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Corrigé bac mathématiques 2025 — Exercice 1 : Transmission d'une donnée binaire, probabilités et suite

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2025. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Dans tout l'exercice, les probabilités seront, si nécessaire, arrondies à près.

Une donnée binaire est une donnée qui ne peut prendre que deux valeurs : 0 ou 1. Une donnée de ce type est transmise successivement d'une machine à une autre.

Chaque machine transmet la donnée reçue soit de manière fidèle, c'est-à-dire en transmettant l'information telle qu'elle l'a reçue (1 devient 1 et 0 devient 0), soit de façon contraire (1 devient 0 et 0 devient 1).

La transmission est fidèle dans 90 % des cas, et donc contraire dans 10 % des cas.

Dans tout l'exercice, la première machine reçoit toujours la valeur 1.

Partie A

Pour tout entier naturel , on note :

1. a. Recopier et compléter l'arbre de probabilité ci-dessous.

Figure (schéma)

b. Démontrer que et interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

c. Sachant que la troisième machine a reçu la valeur 1, calculer la probabilité que la première machine ait transmis la valeur 1.

2. Pour tout entier naturel , on note . La première machine a reçu la valeur 1, on a donc .

a. Démontrer que pour tout entier naturel :

b. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel ,

c. Calculer la limite de lorsque tend vers l'infini. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie B

Pour modéliser en langage Python la transmission de la donnée binaire décrite en début d'exercice, on considère la fonction simulation qui prend en paramètre un entier naturel qui représente le nombre de transmissions réalisées d'une machine à une autre, et qui renvoie la liste des valeurs successives de la donnée binaire.

On donne ci-dessous le script incomplet de cette fonction. On rappelle que l'instruction rand() renvoie un nombre aléatoire de l'intervalle .

1   def simulation(n):
2       donnee = 1
3       liste = [donnee]
4       for k in range(n):
5           if rand() <0.1
6               donnee = 1 - donnee
7           liste.append(donnee)
8
9       return liste

Par exemple, simulation(3) peut renvoyer [1, 0, 0, 1]. Cette liste traduit :

1. Déterminer le rôle des instructions des lignes 5 et 6 de l'algorithme ci-dessus.

2. Calculer la probabilité que simulation(4) renvoie la liste et la probabilité que simulation(6) renvoie la liste .

Corrigé

Partie A

1. a. D'après l'énoncé, on a donc : et, pour tout naturel supérieur ou égal à 2 : et aussi (une transmission fidèle, c'est quand les machines et détiennent la même valeur).

(figure : arbre partant de ; depuis : avec et avec ; depuis : avec et avec ; branche : et : )

b. Les événements et partitionnent l'univers, donc, d'après la loi des probabilités totales :

On arrive bien à .

c. On demande de calculer . D'après la définition, on a :

À près, la probabilité que la machine 2 détienne 1, sachant que la machine 3 détient 1, est d'environ .

2. a. Soit un entier naturel non nul. Les événements et forment une partition de l'univers, donc, d'après la loi des probabilités totales :

On arrive donc bien à la relation de récurrence annoncée pour la suite .

b. Pour tout entier naturel non nul , on pose : est l'affirmation « ».

Initialisation : on a, d'après l'énoncé, , et, par ailleurs, on a . On constate donc que l'affirmation est vraie.

Hérédité : soit naturel non nul tel que l'affirmation est vraie, soit . Alors :

Conclusion : on a prouvé que l'affirmation est vraie ; et que, étant un naturel non nul, la véracité de entraîne celle de . En vertu du principe de récurrence, on peut donc conclure que :

c. Pour tout entier naturel non nul, on a : .

Comme on a , la propriété des limites de suites géométriques donne , puis .

Puis, par limite de la somme, on a :

Ainsi, quand le nombre de machines tend vers plus l'infini, la probabilité que la dernière machine détienne la valeur 1 tend vers 0,5.

Partie B

1. L'instruction de la ligne 5 est une instruction conditionnelle : elle indique que l'instruction de la ligne suivante ne s'exécutera que si le test rand() &lt; 0.1 renvoie la valeur True.

Or, l'instruction rand() renvoie un nombre aléatoire dans , donc la probabilité que ce nombre soit strictement inférieur à 0,1, c'est-à-dire dans l'intervalle , est proportionnelle à l'amplitude de cet intervalle ; la probabilité que cela arrive est donc de .

La ligne 5 va rendre l'exécution de la ligne 6 aléatoire, avec une probabilité que la ligne 6 s'exécute égale à 0,1.

C'est-à-dire que la ligne 6 doit avoir pour effet de « mal transmettre » la dernière donnée détenue, qui est traduite par la variable donnee. Cette variable contient 0 ou 1. Si elle contenait 0, après la ligne 6 elle contiendra , soit la valeur contraire. Si elle contenait 1, après la ligne 6 elle contiendra , là encore la valeur contraire.

La ligne 6 a donc pour effet de modifier la donnée, pour simuler une transmission contraire.

2. Si l'appel simulation(4) renvoie , cela signifie que l'on a eu 4 transmissions fidèles, entre 5 machines. La probabilité que cela arrive est donc :

De façon analogue, l'appel simulation(6) renvoie une simulation de 6 transmissions entre 7 machines. Si l'appel renvoie , cela signifie que les trois premières transmissions sont contraires (de 1 à 0, puis de 0 à 1, puis de 1 à 0), la quatrième transmission est fidèle (de 0 à 0), la cinquième est contraire (de 0 à 1) et la sixième et dernière est fidèle (de 1 à 1). La probabilité que cela arrive est donc :

À près, la probabilité d'obtenir est d'environ et celle d'obtenir est d'environ .

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