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Corrigé bac SES 2026 Asie jour 2 — EC partie 3 : Les évolutions de la structure socioprofessionnelle

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

Sujet officiel (PDF)

Énoncé

Troisième partie : Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire (10 points). Cette partie comporte trois documents.

Sujet : À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les principales évolutions de la structure socioprofessionnelle en France depuis la seconde moitié du XXe siècle s'expliquent par plusieurs facteurs.

Document 1. Part des catégories socioprofessionnelles dans l'emploi en France de 1962 à 2023 (en %).

AnnéeAgri-Artisans,CadresProfessionsEmployésOuvriers
culteurscommerçantsintermédiaires
196216114,711,118,338,9
19758,18,47,316,222,937,1
19827,57,78,018,826,429,9
19905,67,710,819,927,926,6
20003,06,013,721,529,725,3
20102,46,117,123,229,721,0
20231,56,722,425,125,218,6

{ La colonne « Artisans, commerçants » désigne les artisans, commerçants et chefs d'entreprise. Champ : France, hors Mayotte. Source : INSEE, 2024.}

Document 2. La part des femmes dans l'emploi augmente régulièrement depuis le début des années 1980. Néanmoins, les emplois qu'elles occupent diffèrent encore sensiblement de ceux des hommes en matière de statut, de profession ou de secteur d'activité. En 2020, lorsqu'elles sont en emploi, les femmes sont, plus encore que les hommes, majoritairement salariées avec un emploi à durée indéterminée (CDI ou fonctionnaires) : 77,4 %, contre 73,2 % pour les hommes. […]

La répartition des emplois par catégorie socioprofessionnelle diffère également selon le sexe. Ainsi, les femmes occupent plus souvent que les hommes des emplois peu ou pas qualifiés : en 2020, 23,5 % d'entre elles sont employées ou ouvrières non qualifiées, contre 14,3 % des hommes. À l'inverse, les hommes sont plus souvent cadres (22,7 % contre 17,9 % des femmes). […] En 2020, les trois quarts des employés sont des femmes ; mais ce n'est le cas que d'un cinquième des ouvriers. La proportion de femmes parmi les employés et les ouvriers a peu varié sur les quarante dernières années. En revanche, la part des femmes parmi les cadres a plus que doublé, passant de 20,9 % en 1982 à 42,6 % en 2020.

Les femmes travaillent très majoritairement dans le secteur tertiaire : 88,1 % en 2020, contre 65,7 % pour les hommes. Le secteur tertiaire emploie ainsi 55,9 % de femmes. Au sein du tertiaire, certains secteurs sont très féminisés : l'hébergement médico-social et l'action sociale (82,7 % de femmes en 2020), la santé (74,7 %), l'enseignement (68,5 %) ou encore les services aux ménages (65,5 %).

{ Source : « Femmes et hommes, l'égalité en question », INSEE Références, 2022.}

Document 3. Diplôme le plus élevé obtenu selon l'âge et le sexe en 2023 (en % ; données arrondies) ; F : femmes, H : hommes.

25--34 ans35--44 ans45--54 ans55--64 ans
Niveau de diplômeFHFHFHFH
Aucun diplôme6,48,49,09,912,413,518,717,9
Brevet des collèges3,13,73,13,73,33,66,95,4
CAP, BEP ou équivalent13,016,315,021,720,125,828,737,6
Baccalauréat ou équivalent21,723,819,721,418,917,715,912,1
Part des diplômés du supérieur55,847,853,143,145,339,329,927

{ Lecture : en 2023, 29,9 % des femmes âgées de 55 à 64 ans avaient obtenu un diplôme du supérieur. Champ : France, hors Mayotte. Le brevet des collèges est le brevet d'études du premier cycle, équivalent du diplôme national du brevet ; CAP : certificat d'aptitude professionnelle ; BEP : brevet d'études professionnelles. Source : INSEE, 2023.}

Corrigé

Introduction.

En 1962, près de quatre actifs occupés sur dix étaient ouvriers et un sur six agriculteur ; soixante ans plus tard, les cadres (22,4 % des emplois) sont plus nombreux que les ouvriers (18,6 %) et les agriculteurs ont presque disparu (1,5 %). La structure socioprofessionnelle désigne la répartition de la population active occupée entre les grands groupes de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS), construite par l'INSEE à partir de la profession, du statut (salarié ou indépendant) et de la qualification. Ses évolutions depuis la seconde moitié du XXe siècle sont bien identifiées : effondrement du monde agricole, déclin du groupe ouvrier, essor des cadres et des professions intermédiaires, montée puis léger repli des employés, salarisation et tertiarisation de l'emploi. Montrer qu'elles s'expliquent par plusieurs facteurs, c'est refuser l'explication unique : aucun de ces mouvements ne se comprend par le seul progrès technique, ni par la seule école. Nous montrerons que ces évolutions résultent d'abord du progrès technique et des transformations de l'appareil productif (I), ensuite de l'élévation générale du niveau de formation (II), enfin de la féminisation de l'emploi et des rapports sociaux de genre qui l'organisent (III).

I. Le progrès technique et les transformations de l'appareil productif

expliquent le déclin des agriculteurs et des ouvriers.

Affirmation : les gains de productivité et le déplacement de l'activité vers les services ont fait fondre les catégories liées à la production matérielle. Explication : le progrès technique procède par destruction créatrice (Joseph Schumpeter) : la mécanisation de l'agriculture, puis l'automatisation industrielle, permettent de produire autant avec beaucoup moins de travail. La main-d'œuvre libérée se « déverse » vers le secteur tertiaire, dont la demande progresse avec le niveau de vie (services aux personnes, santé, commerce, banque) : c'est la tertiarisation, qui concerne aujourd'hui plus de trois emplois sur quatre. S'y ajoutent l'ouverture commerciale et la fragmentation internationale de la chaîne de valeur, qui déplacent une partie des emplois industriels peu qualifiés vers des pays à bas coût. Enfin, le salariat s'est généralisé : près de 88 % des actifs occupés sont aujourd'hui salariés. Illustration : document 1 : selon l'INSEE, la part des agriculteurs dans l'emploi passe de 16 % en 1962 à 1,5 % en 2023, soit 14,5 points de moins et une part divisée par plus de dix ; celle des ouvriers recule de 38,9 % à 18,6 %, soit 20,3 points de moins et une part réduite de plus de moitié (). Ces deux groupes, qui rassemblaient 54,9 % des emplois en 1962, n'en représentent plus que 20,1 % en 2023. La salarisation se lit dans le repli des indépendants : agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise réunis passent de 27 % des emplois en 1962 à 8,2 % en 2023. On notera toutefois que ce dernier groupe cesse de décliner après 2000 (6,0 % en 2000, 6,7 % en 2023) : le statut de micro-entrepreneur, créé en 2009, et les plateformes numériques ont fait renaître une forme d'indépendance. Il faut lire ces chiffres comme des parts : le nombre total d'emplois ayant augmenté, le groupe ouvrier a beaucoup moins reculé en effectifs qu'en proportion — il n'a pas disparu, il a cessé d'être le groupe de référence.

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