Corrigé bac SES 2026 Polynésie jour 2 — EC partie 1 : L'innovation recule une limite écologique : le solaire photovoltaïque
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
Épreuve composée. Cette épreuve comprend trois parties. Partie 1 — Mobilisation des connaissances : il est demandé au candidat de répondre à la question en faisant appel à ses connaissances acquises dans le cadre du programme. Partie 2 — Étude d'un document : il est demandé au candidat de répondre aux questions en mobilisant ses connaissances acquises dans le cadre du programme et en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse, de collecte et de traitement de l'information. Partie 3 — Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire : il est demandé au candidat de traiter le sujet en développant un raisonnement, en exploitant les documents du dossier, en faisant appel à ses connaissances personnelles, en composant une introduction, un développement, une conclusion. Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Première partie : Mobilisation des connaissances (4 points).
Vous montrerez à partir d'un exemple que l'innovation permet de faire reculer une des limites écologiques de la croissance économique.
Corrigé
La croissance économique, augmentation soutenue de la production mesurée par le taux de variation du PIB en volume, se heurte à des limites écologiques : épuisement des ressources non renouvelables, changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollutions. Le capital naturel qu'elle consomme risque alors de ne plus permettre aux générations futures de satisfaire leurs besoins : la croissance cesse d'être soutenable au sens du rapport Brundtland (1987). L'innovation, c'est-à-dire l'introduction d'un nouveau produit, d'un nouveau procédé, d'un nouveau marché ou d'une nouvelle organisation (Schumpeter), peut cependant reculer certaines de ces limites. C'est la thèse de la soutenabilité faible : les différents capitaux étant partiellement substituables, le progrès technique peut compenser la destruction de capital naturel.
Le mécanisme. Une innovation de procédé permet de produire la même quantité avec moins de ressources naturelles, ou avec une ressource renouvelable à la place d'une ressource épuisable : elle découple la production de son support matériel. La contrainte écologique n'est donc pas une barrière fixe : elle dépend de l'état des techniques disponibles, et chaque innovation la repousse. Comme le savoir produit des externalités positives (il profite aussi à ceux qui ne l'ont pas financé), les pouvoirs publics soutiennent ces innovations par le financement de la recherche, le crédit d'impôt recherche, les brevets, les subventions à l'innovation verte et la taxation carbone, qui rend l'innovation propre rentable.
L'exemple : le solaire photovoltaïque. La limite écologique visée est ici l'épuisement des énergies fossiles et, surtout, le changement climatique lié aux émissions de CO. Les innovations accumulées dans la fabrication des cellules (rendements plus élevés, silicium moins épais, production en très grande série) ont fait chuter le coût du solaire photovoltaïque d'environ 90 % entre 2010 et 2020. Une électricité décarbonée est ainsi devenue, dans de nombreux pays, moins chère que celle produite à partir de charbon ou de gaz : il devient possible de produire davantage tout en émettant moins, ce qu'attestent les émissions de CO par unité de PIB en baisse dans l'Union européenne. L'innovation a donc reculé une limite que l'on croyait infranchissable : la croissance n'impose plus mécaniquement de brûler des énergies fossiles.
Une portée qui reste discutée. Ce recul n'est ni automatique ni illimité. L'effet rebond peut annuler une partie des gains : en abaissant le coût d'usage, l'efficacité accrue encourage la consommation (des voitures plus sobres, mais davantage de kilomètres parcourus). Et le rythme du découplage observé reste trop lent au regard de l'objectif de neutralité carbone en 2050. Pour les partisans de la soutenabilité forte, certains éléments du capital naturel sont d'ailleurs critiques, donc non substituables : aucune innovation ne remplacera une espèce disparue.
Attendu du barème. Un exemple précis et daté, relié à une limite écologique identifiée (climat, ressources, biodiversité), et le mécanisme explicité : l'innovation réduit la consommation de capital naturel par unité produite, donc desserre la contrainte. Les notions de soutenabilité, de capital naturel et d'innovation sont attendues ; la nuance (effet rebond, soutenabilité forte) valorise la copie sans être exigible. Une réponse qui se limiterait à énumérer les limites écologiques, sans montrer comment l'innovation en recule une, ne dépasse pas la moitié des points.