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Corrigé bac SES 2026 Métropole jour 1 — EC partie 1 : Une difficulté soulevée par les chocs asymétriques dans la zone euro

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties :

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points). Vous expliquerez une difficulté soulevée par les chocs asymétriques dans le cadre de la zone euro.

Corrigé

La zone euro réunit les vingt et un pays qui partagent l'euro et, avec lui, une politique monétaire unique, conduite par la Banque centrale européenne avec un objectif principal, la stabilité des prix (inflation de 2 % à moyen terme) : le taux directeur est le même de Lisbonne à Helsinki. Un choc asymétrique est un choc, d'offre ou de demande, qui ne frappe qu'un ou quelques pays membres, ou qui les frappe avec une intensité très différente : l'éclatement d'une bulle immobilière, une crise bancaire, la chute d'un secteur dont dépend un pays. La difficulté que soulève un tel choc tient à ce que le pays touché a perdu ses deux instruments d'ajustement.

D'abord, la politique monétaire ne peut pas réagir. La BCE fixe son taux directeur en fonction de la situation moyenne de la zone : si un seul pays entre en récession alors que les autres croissent, l'inflation moyenne ne justifie aucune baisse des taux, et le pays en crise ne peut plus abaisser lui-même le coût du crédit pour relancer l'activité. Ensuite, l'ajustement par le taux de change a disparu. Avant la monnaie unique, un pays frappé par un choc pouvait laisser sa monnaie se déprécier ou la dévaluer : ses exportations devenaient moins chères, ses importations plus coûteuses, et la demande se redirigeait vers sa production. Avec une monnaie commune, cette soupape n'existe plus. Il ne reste au pays que sa politique budgétaire nationale, elle-même encadrée par le pacte de stabilité et de croissance (déficit inférieur à 3 % du PIB, dette inférieure à 60 %) et limitée par son endettement, alors qu'il n'existe ni budget fédéral capable de transférer des ressources vers la région touchée (le budget de l'Union pèse environ 1 % du PIB, contre plus de 20 % pour le budget fédéral des États-Unis) ni mobilité du travail comparable à celle d'une fédération. L'ajustement passe donc par la dévaluation interne : la baisse des salaires et des prix, obtenue par le chômage, seul moyen de rétablir la compétitivité et l'équilibre des comptes.

L'histoire de la zone euro l'illustre. Dans les années 2000, des taux bas qui convenaient à une Allemagne atone ont alimenté des bulles immobilières en Espagne et en Irlande, que ces pays ne pouvaient freiner en relevant leurs propres taux ; leur éclatement en 2008 a été un choc asymétrique payé en chômage. La crise de la dette grecque, révélée fin 2009, a été plus brutale encore : privée de dévaluation, la Grèce a vu son PIB reculer d'environ 25 % entre 2008 et 2016 et son taux de chômage dépasser 23 % en 2016, sous des plans d'aide conditionnés à l'austérité. C'est pour combler ce manque d'amortisseur que la zone euro a créé le Mécanisme européen de stabilité (2012) puis lancé l'emprunt commun NextGenerationEU (2020), qui nourrissent le débat sur un fédéralisme budgétaire.

Attendu du barème. Définir le choc asymétrique et la politique monétaire unique ; expliquer le mécanisme (taux directeur calibré sur la moyenne de la zone et perte du taux de change, donc ajustement par la dévaluation interne et le chômage, avec une politique budgétaire encadrée et sans budget fédéral) ; illustrer par un exemple daté (Espagne ou Irlande 2008, Grèce 2010).

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