqueurs de 1945 se partagent les ingénieurs du V2 allemand — Wernher von Braun passe aux États-Unis par l'opération Paperclip, l'URSS reconstitue son programme autour de Sergueï Korolev —, et la fusée R-7 qui place Spoutnik 1 en orbite le 4 octobre 1957 est un missile intercontinental : si Moscou peut satelliser, Moscou peut atteindre le territoire américain. La « crise de Spoutnik » provoque la création de la NASA par une loi du 29 juillet 1958. En mer, l'océan devient le sanctuaire de la dissuasion : le 20 juillet 1960, l'USS George Washington tire un missile Polaris en plongée ; un sous-marin nucléaire lanceur d'engins en patrouille est la composante la moins vulnérable d'un arsenal, celle qui garantit la seconde frappe. La France construit son autonomie : Le Redoutable admis au service en 1971, Force océanique stratégique en 1972, permanence à la mer depuis. Les cinq puissances reconnues par le traité de non-prolifération (1968-1970) sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité : la mer porte l'ordre nucléaire.

B. La puissance comme spectacle : la course à la Lune. Gagarine, le 12 avril 1961, puis le discours de Kennedy au Congrès, le 25 mai 1961, et à Rice University, le 12 septembre 1962 : l'objectif lunaire est une réponse politique, non économique. Le programme Apollo coûte environ 25 milliards de dollars de l'époque, mobilise jusqu'à 400 000 personnes et porte le budget de la NASA à près de 4,4 % du budget fédéral en 1966 ; le 20 juillet 1969, Eagle se pose dans la mer de la Tranquillité. Ce que l'on conquiert d'abord, ce sont les opinions — celles des alliés comme celles des non-alignés. L'espace est militarisé dès l'origine : les satellites Corona photographient l'URSS dès 1960, et l'Initiative de défense stratégique annoncée par Reagan le 23 mars 1983 pense l'orbite comme un théâtre d'opérations.

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