Corrigé bac HGGSP 2026 Métropole jour 1 — Dissertation 2 : Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
Énoncé
Consigne officielle. Baccalauréat général, épreuve d'enseignement de spécialité, session 2026 — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques. Mardi 16 juin 2026. Durée de l'épreuve : 4 heures. L'usage de la calculatrice et du dictionnaire n'est pas autorisé. Le candidat traitera un sujet de dissertation, au choix parmi les sujets 1 et 2, et l'étude critique de documents. Répartition des points : dissertation, 10 points ; étude critique de documents, 10 points.
Le candidat traitera un sujet de dissertation, au choix parmi les sujets 1 et 2. Il précisera sur la copie le numéro du sujet choisi pour la dissertation.
Sujet de dissertation 2. Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours.
Corrigé
Analyse du sujet.
La guerre : Clausewitz en donne la définition de référence, « un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté » ; elle est collective, organisée, politique — elle poursuit un but qui la dépasse — et elle a longtemps été juridiquement encadrée (déclaration, statut de belligérant, lois de la guerre). Les formes de la guerre désignent ce qui la distingue d'une autre : ses acteurs (États, armées de métier, nation en armes, groupes non étatiques), ses buts (limités ou illimités), ses moyens (logistique, masse, industrie, arme nucléaire, cyberattaque), son cadre juridique et son espace (champ de bataille, populations, réseaux). Les évolutions, au pluriel, interdisent le récit d'un progrès linéaire : il y a des ruptures, des retours — la guérilla existe dès 1808, la guerre interétatique de haute intensité revient en 2022. Les bornes sont données : le XVIIIe siècle, c'est-à-dire la guerre de Sept Ans (1756-1763), premier jalon de l'axe 1 du thème 2, « Faire la guerre, faire la paix » ; « nos jours », c'est-à-dire le panorama des conflits actuels dressé dans l'introduction du thème et l'objet de travail conclusif sur le Moyen-Orient (guerres du Golfe de 1991 et 2003). Le sujet demande une histoire des formes, non une histoire des batailles : chaque exemple doit servir à caractériser un type de guerre et son passage à un autre. Le fil conducteur sera le modèle de Clausewitz, né du passage de la guerre limitée à la guerre de la nation en armes, et mis à l'épreuve par les guerres irrégulières.
Problématique.
Comment la guerre, monopolisée et limitée par les États au XVIIIe siècle, s'est-elle transformée en affrontement total des nations, puis en une violence dont l'État n'est plus le seul acteur ni le champ de bataille le seul espace — et ces évolutions rendent-elles caduque l'idée que la guerre est « la continuation de la politique par d'autres moyens » ?
Plan détaillé.
I. De la guerre limitée des rois à la guerre de la nation en armes (1756-1815).
A. La guerre de Sept Ans, guerre d'État limitée dans ses buts et mondiale dans son extension. Le « renversement des alliances » (convention de Westminster du 16 janvier 1756, premier traité de Versailles du 1er mai 1756) oppose la Grande-Bretagne et la Prusse à la France, l'Autriche, la Russie, la Suède et l'Espagne. On se bat sur quatre continents : Rossbach (5 novembre 1757), Plassey au Bengale (23 juin 1757), Québec (13 septembre 1759), Manille (1762). Mais la guerre reste limitée : armées de métier coûteuses et ménagées, logistique de magasins qui interdit de s'éloigner de sa base, batailles rares, buts mesurés — une province (la Silésie), un comptoir, une île à sucre. Les traités de Paris (10 février 1763) et d'Hubertsbourg (15 février 1763) redistribuent des colonies et rétablissent l'équilibre européen ; nul ne songe à détruire l'État adverse.
B. La rupture révolutionnaire et impériale : le peuple entre dans la guerre. Valmy (20 septembre 1792), puis le décret de levée en masse du 23 août 1793 — « tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées » — et la loi Jourdan-Delbrel du 5 septembre 1798 instituant la conscription changent l'échelle : la Grande Armée qui franchit le Niémen en juin 1812 approche les six cent mille hommes. L'armée « vit sur le pays », les corps d'armée marchent séparés et combattent réunis, on recherche la bataille décisive (Austerlitz, 2 décembre 1805 ; Iéna, 14 octobre 1806). Les buts deviennent illimités : renverser des dynasties, refaire la carte, étendre la guerre à l'économie par le Blocus continental (décret de Berlin, 21 novembre 1806). Le cycle de vingt-trois ans coûte des millions de morts à l'Europe — un ordre de grandeur, non un chiffre établi.
C. Clausewitz : la théorie née de cette transformation, et déjà l'annonce de la suite. Officier prussien du camp vaincu à Iéna et Auerstedt (1806), passé au service du tsar en 1812, Carl von Clausewitz tire de ce contraste De la guerre (publié en 1832-1834) : la guerre a une tendance à la « montée aux extrêmes », mais la guerre réelle reste bornée par la friction et surtout par la politique, qui lui assigne un but ; elle est un composé instable de trois tendances — la passion du peuple, le jeu du hasard propre au chef et à l'armée, la raison du gouvernement — un « véritable caméléon ». Deux expériences annoncent pourtant d'autres formes : en Espagne, à partir de mai 1808, une résistance populaire dispersée épuise l'Empire et fait passer le mot guerrilla dans les langues européennes ; en Russie, en 1812, un peuple qui refuse de se rendre vainc une armée qui a gagné ses batailles. Le congrès de Vienne (acte final du 9 juin 1815) referme le cycle par un traité entre États.
Transition. Le XIXe siècle industrialise ce que la Révolution avait inventé ; le XXe siècle en pousse la logique jusqu'à la guerre totale, puis tente de l'encadrer.
100 % gratuit
La suite du corrigé est sur Adloun
Le corrigé rédigé en entier, partie par partie, et le tuteur pour poser des questions sur ce sujet.
Voir le corrigé complet, gratuitementInscription gratuite en 30 secondes (e-mail, nom d'utilisateur, mot de passe, classe ou profil), sans carte bancaire : arrivée directe sur le corrigé.