Corrigé bac SES 2026 Amérique du Nord jour 2 — EC partie 1 : Les nouveaux enjeux de mobilisation
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties. Partie 1 — Mobilisation des connaissances : il est demandé au candidat de répondre à la question en faisant appel à ses connaissances acquises dans le cadre du programme. Partie 2 — Étude d'un document : il est demandé au candidat de répondre aux questions en mobilisant ses connaissances acquises dans le cadre du programme et en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse, de collecte et de traitement de l'information. Partie 3 — Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire : il est demandé au candidat de traiter le sujet en développant un raisonnement, en exploitant les documents du dossier, en faisant appel à ses connaissances personnelles, en composant une introduction, un développement, une conclusion. Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points).
Vous présenterez les nouveaux enjeux de mobilisation de l'action collective.
Corrigé
L'action collective désigne l'action concertée d'un groupe d'individus qui poursuivent un but commun : grève, manifestation, pétition, boycott. Son enjeu est ce pour quoi l'on se mobilise, l'objet de la revendication. Or cet objet s'est déplacé depuis les années 1970 : aux conflits du travail, longtemps centraux, se sont ajoutés de nouveaux enjeux, souvent qualifiés de post-matérialistes parce qu'ils portent sur des valeurs, une identité et une reconnaissance plus que sur le partage des richesses. On peut en présenter trois.
Premier enjeu : l'environnement. La dégradation du climat et de la biodiversité, construite en problème public par les scientifiques (rapports du GIEC depuis 1990) et les ONG, est devenue une cause de mobilisation de masse. Elle ne revendique pas un partage du revenu mais la préservation d'un bien commun, au bénéfice de groupes qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes : les générations futures, les pays vulnérables. Le mouvement climat, parti de la grève scolaire de Greta Thunberg devant le parlement suédois en août 2018, a mobilisé jusqu'à 6 millions de personnes dans le monde en septembre 2019 ; en France, la pétition de « l'Affaire du siècle » a recueilli 2,3 millions de signatures et fait condamner l'État pour inaction climatique en 2021.
Deuxième enjeu : les luttes minoritaires et la reconnaissance. Des groupes stigmatisés, qui ne constituent pas des classes sociales, se mobilisent pour l'égalité des droits et la fin des discriminations. Alain Touraine range ces mobilisations parmi les nouveaux mouvements sociaux : elles visent moins l'État employeur que les représentations et les comportements ordinaires. Le mouvement #MeToo (2017) contre les violences sexuelles, les mobilisations antiracistes ou celles pour les droits des personnes LGBT en offrent les exemples les plus visibles.
Troisième enjeu : la manière de produire et de consommer. La mobilisation ne vise plus seulement l'État ou l'employeur, mais l'entreprise elle-même, sommée de répondre des conditions de travail de ses sous-traitants, de son empreinte écologique ou du traitement des animaux. L'enjeu est ici la qualité éthique de la production ; le répertoire qui lui correspond est la consommation engagée : boycott (refuser d'acheter), « buycott » (acheter pour soutenir), commerce équitable, véganisme — le caddie devient un bulletin de vote.
Ces nouveaux enjeux s'accompagnent de nouveaux acteurs, souvent jeunes et diplômés et peu encadrés par les partis ou les syndicats, et de nouveaux répertoires d'action (Charles Tilly) : pétitions en ligne, coordination par les réseaux sociaux, désobéissance civile, recours au juge. Ils s'ajoutent aux conflits du travail plus qu'ils ne les remplacent : les mobilisations sur les retraites (1995, 2019--2020, 2023) montrent que l'enjeu matériel n'a pas disparu.
Attendu du barème. Deux à trois enjeux distincts, nommés et illustrés par un exemple daté, avec le vocabulaire du programme (nouveaux mouvements sociaux, post-matérialisme, luttes minoritaires, consommation engagée) et l'idée que ces enjeux s'ajoutent aux conflits du travail. Décrire seulement les répertoires d'action, ou réciter le paradoxe de l'action collective d'Olson, répond à une autre question et ne dépasse pas la moitié des points.