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Corrigé bac SVT 2025 Métropole jour 2 — Exercice 1 : Production de molécules de réserve et domestication : de la betterave maritime à la betterave sucrière

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences de la vie et de la Terre, session 2025. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

Sujet officiel (PDF)

Énoncé

La production agricole représente un enjeu majeur pour nos sociétés contemporaines. Elle s'appuie sur l'exploitation d'espèces domestiquées présentant des caractéristiques différentes de celles des espèces sauvages, notamment une accumulation plus importante de substances de réserve pouvant être destinées à l'alimentation humaine.

QUESTION :

Expliquer comment une plante cultivée produit des molécules de réserve et par quels processus la domestication peut créer des variétés avec des organes de stockage plus développés que chez les plantes sauvages.

Vous rédigerez un texte argumenté. On attend des expériences, des observations, des exemples pour appuyer votre exposé et argumenter votre propos.

Le document est conçu comme une aide : il peut vous permettre d'illustrer votre exposé mais son analyse n'est pas attendue.

Document : betterave sauvage et betterave domestiquée

Photographie d'une plante de l'espèce Beta vulgaris maritima, l'ancêtre supposé de la betterave cultivée. La racine principale a un diamètre compris entre 3 et 4 cm, et une teneur en sucre de l'ordre de 4{,}5 %. (Photographie en noir et blanc : la plante arrachée est posée sur le sol caillouteux ; on voit un bouquet de feuilles larges et une longue racine pivotante claire, grêle et sans renflement — document reproduit dans le sujet PDF.)

Photographie montrant une variété de betterave cultivée, la betterave sucrière. La racine renflée forme un tubercule d'un diamètre d'environ 15 cm (ayant une teneur en sucre de l'ordre de 20 %) dont on extrait le saccharose, principal sucre utilisé en alimentation humaine. (Photographie en noir et blanc : un champ de betteraves en cours de récolte, une arracheuse en arrière-plan ; au premier plan, une racine conique, blanche et massive, surmontée de son bouquet de feuilles — document reproduit dans le sujet PDF.)

Source : d'après www.florsurbanes.net et france3-regions.francetvinfo.fr

Corrigé

Introduction

Une plante cultivée (blé, pomme de terre, betterave sucrière…) est une plante domestiquée : issue d'une espèce sauvage, elle a été transformée par des siècles de sélection exercée par l'être humain, au point que ses organes de réserve — grain, tubercule, racine, fruit — sont bien plus développés que ceux de son ancêtre. Le document l'illustre : la racine de la betterave maritime sauvage (Beta vulgaris maritima) mesure 3 à 4 cm de diamètre pour environ 4{,}5 % de sucre, celle de la betterave sucrière environ 15 cm pour 20 %, soit un diamètre environ quatre fois plus grand () et une teneur multipliée par plus de quatre (). Les molécules de réserve sont des molécules organiques accumulées dans des organes spécialisés pour traverser une période défavorable ou assurer la reproduction.

Comment une plante, organisme autotrophe et fixé, fabrique-t-elle ces molécules de réserve, et par quels processus la domestication a-t-elle pu produire des variétés aux organes de stockage si développés ? La matière organique est produite par la photosynthèse dans les feuilles (I), puis transportée et transformée en réserves dans des organes spécialisés (II) ; la sélection artificielle, empirique puis programmée, a orienté la diversité génétique vers des organes de stockage hypertrophiés (III).

I. Les feuilles produisent la matière organique par photosynthèse

La plante est autotrophe : elle fabrique sa matière organique à partir de matière minérale. Les feuilles, plates et étalées, offrent une grande surface à la lumière ; leurs stomates laissent entrer le dioxyde de carbone et sortir le dioxygène et la vapeur d'eau. L'eau et les ions minéraux, prélevés dans le sol par les poils absorbants des racines (aidés par les mycorhizes), montent jusqu'aux feuilles dans la sève brute, par le xylème.

Dans les cellules de la feuille, les chloroplastes renferment les pigments chlorophylliens (chlorophylles, carotènes, xanthophylles, séparables par chromatographie). Ces pigments captent l'énergie lumineuse, qui est convertie en énergie chimique : la photolyse de l'eau libère du dioxygène, et l'énergie récupérée sert à la réduction du en glucose et autres sucres solubles. Le bilan s'écrit :

Des expériences classiques l'établissent. Une feuille de pélargonium partiellement couverte d'un cache opaque, éclairée quelques heures, puis décolorée à l'alcool et traitée à l'eau iodée, ne bleuit que dans la zone éclairée : la lumière est nécessaire à la synthèse d'amidon, premier produit de stockage formé dans le chloroplaste ; sur une feuille panachée, seules les zones vertes bleuissent : la chlorophylle est indispensable. Dans une enceinte munie de sondes, des chlorelles éclairées consomment le et rejettent de l', et font l'inverse à l'obscurité (respiration). Enfin, le marquage de l'eau par l'isotope O montre que le dioxygène dégagé provient de l'eau, et le marquage du par le carbone 14 montre que le carbone se retrouve, en quelques minutes, dans le glucose puis dans le saccharose et l'amidon.

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