Corrigé bac mathématiques 2025 — Exercice 3 : Étude des fonctions et de la suite d'intégrales
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2025. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
On munit le plan d'un repère orthonormé.
Pour tout entier naturel , on considère la fonction définie sur par : Pour tout entier naturel , on note la courbe représentative de la fonction .
Les parties A et B sont indépendantes.
Partie A : Étude des fonctions pour
On considère un entier naturel .
1. a) On admet que la fonction est dérivable sur . Montrer que pour tout :
b) Justifier tous les éléments du tableau ci-dessous.
(figure : tableau de variations de sur . est positive (signe ) sur , s'annule en , puis négative (signe ) sur . croît de jusqu'au maximum atteint en , puis décroît vers .)
2. Justifier par le calcul que le point appartient à la courbe .
Partie B : Étude des intégrales pour
Dans cette partie, on étudie les fonctions sur et on considère la suite définie pour tout entier naturel par :
1. Sur le graphique en ANNEXE, on a représenté les courbes , , , et .
a) Donner une interprétation graphique de .
b) Par lecture de ce graphique, quelle conjecture peut-on émettre sur la limite de la suite ?
2. Calculer .
3. a) Soit un entier naturel. Démontrer que pour tout :
b) En déduire que pour tout entier naturel , on a :
4. Démontrer que la suite est convergente, vers une limite positive ou nulle que l'on notera .
5. En utilisant une intégration par parties, démontrer que pour tout entier naturel on a :
6. a) Démontrer que si , l'égalité de la question 5 conduit à une contradiction.
b) Démontrer que . On pourra utiliser la question 6. a.
On donne ci-dessous le script de la fonction mystere, écrite en langage Python.
def mystere(n):
I = 1 - 1/e
L = [I]
for i in range(n):
I = (i + 1)*I - 1/e
L.append(I)
return L
7. Que renvoie mystere(100) dans le contexte de l'exercice ?
Corrigé
Partie A : Étude des fonctions pour
1. a) On dérive un produit de deux fonctions dérivables sur . Soit un réel positif :
b) La fonction exponentielle est à valeurs strictement positives sur , donc pour tout , . Sur , étant positif, est positif ; donc le signe de ne dépend que de celui de . Or , donc sur , sur et s'annule en .
Valeurs aux bornes : Enfin, pour tout , . La propriété des croissances comparées donne , donc, par limite du quotient : La courbe admet donc une asymptote horizontale d'équation au voisinage de . Tous les éléments du tableau de variations sont ainsi justifiés.
2. Pour entier naturel non nul, . Le point a donc pour ordonnée , donc le point appartient bien à la courbe .
Partie B : Étude des intégrales
1. a) La fonction est à valeurs positives sur , donc correspond à l'aire, exprimée en unités d'aire, de la surface délimitée par la courbe , l'axe des abscisses et les deux droites verticales d'équation et .
b) De la même façon, chaque intégrale est l'aire sous la courbe entre les abscisses et . Graphiquement, ces aires semblent de plus en plus petites lorsque augmente, et la suite paraît minorée par 0. On conjecture donc que la limite de la suite est 0.
2. .
3. a) Soit un entier naturel et , donc . En multipliant par (positif car ) : , soit .
b) En multipliant l'inégalité précédente par , qui est strictement positif : , soit . Comme on intègre entre 0 et 1, avec , par positivité de l'intégrale on en déduit :
4. D'après la question précédente, pour tout entier naturel :
- , donc la suite est minorée par 0 ;
- , donc la suite est décroissante.
La suite étant décroissante et minorée par 0, elle est convergente, vers une limite supérieure ou égale à 0.
5. Soit un entier naturel. On pose et , d'où et . Toutes ces fonctions sont continues et dérivables sur , donc : On retrouve bien la relation de récurrence annoncée.
6. a) Supposons que la limite soit strictement supérieure à zéro. Alors, par limite du produit : . Puis, par limite de la somme : , soit : la suite de terme général diverge vers .
Or la suite de terme général a la même limite que la suite , qui converge vers un réel positif (inférieur à ). Il y a donc une contradiction.
b) À la question précédente, la supposition conduit à une contradiction. On démontre donc, par l'absurde, que n'est pas possible d'écarter : comme on sait depuis la question 4 que est un réel positif ou nul, on en déduit . La suite converge donc vers 0, ce qui confirme la conjecture.
7. mystere(100) renvoie une liste (stockée dans la variable L) contenant les valeurs (approchées) des 101 premiers termes de la suite, de à .
En effet, I est initialisée (ligne 2) à la valeur , puis L est initialisée (ligne 3) comme liste contenant . Ensuite, la boucle (lignes 4 à 6) réalise 100 répétitions (pour i allant de 0 à 99) : à chaque exécution, I est mise à jour (ligne 5) en utilisant la relation de récurrence , donc passe de la valeur d'un terme à celle du terme suivant, et cette nouvelle valeur est ajoutée à la fin de L (ligne 6). En sortie de boucle, après 100 applications de la relation, L contient les valeurs approchées de .
Remarque : si l'on exécute réellement ce script, les résultats deviennent manifestement faux à partir de (les valeurs trouvées deviennent négatives) : les calculs se font avec une valeur approchée de et les erreurs d'arrondi se cumulent rapidement. En revanche, en calculant les aires sous les courbes (par exemple avec un logiciel), on retrouve bien une suite d'intégrales qui tend vers 0.