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Corrigé bac SES 2026 Amérique du Nord jour 1 — EC partie 1 : Bien commun et passager clandestin

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties :

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points). Vous expliquerez pourquoi, en présence de bien commun, les négociations et accords internationaux liés à la préservation de l'environnement sont contraints par des stratégies de passager clandestin.

Corrigé

Un bien commun est un bien caractérisé par la non-exclusion — on ne peut empêcher personne d'en profiter — et par la rivalité — l'usage de l'un réduit ce qui reste aux autres. Le climat, l'air pur, les océans, la biodiversité en relèvent : une atmosphère stable profite à tous les pays, et chaque tonne de dioxyde de carbone émise dégrade ce que tous partagent. Le climat est même un bien commun mondial : aucun État ne peut en être exclu, et aucun ne peut le protéger seul. Un passager clandestin est un agent qui bénéficie d'un bien collectif sans participer à son financement ; Mancur Olson a montré que cette tentation rend l'action collective difficile dès que le groupe est grand et le bénéfice non exclusif. Transposée aux nations, elle explique pourquoi les négociations climatiques échouent si souvent à produire des engagements contraignants.

Le mécanisme est le suivant. Réduire ses émissions a un coût immédiat, national et concentré : investissements de décarbonation, taxe carbone, normes qui pèsent sur la compétitivité des entreprises et sur le pouvoir d'achat des ménages. Le bénéfice, lui, est différé, mondial et diffus : une tonne évitée à Paris refroidit la planète entière, y compris les pays qui n'ont rien fait. Chaque État compare donc le coût qu'il supporte seul au bénéfice qu'il partage avec près de deux cents autres, et trouve rationnel de laisser les autres payer l'effort tout en profitant du résultat : c'est le calcul du passager clandestin. Comme tous raisonnent ainsi, l'effort collectif est très inférieur à l'optimum, alors même que tous auraient intérêt à ce qu'il soit fourni. S'y ajoutent trois difficultés : l'absence d'autorité mondiale capable de sanctionner un État défaillant, ce qui prive les accords de force contraignante ; les inégalités entre pays, les responsabilités historiques, les capacités et les vulnérabilités étant très inégales, d'où le principe des « responsabilités communes mais différenciées » et les conflits sur la répartition de l'effort ; enfin l'horizon temporel, des coûts payés aujourd'hui pour des bénéfices lointains, peu payants électoralement.

L'histoire des négociations l'illustre. Le protocole de Kyoto (1997) imposait des objectifs contraignants aux seuls pays développés : les États-Unis, alors premier émetteur, ne l'ont jamais ratifié et le Canada s'en est retiré en 2011, laissant les autres supporter l'effort. L'accord de Paris (COP21, 2015, 195 parties) a inversé la logique : un objectif commun — contenir le réchauffement nettement en dessous de 2 °C, si possible 1,5 °C — mais des contributions déterminées au niveau national, volontaires, révisées tous les cinq ans et soumises à la seule transparence mutuelle. Sa force est l'universalité, sa faiblesse l'absence de sanction : les engagements pris conduisent aujourd'hui à un réchauffement d'environ 2,5 à 3 °C, et le retrait américain, annoncé en 2017 puis renouvelé en 2025, a montré qu'aucun mécanisme ne retenait un passager clandestin.

Attendu du barème. Définir le bien commun (non-exclusion et rivalité) et le passager clandestin (Olson), puis relier explicitement les deux : coût national et immédiat contre bénéfice mondial et différé, d'où l'intérêt individuel à ne pas contribuer et un effort collectif sous-optimal, aggravé par l'absence d'autorité de sanction. Illustrer par un exemple daté (Kyoto 1997, accord de Paris 2015).

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