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Corrigé bac SES 2026 Polynésie jour 2 — EC partie 2 : L'engagement selon le sexe, l'âge et la catégorie sociale

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences économiques et sociales, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

Deuxième partie : Étude d'un document (6 points).

Engagement au sein d'une organisation (en %). Question posée : « Êtes-vous engagé dans… ? »

Selon le sexeSelon l'âgeSelon la CSP (1)
Engagé dans…OUIHom.Fem.35 ans35--5960 et +CSP+CSPRetr.
Une association353536263641393043
Un syndicat ou une organisation professionnelle121510101512171310
Un parti politique7851355785

{ Source : Baromètre État de la France, Ipsos pour le CESE, 2024. (1) Le terme CSP+ est une catégorie large utilisée pour désigner les personnes appartenant aux catégories socioprofessionnelles les plus favorisées (cadres supérieurs et professions libérales). Le terme CSP est une catégorie large utilisée pour désigner les personnes appartenant aux catégories socioprofessionnelles les moins favorisées (ouvriers et employés). « Hom. » et « Fem. » désignent les hommes et les femmes, « Retr. » les retraités.}

Questions :

  1. À l'aide du document et d'un calcul simple, vous comparerez l'engagement déclaré des hommes et des femmes au sein d'un syndicat ou d'une organisation professionnelle. (2 points)
  1. À l'aide des données du document et de vos connaissances, vous montrerez que l'engagement politique dépend de variables socio-démographiques. (4 points)

Corrigé

Le document est un tableau à double entrée issu du Baromètre État de la France réalisé par Ipsos pour le CESE en 2024. Il donne, pour trois formes d'engagement (association, syndicat ou organisation professionnelle, parti politique), la part des personnes interrogées qui déclarent y être engagées, d'abord dans l'ensemble de la population, puis selon le sexe, l'âge et la catégorie socioprofessionnelle. Il s'agit de déclarations : le document mesure un engagement déclaré, non observé.

Question 1. En 2024, selon le Baromètre État de la France (Ipsos pour le CESE), 15 % des hommes déclarent être engagés au sein d'un syndicat ou d'une organisation professionnelle, contre 10 % des femmes, pour une moyenne de 12 % dans l'ensemble de la population.

Écart en points de pourcentage : points de pourcentage. Rapport (coefficient multiplicateur) : . Écart relatif : .

Lecture : en 2024, la part des hommes déclarant un engagement syndical ou professionnel dépasse de 5 points de pourcentage celle des femmes ; rapportée à la part des femmes, elle lui est 1,5 fois supérieure, soit 50 % de plus. En points de pourcentage, c'est le plus grand écart entre hommes et femmes de tout le tableau ; il contraste avec l'engagement associatif, où les femmes sont même très légèrement plus nombreuses que les hommes (36 % contre 35 %). Le parti politique creuse un écart relatif encore plus marqué (8 % des hommes contre 5 % des femmes, soit fois plus), mais sur des effectifs bien moindres : c'est donc dans les organisations liées au travail que la sous-représentation des femmes est la plus massive.

Question 2. L'engagement politique désigne l'ensemble des activités par lesquelles les citoyens participent à la vie politique : vote, militantisme partisan ou syndical, engagement associatif, consommation engagée, protestation. Il n'est pas réparti au hasard dans la société : il est socialement situé, c'est-à-dire qu'il varie systématiquement selon des variables socio-démographiques. Le document permet d'en isoler trois : l'âge, la catégorie socioprofessionnelle et le sexe.

Premièrement, l'âge et la génération. Mécanisme : la disponibilité biographique (temps libre, charges familiales, ancrage local) et l'accumulation des ressources militantes croissent avec l'âge ; la socialisation politique se poursuit tout au long de la vie, et l'insertion dans un emploi stable conditionne l'accès au syndicat. Mais chaque génération privilégie le répertoire d'action de son époque : les plus jeunes délaissent les organisations durables au profit de formes ponctuelles, protestataires et numériques (pétitions en ligne, marches climat, boycott). Le document le montre nettement, et dans les deux sens : l'engagement associatif croît avec l'âge (26 % des moins de 35 ans, 36 % des 35--59 ans, 41 % des 60 ans et plus, soit 15 points d'écart entre les plus jeunes et les plus âgés), de même que l'engagement syndical, qui culmine chez les 35--59 ans (15 %, contre 10 % des moins de 35 ans, dont beaucoup sont encore étudiants ou en emploi précaire) ; mais l'engagement partisan suit la courbe inverse : 13 % des moins de 35 ans déclarent appartenir à un parti politique, contre 5 % des 35--59 ans et 5 % des 60 ans et plus, soit une part plus de deux fois et demie supérieure. L'âge structure donc l'engagement en même temps qu'il en oriente la forme.

Deuxièmement, la position sociale, saisie par la catégorie socioprofessionnelle. Mécanisme : la participation croît avec le capital culturel et le diplôme, qui nourrissent le sentiment de compétence politique, c'est-à-dire la conviction de comprendre les enjeux et d'être légitime à intervenir ; les milieux favorisés disposent aussi des ressources (temps, réseaux, aisance dans la prise de parole) et des rétributions symboliques (sociabilité, prestige, sentiment d'utilité analysés par Daniel Gaxie) qui rendent l'engagement durable. Le document le confirme pour les deux formes les plus organisées : 39 % des CSP+ déclarent un engagement associatif contre 30 % des CSP (9 points d'écart) et 17 % un engagement syndical contre 13 % des CSP, alors même que le syndicat défend d'abord les salariés d'exécution. Là encore, le parti politique fait exception (7 % des CSP+ contre 8 % des CSP) : sur cette forme, le document n'établit pas d'inégalité sociale, ce qui invite à la prudence. On ajoutera que les retraités, disponibles et souvent bien insérés localement, affichent le plus fort engagement associatif du tableau (43 %) mais l'un des plus faibles engagements syndicaux (10 %, à égalité avec les femmes et les moins de 35 ans), puisqu'ils ont quitté l'emploi.

Troisièmement, le sexe. Mécanisme : une socialisation différenciée a longtemps éloigné les femmes des organisations politiques et syndicales, perçues comme un univers masculin, et le partage inégal du travail domestique réduit leur temps disponible ; elles restent minoritaires aux positions dirigeantes, tout en étant très présentes dans l'engagement associatif de solidarité. Le document le vérifie : 15 % des hommes contre 10 % des femmes pour le syndicat, 8 % contre 5 % pour le parti politique, mais 36 % contre 35 % pour l'association. Ce n'est donc pas l'engagement en général qui est genré, c'est sa forme.

En définitive, le document montre que l'engagement politique dépend bien de variables socio-démographiques, mais que leur effet n'est pas de même sens selon la forme considérée : l'âge et la catégorie sociale élèvent l'engagement associatif et syndical, tandis que l'engagement partisan, minoritaire (7 % de l'ensemble), est d'abord le fait des plus jeunes. Deux limites doivent enfin être rappelées : le tableau ne renseigne ni sur le diplôme, variable pourtant décisive, ni sur le vote, qui reste la forme d'engagement la plus répandue.

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