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Corrigé bac SES 2026 Métropole jour 2 — EC partie 1 : Les intérêts des tables de mobilité

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties. Partie 1 — Mobilisation des connaissances : il est demandé au candidat de répondre à la question en faisant appel à ses connaissances acquises dans le cadre du programme. Partie 2 — Étude d'un document : il est demandé aux candidats de répondre aux questions en mobilisant ses connaissances acquises dans le cadre du programme et en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse, de collecte et de traitement de l'information. Partie 3 — Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire : il est demandé au candidat de traiter le sujet en développant un raisonnement, en exploitant les documents du dossier, en faisant appel à ses connaissances personnelles, en composant une introduction, un développement, une conclusion. Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points).

À l'aide de deux arguments, vous présenterez les intérêts des tables de mobilité comme instrument de mesure de la mobilité sociale.

Corrigé

La mobilité sociale intergénérationnelle désigne le changement de position sociale d'un individu par rapport à celle de ses parents. Pour la mesurer, l'INSEE construit, à partir des enquêtes Formation et qualification professionnelle (FQP), des tables de mobilité : un tableau à double entrée qui croise la catégorie socioprofessionnelle du père (en ligne, l'origine) et celle du fils (en colonne, la position atteinte) pour les hommes de 35 à 59 ans. Cet instrument présente deux intérêts majeurs.

Premier argument : la table de mobilité permet de mesurer l'ampleur, le sens et la forme de la mobilité sociale. En comptant les individus dans chaque case, elle distingue ceux qui occupent la même catégorie que leur père, situés sur la diagonale, qui mesure l'immobilité ou reproduction sociale, et ceux qui ont changé de catégorie, hors de la diagonale. Elle permet ensuite de qualifier cette mobilité : verticale ascendante (fils d'ouvrier devenu cadre) ou descendante, le déclassement (fils de cadre devenu employé), horizontale (fils d'agriculteur devenu ouvrier), de proximité ou de grande amplitude. C'est ainsi que l'on sait qu'environ deux tiers des hommes de 35 à 59 ans occupent une catégorie différente de celle de leur père, que la mobilité ascendante l'emporte sur la descendante, mais que la reproduction reste massive aux deux extrêmes : sur 100 fils de cadres, environ 47 sont cadres ; sur 100 fils d'employés ou d'ouvriers, environ 57 le sont restés et 12 seulement sont devenus cadres (ordres de grandeur des enquêtes FQP).

Second argument : la table de mobilité autorise deux lectures complémentaires, qui mesurent l'inégalité des chances et permettent d'en isoler les causes. Lue en ligne (chaque ligne totalisant 100), c'est une table de destinée : elle répond à la question « que sont devenus les fils de telle origine ? » et mesure l'inégalité des chances selon le milieu d'origine : un fils de cadre a environ quatre fois plus de chances d'être cadre qu'un fils d'employé ou d'ouvrier (). Lue en colonne (chaque colonne totalisant 100), c'est une table de recrutement : elle répond à la question « d'où viennent les membres de tel groupe ? » et mesure l'ouverture d'un groupe d'arrivée : sur 100 cadres, un peu plus d'un quart sont fils de cadres, alors que les cadres ne formaient qu'un dixième de la génération des pères. Enfin, en comparant les marges de la table (répartition des pères et des fils entre les catégories), on mesure la mobilité structurelle, imposée par l'évolution de la structure des emplois (déclin des agriculteurs et des ouvriers, essor des cadres), et l'on peut calculer, à partir des cases, des chances relatives (odds ratios) qui mesurent la fluidité sociale, indépendante de cette structure. Louis-André Vallet a ainsi montré que, depuis les années 1950, la fluidité progresse bien plus lentement que la mobilité observée.

Malgré ses limites (longtemps réservée aux hommes, aveugle au revenu et au patrimoine), la table de mobilité reste ainsi l'instrument de référence de la mesure de la mobilité.

Attendu du barème. Deux arguments distincts en AEI : définition de la table et de ses deux lectures (destinée en ligne, recrutement en colonne), notions de reproduction, de mobilité ascendante et descendante, de mobilité structurelle et de fluidité, avec des ordres de grandeur des enquêtes FQP. Un seul argument, ou une réponse limitée aux limites des tables, ne dépasse pas la moitié des points.

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