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Corrigé bac SES 2025 Métropole jour 2 — EC partie 1 : Les asymétries d'information, source de chômage structurel

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2025. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties. Partie 1 — Mobilisation des connaissances : il est demandé au candidat de répondre à la question en faisant appel à ses connaissances acquises dans le cadre du programme. Partie 2 — Étude d'un document : il est demandé aux candidats de répondre aux questions en mobilisant ses connaissances acquises dans le cadre du programme et en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse, de collecte et de traitement de l'information. Partie 3 — Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire : il est demandé au candidat de traiter le sujet en développant un raisonnement, en exploitant les documents du dossier, en faisant appel à ses connaissances personnelles, en composant une introduction, un développement, une conclusion. Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points).

Vous montrerez que les asymétries d'information sont une source de chômage structurel.

Corrigé

Le chômage structurel est la composante durable du chômage, liée au fonctionnement même du marché du travail : à la différence du chômage conjoncturel, dû à une insuffisance de la demande globale, il subsiste quand la conjoncture est bonne. Une asymétrie d'information désigne une situation où l'une des parties à l'échange dispose d'une information que l'autre n'a pas. Sur le marché du travail, l'employeur connaît mal la productivité réelle du candidat qu'il recrute et, une fois le salarié en poste, il ne peut observer en permanence l'effort qu'il fournit. Cette asymétrie conduit les entreprises à fixer les salaires à un niveau qui entretient durablement du chômage.

Le mécanisme est celui du salaire d'efficience. Faute de pouvoir surveiller l'effort de chacun, l'employeur a intérêt à payer ses salariés au-dessus du salaire qui équilibrerait le marché du travail. Carl Shapiro et Joseph Stiglitz (1984) montrent qu'un salaire élevé rend la perte de l'emploi coûteuse : le salarié qui serait surpris à « tirer au flanc » (aléa moral) perdrait un poste bien payé et connaîtrait une période de chômage, et il est donc incité à travailler consciencieusement sans contrôle permanent. Ce salaire supérieur au marché présente deux autres avantages : il attire les candidats les plus productifs (sélection) et il réduit les démissions, donc les coûts de rotation et de formation (fidélisation). La productivité des salariés dépend ainsi du salaire versé, et l'entreprise choisit le salaire qui maximise son profit, non celui qui égalise l'offre et la demande de travail.

Ce comportement, rationnel pour chaque entreprise, produit du chômage involontaire et durable. Si toutes les entreprises raisonnent ainsi, le salaire moyen s'établit au-dessus du niveau d'équilibre : l'offre de travail excède la demande, et une partie des actifs ne trouve pas d'emploi. Ce chômage est involontaire : des chômeurs seraient prêts à travailler pour un salaire plus faible, mais les entreprises refusent de les embaucher à ce prix, car baisser les salaires relâcherait l'effort de leurs salariés en place et ferait fuir les meilleurs. Le salaire ne joue donc pas son rôle d'ajustement, et le chômage devient, selon l'expression de Shapiro et Stiglitz, un « élément permanent de l'équilibre » : c'est la menace du chômage qui discipline les salariés en poste. Il s'agit bien de chômage structurel : il ne dépend pas de la conjoncture mais de la façon dont l'information circule sur le marché du travail, il persiste en période de croissance, et une relance de la demande globale ne le résorbe pas. L'exemple classique est celui de Henry Ford qui, en 1914, double le salaire journalier de ses ouvriers pour mettre fin à une rotation massive de la main-d'œuvre et obtenir une productivité accrue, alors que des milliers de candidats attendaient aux portes de l'usine.

Les asymétries d'information constituent donc, avec les problèmes d'appariement et les effets ambivalents des institutions du marché du travail, l'une des sources du chômage structurel : elles appellent des politiques agissant sur le fonctionnement du marché du travail plutôt que sur la demande.

Attendu du barème. Définir chômage structurel et asymétrie d'information, exposer le mécanisme du salaire d'efficience dans le bon sens (salaire au-dessus de l'équilibre pour obtenir effort, sélection et fidélité), puis en déduire un chômage involontaire et durable que le salaire ne corrige pas. Définir sans montrer la chaîne causale ne dépasse pas la moitié des points.

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