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Corrigé bac physique-chimie 2025 Métropole jour 2 — Exercice 1 : Mesure de l'épaisseur d'un film alimentaire

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité physique-chimie, session 2025. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Les films alimentaires étirables sont des films plastiques souples et transparents utilisés principalement pour conserver les aliments. Ils sont fabriqués en polymères tels que le polyéthylène basse densité (PEBD) et parfois le polychlorure de vinyle (PVC). Ces films offrent une barrière contre l'air, l'humidité et les contaminants, aidant ainsi à prolonger la fraîcheur des aliments et à réduire les déchets alimentaires. L'épaisseur du film est un paramètre essentiel des propriétés mécaniques (élasticité, résistance à la traction) des films étirables, ainsi que de leur impact écologique.

L'objectif de cet exercice est d'étudier différentes méthodes de détermination de l'épaisseur d'un film alimentaire.

1. Mesure de l'épaisseur d'un film alimentaire par capacimétrie

Données :

avec : : permittivité du vide ; : permittivité relative du matériau isolant ;

On réalise un condensateur plan en intercalant entre deux feuilles de papier aluminium rectangulaires, de dimensions , une seule couche du film transparent d'épaisseur . On note sa capacité. La figure 1 ci-dessous présente un schéma de ce dispositif.

Figure 1. Vue en coupe du condensateur plan

On réalise ensuite le montage, schématisé en figure 2, constitué du condensateur réalisé, d'un conducteur ohmique de résistance , d'un interrupteur et d'un générateur idéal délivrant une tension continue .

Figure 2. Schéma du montage électrique

On étudie la charge du condensateur à partir de la date , date à laquelle l'interrupteur est fermé. L'évolution temporelle de la tension aux bornes du condensateur est présentée en figure 3.

Figure 3. Évolution de la tension aux bornes du condensateur en fonction du temps

Q1. Établir l'équation différentielle ci-dessous vérifiée par la tension aux bornes du condensateur, où est le temps caractéristique dont on donnera l'expression :

La solution de cette équation différentielle est : est une constante.

Q2. Déterminer l'expression de la constante .

Q3. Exprimer, en fonction de , la tension aux bornes du condensateur à la date .

Q4. Exploiter la courbe de la figure 3 et le résultat obtenu à la question Q3 pour déterminer la valeur de la constante de temps du circuit. Expliciter la démarche utilisée.

Q5. En déduire une valeur expérimentale de la capacité du condensateur.

Des mesures complémentaires répétées ont permis de déterminer une valeur moyenne de la capacité du condensateur : .

Q6. Déterminer la valeur de l'épaisseur du film alimentaire déduite de cette valeur moyenne.

Avec cette méthode, l'incertitude-type sur l'épaisseur du film a pour valeur : .

Q7. Discuter de l'accord du résultat obtenu à la question Q6 avec la valeur de l'épaisseur de référence du film indiquée dans les données.

Pour expliquer l'écart observé, on peut faire l'hypothèse qu'il existe entre les feuilles d'aluminium, en plus de l'épaisseur du film alimentaire, une fine couche d'air d'épaisseur constante. La situation est alors schématisée sur la figure 4 ci-dessous.

Figure 4. Couche d'air piégée dans le condensateur

On montre que la capacité d'un condensateur, dans le cas où le condensateur comprend une épaisseur d'air et une épaisseur de film , est donnée par la relation :

Q8. En envisageant deux cas limites au schéma présenté en figure 4, vérifier que l'expression donnée ci-dessus est compatible avec l'expression littérale de la capacité d'un condensateur précisée dans les données.

Q9. Dans ce modèle, déterminer la valeur d'épaisseur d'air en considérant que l'épaisseur du film alimentaire est celle de référence : . Commenter.

2. Mesure de l'épaisseur du film alimentaire par pesée

Données :

Afin d'estimer un ordre de grandeur de l'épaisseur du film alimentaire, on mesure la masse de film d'un rouleau neuf : .

Q10. Calculer l'épaisseur du film alimentaire dans le rouleau.

3. Mesure de l'épaisseur du film alimentaire par interférométrie

Dans le but d'obtenir une mesure plus exacte de l'épaisseur du film alimentaire, on utilise une méthode interférométrique dans laquelle on éclaire le film avec une source lumineuse comme indiqué sur la figure 5 ci-dessous.

On ne s'intéresse dans cette étude qu'à deux rayons lumineux (1) et (2) issus d'un même rayon incident, comme représenté sur la figure 5 :

Les rayons (1) et (2) sont parallèles entre eux. Grâce à une lentille, ils se superposent à l'entrée d'une fibre optique, elle-même reliée à un spectromètre.

Figure 5. Dispositif expérimental

Pour une source monochromatique de longueur d'onde , la superposition des deux ondes associées aux rayons (1) et (2) donne lieu à des interférences. On note la différence de chemin optique entre les deux ondes.

Q11. Préciser la relation entre et permettant d'obtenir des interférences constructives.

L'ordre d'interférence est, dans le cas général, défini comme le rapport . On admet que, dans les conditions de l'expérience, l'ordre d'interférence est donné par la relation suivante :

est un paramètre sans dimension dépendant de l'indice de réfraction du film et de l'angle d'incidence de la lumière sur le film.

Q12. Préciser, en justifiant sans calcul, le phénomène observé lorsque le rapport est un nombre entier.

Dans l'expérience étudiée, le film est éclairé en lumière blanche et on analyse le spectre de la lumière transportée par la fibre. On donne ci-dessous sur la figure 6a le spectre de la lumière incidente et sur la figure 6b celui de la lumière captée par la fibre optique.

\parbox[t]{7.2cm}{ Figure 6a. Spectre de la lumière incidente} \parbox[t]{7.2cm}{ Figure 6b. Spectre de la lumière captée par la fibre optique}

Q13. Le spectre de la figure 6b présente des maxima d'intensité dont certains sont entourés en pointillés. Expliquer leur origine.

L'analyse de la figure 6b permet de représenter l'évolution de l'ordre d'interférence en fonction de l'inverse de la longueur d'onde. Les résultats obtenus et leur modélisation sont représentés sur la figure 7.

Figure 7. Représentation graphique de l'ordre d'interférence en fonction de

Q14. Indiquer, en justifiant, si les résultats expérimentaux sont cohérents avec la relation 1.

Q15. Déduire de ces mesures la valeur de l'épaisseur du film alimentaire, sachant que, dans les conditions de l'expérience, . Commenter.

Corrigé

1. Mesure par capacimétrie

Q1. Le circuit de la figure 2 est une maille unique, orientée dans le sens du courant (convention récepteur pour et ). D'après la loi des mailles, après fermeture de l'interrupteur :

La loi d'Ohm donne , et la relation entre l'intensité et la charge de l'armature positive du condensateur s'écrit

En reportant : . En divisant les deux membres par (non nul) :

Par identification avec l'équation de l'énoncé, le temps caractéristique (constante de temps) du circuit est

Il est bien homogène à un temps : .

Q2. On reporte la solution proposée dans l'équation différentielle. Sa dérivée vaut , donc

On le retrouve physiquement : lorsque , et ; or en régime permanent le courant est nul, et : le condensateur est chargé sous la tension du générateur. La condition initiale est bien celle d'un condensateur initialement déchargé (continuité de ). Ainsi , la loi de charge du chapitre.

Q3. À :

Au bout d'une constante de temps, le condensateur a atteint de sa tension finale (valeur remarquable du cours).

Q4. Démarche (méthode des 63 %). Sur la figure 3, la tension tend vers l'asymptote . D'après Q3, . On trace la droite horizontale ; elle coupe la courbe en un point dont l'abscisse est . On lit

(la lecture, faite au carreau près sur une grille de , donne entre et ). On peut contrôler ce résultat par la méthode de la tangente à l'origine : la tangente en , de pente , coupe l'asymptote à l'abscisse ; elle passe par l'origine et par le point , ce qui est cohérent avec l'allure de la courbe (à , la tangente donne et la courbe ). On vérifie aussi que le régime permanent est atteint vers , comme sur la figure.

Q5. De on tire

Cette valeur expérimentale est cohérente avec la valeur moyenne annoncée ensuite. Ce que le correcteur attend : converti en secondes et en ohms avant le calcul ; une lecture donnerait , également acceptable.

Q6. Le condensateur est un condensateur plan dont l'isolant est le film (, ). En isolant l'épaisseur dans :

Homogénéité : . Ce que le correcteur attend : la surface en () et la capacité en farads.

Q7. On calcule le quotient proposé dans les données, avec (valeur non arrondie ), et :

Ce quotient est très supérieur à : l'écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence vaut près de dix fois l'incertitude-type. Le résultat de la capacimétrie n'est pas en accord avec l'épaisseur de référence : la méthode surestime l'épaisseur d'un facteur supérieur à , ce qui révèle un défaut du modèle (un isolant constitué du seul film) plutôt qu'une dispersion aléatoire des mesures.

Q8. Premier cas limite : pas de couche d'air, . Alors

qui est l'expression de la capacité d'un condensateur plan dont l'isolant est le film seul.

Second cas limite : pas de film, . Alors

capacité d'un condensateur plan à isolant d'air d'épaisseur . Dans les deux cas limites on retrouve l'expression des données : l'expression de est compatible avec elle. (On peut ajouter que est la capacité équivalente de deux condensateurs plans en série, l'un à air, l'autre à film : .)

Q9. On identifie la capacité mesurée à et on isole :

Numériquement, et , donc

Commentaire. Une lame d'air de , soit un peu plus de la moitié de l'épaisseur du film, suffit à expliquer l'écart : les feuilles d'aluminium et le film ne sont pas parfaitement plans ni parfaitement plaqués l'un contre l'autre (plis, poussières), et l'air, de permittivité relative plus faible que celle du film, « compte » fois plus qu'une même épaisseur de film (, ce qui est exactement l'écart trouvé en Q7). La capacimétrie, très sensible à cette lame d'air, n'est donc pas adaptée à une mesure précise de l'épaisseur du film, sauf à presser fortement les armatures.

2. Mesure par pesée

Q10. Le film déroulé est un parallélépipède de longueur , de largeur et d'épaisseur , de volume . La masse volumique s'écrit , d'où

Ordre de grandeur cohérent avec la valeur de référence (écart de ), mais les dimensions de l'emballage sont nominales (longueur réellement enroulée, largeur) et une partie de la masse pesée peut ne pas être du film : c'est bien une estimation. Ce que le correcteur attend : masse en kg, largeur en m, résultat en .

3. Mesure par interférométrie

Q11. Les deux ondes issues du même rayon incident sont cohérentes. Les interférences sont constructives (intensité maximale) lorsque les deux ondes arrivent en phase, c'est-à-dire lorsque la différence de chemin optique est un multiple entier de la longueur d'onde :

(Elles sont destructives pour .)

Q12. Par définition , donc . Si est un entier , la relation 1 donne : l'ordre d'interférence est demi-entier, soit . Les deux ondes arrivent en opposition de phase et se compensent : on observe des interférences destructives, c'est-à-dire un minimum d'intensité pour cette longueur d'onde. Ce que le correcteur attend : ne pas confondre « rapport entier » et « ordre entier » : le de la relation 1 (qui traduit le déphasage introduit par la réflexion sur la face supérieure du film) décale la condition.

Q13. La lumière incidente (figure 6a) a un spectre continu et régulier. Après passage sur le film, pour chaque longueur d'onde de la lumière blanche, les rayons (1) et (2) interfèrent avec une différence de chemin optique fixée par l'épaisseur du film (relation 1). Les longueurs d'onde pour lesquelles l'ordre est entier donnent des interférences constructives : leur intensité est renforcée, ce sont les maxima entourés. Entre deux maxima, les longueurs d'onde d'ordre demi-entier donnent des interférences destructives (minima). Le spectre 6b est donc le spectre 6a modulé par les interférences dans la lame mince : c'est le même phénomène qui colore les bulles de savon ou les taches d'huile. Les maxima, régulièrement espacés en (ordres consécutifs , , …), permettent de mesurer l'épaisseur.

Q14. La relation 1 prévoit que est une fonction affine de , de coefficient directeur et d'ordonnée à l'origine . Sur la figure 7, les six points expérimentaux (ordres à ) sont alignés et modélisés par la droite ( en nm). L'ordonnée à l'origine est bien voisine de (écart de ), et le coefficient directeur, positif, s'identifie à . On vérifie par exemple que pour (), le modèle donne , l'ordre lu. Les résultats expérimentaux sont donc cohérents avec la relation 1.

Q15. Par identification du coefficient directeur : (le produit est une longueur, exprimée en nm puisque l'est). Avec :

Commentaire. Cette valeur est très proche de l'épaisseur de référence (écart relatif de ), bien meilleure que les de la capacimétrie (faussée par la lame d'air) et que les de la pesée (dimensions nominales). L'interférométrie, qui n'exige aucun contact et exploite une longueur d'onde comme étalon, est la méthode la plus exacte des trois pour mesurer l'épaisseur d'un film de quelques micromètres ; le faible écart résiduel peut provenir de l'incertitude sur (indice du film, angle d'incidence) et de la pente de la modélisation. Ce que le correcteur attend : une conversion correcte () et une comparaison explicite des trois méthodes.

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