Adloun

Corrigé bac SES 2026 Polynésie jour 1 — EC partie 1 : Distinguer le chômage du sous-emploi

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

Travailler ce sujet sur Adloun Sujet officiel (PDF) Corrigé complet (PDF)

Énoncé

Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties :

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points). Vous distinguerez le chômage du sous-emploi.

Corrigé

Le chômage et le sous-emploi mesurent tous deux une sous-utilisation de la main-d'œuvre, mais ils désignent deux situations distinctes : dans le premier cas, la personne n'a aucun emploi ; dans le second, elle en a un, mais insuffisant.

Au sens du Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler qui remplit trois conditions cumulatives : être sans emploi (elle n'a pas travaillé une seule heure au cours de la semaine de référence), être disponible pour prendre un emploi sous quinze jours, et rechercher activement un emploi. Le taux de chômage rapporte le nombre de chômeurs à la population active, c'est-à-dire aux actifs occupés augmentés des chômeurs : il s'établit autour de 7 à 7,5 % en France dans les années 2020, contre plus de 10 % au milieu des années 1990 et en 2015.

Le sous-emploi désigne au contraire des personnes qui ont un emploi, donc comptées parmi les actifs occupés : ce sont celles qui travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire — le temps partiel « subi » —, auxquelles s'ajoutent les personnes involontairement au chômage technique ou partiel. Il concerne environ 5 % des personnes en emploi, et surtout des femmes, dont le temps partiel est bien plus fréquent (27 % des femmes en emploi contre 8 % des hommes). Une caissière employée quinze heures par semaine qui voudrait un temps plein est en sous-emploi : elle est comptée comme active occupée, n'entre pas dans le taux de chômage, et sa situation est pourtant celle d'une main-d'œuvre mal utilisée.

La distinction est donc double. Elle porte d'abord sur le statut : le chômeur est sans emploi, la personne en sous-emploi est en emploi. Elle porte ensuite sur ce qui est mesuré : le chômage mesure l'absence totale d'emploi, le sous-emploi une insuffisance de la quantité de travail. Les deux notions sont pourtant complémentaires, car la frontière entre emploi, chômage et inactivité est une zone floue que le taux de chômage tranche par convention. C'est pourquoi l'INSEE mesure aussi le halo autour du chômage : environ deux millions d'inactifs qui souhaitent travailler sans remplir les trois critères du BIT (découragés, non disponibles immédiatement), et qui ne figurent ni au numérateur ni au dénominateur du taux de chômage. Chômage, sous-emploi et halo mesurent ainsi trois degrés d'une même réalité, et le seul taux de chômage sous-estime la sous-utilisation de la main-d'œuvre.

Attendu du barème. Définir précisément le chômage au sens du BIT (les trois conditions, la population active au dénominateur) et le sous-emploi (temps partiel subi, chômage technique) ; énoncer explicitement la différence (sans emploi contre en emploi insuffisant) ; illustrer par un exemple concret ou un ordre de grandeur (environ 5 % des personnes en emploi, 27 % de temps partiel chez les femmes). Mentionner le halo du chômage est valorisé, à condition de ne pas le confondre avec le sous-emploi.

Poser une question au tuteur sur ce sujet