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Corrigé bac SVT 2026 Métropole jour 1 — Exercice 2 : Éruptions volcaniques majeures et température atmosphérique à différentes échelles de temps

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité sciences de la vie et de la Terre, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

La Terre a connu plusieurs périodes au cours desquelles l'activité volcanique a été très intense. Des géologues suggèrent que certaines de ces éruptions volcaniques majeures ont pu entraîner des modifications importantes de la température atmosphérique à différentes échelles de temps.

QUESTION :

Expliquer comment des éruptions volcaniques majeures ont pu provoquer des variations de température atmosphérique à différentes échelles de temps.

Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données des documents et les connaissances utiles.

Document 1 : caractéristiques de plusieurs provinces magmatiques géantes

Au cours de l'histoire de la Terre, de nombreux épisodes volcaniques majeurs, d'une durée de quelques centaines de milliers d'années à environ 2 millions d'années, ont eu lieu. Ils ont abouti à la mise en place de provinces magmatiques géantes (trapps), c'est-à-dire de régions de la surface du globe couvertes de roches magmatiques et d'une superficie de plus de .

<u>Caractéristiques et localisations de provinces magmatiques géantes</u>

{

Nom de la province magmatique géanteTrapps de SibérieTrapps CAMPTrapps du Deccan
Date (Ma = millions d'années)252 Ma200 Ma65 Ma
Volume de roche de la province magmatique géante4 millions de 2 millions de 2 millions de
}

Carte du monde (planisphère à graticule de ) où les provinces magmatiques géantes sont figurées en gris foncé, sur les continents comme dans les océans, les trois du tableau (Sibérie, CAMP, Deccan) en gras : Columbia River et Caraïbes (Amérique du Nord et centrale), CAMP (de part et d'autre de l'Atlantique central : est de l'Amérique du Nord, ouest de l'Afrique, nord de l'Amérique du Sud), Atlantique Nord, Paraná et Etendeka (Amérique du Sud et Afrique australe), Karoo, Éthiopie-Yémen, Madagascar, Sibérie, Emeishan (Chine), Deccan et Rajmahal (Inde), Kerguelen, Broken Ridge, Ontong Java, Manihiki et Hikurangi (Pacifique), Reine Maud et Ferrar (Antarctique) (document reproduit dans le sujet PDF).

Source : Boesch, Q. (2022). Climatologie : À la découverte des climats passés, présents et futurs de notre planète. De Boeck supérieur

Document 2 : produits émis lors des épisodes volcaniques majeurs

Document 2a : nature des roches formées

La formation des provinces magmatiques géantes serait la conséquence de la remontée de grandes quantités de roches chaudes du manteau qui fondent partiellement à l'approche de la surface. Le magma formé s'épanche à la surface donnant naissance en refroidissant à des basaltes, roches magmatiques silicatées. Les différentes éruptions aboutissent à la superposition de nombreuses couches de basaltes (voir photographie). En milieu continental, les reliefs ainsi formés sont ensuite soumis à l'altération.

<u>Photographie des trapps du Deccan (Inde)</u> : vue aérienne en noir et blanc d'un relief montagneux dont les versants forment des gradins ; chaque marche horizontale correspond à une couche de basalte, et l'empilement en compte plusieurs dizaines sur toute la hauteur du versant. Une échelle verticale de est indiquée en bas à droite (document reproduit dans le sujet PDF).

Source : Boesch, Q. (2022). Climatologie : À la découverte des climats passés, présents et futurs de notre planète. De Boeck supérieur

Document 2b : nature des gaz émis

Les épisodes volcaniques qui ont conduit à la mise en place de provinces magmatiques géantes ayant eu lieu il y a plusieurs millions d'années, il est difficile d'accéder à la composition des gaz émis lors de ces éruptions. Il est cependant possible d'analyser les gaz libérés lors d'épisodes volcaniques actuels de même type mais d'ampleur bien moindre, comme ceux du volcan Kilauea, situé dans l'océan Pacifique, afin d'avoir une idée de la composition des gaz émis lors des éruptions majeures.

<u>Composition des gaz émis par le volcan Kilauea le 25/03/2018</u> (diagramme circulaire du sujet, transcrit en tableau)

GazProportion
Vapeur d'eau37 %
49 %
12 %
Autres gaz2 %

Quand du dioxyde de soufre () est présent dans l'atmosphère, il peut réagir avec du dioxygène et de l'eau et former des gouttelettes d'acide sulfurique appelées aérosols soufrés qui peuvent persister dans l'air avant de retomber au sol lors de précipitations. Dans l'atmosphère, ces aérosols ont la capacité de renvoyer l'énergie solaire, ce qui a un effet sur l'albédo terrestre global.

Après une éruption volcanique, une fraction significative de peut rester dans l'atmosphère.

Source : d'après Symonds, RB, Rose, WI, Bluth, GJ, & Gerlach, TM (1994). Études des gaz volcaniques : méthodes, résultats et applications. Mineralogical Society of America, 30, 1-66

Document 3 : étude de l'éruption du volcan Pinatubo de 1991

La dernière éruption du volcan Pinatubo (Philippines) a eu lieu du 15 juin au 2 septembre 1991 mais l'activité intense n'a duré que quelques jours consécutifs au mois de juin. Plusieurs paramètres ont été évalués, avant et après cette éruption, afin notamment de comprendre comment une telle éruption pouvait modifier le climat à court terme :

Document 3a : mesures des anomalies de température et de la profondeur optique des aérosols dans l'atmosphère avant et après l'éruption du Pinatubo à l'échelle mondiale (courbes redessinées, valeurs lues sur le graphique du sujet)

Les anomalies de température sont calculées par rapport à la moyenne des températures pour la période 1991-2020, qui sert de référence. Une anomalie positive de température signifie que la température est supérieure à la température de référence, et une anomalie négative signifie que la température est inférieure à la température de référence.

Document 3b : mesure de la transmission du rayonnement solaire à travers l'atmosphère (courbe moyenne redessinée, valeurs lues sur le graphique du sujet ; les points de mesure individuels, dispersés autour de la courbe, ne sont pas reproduits)

Les points représentent les différentes mesures réalisées. La courbe en trait plein représente la moyenne des mesures.

Sources : Burton, M. R., Sawyer, G. M., & Granieri, D. (2013). Deep carbon emissions from volcanoes. Reviews in Mineralogy and Geochemistry, 75(1), 323-354. Douglass, D. H., & Knox, R. S. (2005). Climate forcing by the volcanic eruption of Mount Pinatubo. Geophysical Research Letters, 32(5), 2004GL022119. Dutton, E. G., & Bodhaine, B. A. (2001). Solar irradiance anomalies caused by clear-sky transmission variations above mauna loa : 1958--99. Journal of Climate, 14(15), 3255-3262.

Document 4 : devenir des roches silicatées

Lorsque des roches comme le basalte, contenant des minéraux silicatés telle l'anorthite, se retrouvent en surface, elles subissent une altération chimique sous l'effet des précipitations (étape 1 sur le schéma). Les ions produits par l'altération sont transportés par les cours d'eau (étape 2 sur le schéma) jusque dans des bassins de sédimentation où certains d'entre eux vont former des carbonates comme la calcite, constituant notamment les calcaires (étape 3 sur le schéma). Lors de ces étapes, des réactions chimiques faisant intervenir le ont lieu : l'une utilise le atmosphérique et l'autre libère du .

Schéma : coupe d'un paysage, d'un relief montagneux (à gauche) à un bassin de sédimentation (à droite) ; un nuage de pluie au-dessus du relief porte la légende « (1) Altération de silicates », une flèche qui descend la pente vers le bassin la légende « (2) Transport d'ions en solution », et une coquille déposée au fond du bassin la légende « (3) Précipitation de carbonates » (document reproduit dans le sujet PDF).

Altération de l'anorthite (silicate présent dans le basalte) en kaolinite :

Précipitation de la calcite (un carbonate) :

Source : Boesch, Q. (2022). Climatologie : À la découverte des climats passés, présents et futurs de notre planète. De Boeck supérieur

Document 5 : chronologie des effets prédominants d'une éruption volcanique majeure sur la température atmosphérique

Après un épisode volcanique, de nombreux facteurs peuvent influencer la température atmosphérique mondiale. Tous n'agissent pas de façon prédominante aux mêmes échelles de temps, c'est-à-dire pas en même temps et pas sur les mêmes durées.

Frise (valeurs lues sur le schéma du sujet) : un axe logarithmique « Temps après l'épisode volcanique (en années) » gradué de à porte trois barres horizontales aux extrémités estompées : « aérosols soufrés » d'environ à ans ; « variation importante et rapide de concentration en dans l'atmosphère » d'environ à ans ; « altération des silicates » d'environ à ans (document reproduit dans le sujet PDF).

Source : Wever, P. de, David, B., Néraudeau, D., & Broutin, J. (2010). Paléobiosphère : Regards croisés des sciences de la vie et de la terre. Muséum national d'histoire naturelle Société géologique de France Vuibert

Corrigé

Introduction

La température moyenne de l'atmosphère résulte du bilan radiatif de la Terre : le rayonnement solaire absorbé, qui dépend de l'albédo (fraction réfléchie vers l'espace), et le rayonnement infrarouge retenu par les gaz à effet de serre, parmi lesquels le . Tout ce qui modifie l'un de ces deux termes modifie la température. Les éruptions volcaniques majeures, qui ont édifié les provinces magmatiques géantes, injectent des gaz dans l'atmosphère et laissent en surface d'immenses volumes de roches : par quels mécanismes ont-elles fait varier la température, et pourquoi à des échelles de temps différentes ? Démarche : caractériser l'ampleur de ces éruptions et leurs produits (documents 1 et 2), étudier un cas actuel bien mesuré, le Pinatubo, pour l'effet à court terme des aérosols (document 3), puis les effets du (document 2b et connaissances) et de l'altération des silicates à long terme (document 4), enfin ordonner ces effets dans le temps (document 5).

Document 1 — des éruptions d'une ampleur planétaire

Ce que je vois : les trapps couvrent chacun plus de et représentent des volumes de roche considérables : 4 millions de pour la Sibérie (252 Ma), 2 millions de pour le CAMP (200 Ma) et pour le Deccan (65 Ma). Chaque épisode a duré de quelques centaines de milliers d'années à 2 millions d'années. La carte montre une vingtaine de provinces réparties sur tous les continents et dans tous les océans. Ce que j'en déduis : ces éruptions n'ont rien de commun avec un volcan actuel : le Deccan représente fois le volume émis par le Pinatubo (document 3), et l'activité s'est poursuivie pendant des durées géologiques. Les produits émis ont donc pu modifier l'atmosphère entière, et longtemps. Les trois dates coïncident d'ailleurs avec des limites majeures des temps géologiques (fin du Permien, du Trias, du Crétacé), marquées par des crises de la biodiversité : un indice de perturbations globales de l'environnement.

Document 2 — deux types de produits : des roches silicatées et des gaz

Ce que je vois (2a) : le magma, issu de la fusion partielle du manteau, donne des basaltes, roches silicatées ; la photographie du Deccan montre un empilement de plusieurs dizaines de coulées d'une dizaine de mètres chacune (l'échelle de ne couvre qu'une petite fraction de la hauteur du versant), soit des centaines de mètres de basalte, soumis en milieu continental à l'altération. Ce que je vois (2b) : les gaz du Kilauea, volcan basaltique actuel pris comme analogue, sont composés de 49 % de , 37 % de vapeur d'eau, 12 % de et 2 % d'autres gaz. Le forme avec le dioxygène et l'eau des gouttelettes d'acide sulfurique, les aérosols soufrés, qui persistent dans l'air jusqu'à leur lessivage par les précipitations et qui renvoient l'énergie solaire ; une fraction significative du reste dans l'atmosphère. Ce que j'en déduis : par principe d'actualisme, un volcanisme actuel de même nature (effusif, basaltique) renseigne sur la composition des gaz anciens, inaccessible directement. Une éruption majeure libère donc deux agents aux effets opposés : des aérosols soufrés qui augmentent l'albédo (refroidissement) et du , gaz à effet de serre (réchauffement) – la vapeur d'eau, elle, retombe en pluie en quelques jours et n'a pas d'effet durable. Elle laisse en outre en surface une masse énorme de basalte frais, riche en silicates calciques, exposée à l'altération : ce troisième produit agira sur le à long terme (document 4).

Document 3 — le Pinatubo, un cas mesuré : refroidissement à court terme par les aérosols

Ce que je vois (3a) : avant l'éruption (janvier-juin 1991), la profondeur optique des aérosols est nulle et l'anomalie de température oscille entre environ et ( au moment de l'éruption). Dès l'éruption, la profondeur optique croît jusqu'à un maximum d'environ vers la fin de 1991, cinq mois après, puis décroît lentement : début 1992, début 1993, début 1994. L'anomalie de température diminue à partir de l'été 1991 : environ début 1992, un minimum d'environ au milieu de 1992, un an après l'éruption, puis une remontée irrégulière : vers fin 1992, entre et en 1993, fin 1993. Entre la valeur au moment de l'éruption et le minimum, la baisse atteint (valeurs lues à près ; environ si l'on part de la moyenne du premier semestre 1991, proche de ). Ce que je vois (3b) : à Mauna Loa, la fraction du rayonnement solaire atteignant le sol, stable autour de 93 % de 1987 à juin 1991, s'effondre en quelques mois jusqu'à un minimum d'environ 84 % sur la courbe moyenne (certaines mesures descendent à 82 %) au début de 1992, puis remonte : 87 % début 1993, 90 % au milieu de 1993, 92 % en 1994, 93 % à partir de 1996. La perte au minimum est de points, soit près de 10 % de l'énergie solaire incidente () en moins au sol. Ce que j'en déduis : les 17 millions de tonnes de ont formé un voile d'aérosols soufrés qui a réfléchi vers l'espace une partie du rayonnement solaire : l'albédo a augmenté, l'énergie absorbée par la surface a diminué, le bilan radiatif est devenu négatif et la température moyenne du globe a baissé. La chronologie est cohérente avec ce mécanisme : hausse des aérosols, chute de la transmission, puis baisse de la température avec quelques mois de retard dus à l'inertie thermique des océans. Les aérosols étant lessivés par les précipitations, la profondeur optique retombe en deux à trois ans et l'anomalie de température n'est plus que de fin 1993 : l'effet est transitoire, à l'échelle de quelques années. Ce que le correcteur attend : ne pas conclure qu'il « a fait moins de » (une anomalie négative est un écart à une moyenne, pas une température) ; ne pas se contenter de la corrélation entre les courbes, mais l'appuyer sur le mécanisme physique (albédo, bilan radiatif), la mesure indépendante de la transmission (3b) et l'ordre des événements. Pour un trapp, chaque éruption a pu produire un refroidissement de ce type, répété tant que le volcanisme a duré – sans extrapolation chiffrée, le Pinatubo étant un volcan explosif, qui injecte son plus haut (dans la stratosphère) qu'un volcanisme effusif.

Document 2b et connaissances — le accumulé réchauffe à moyen terme

Ce que je vois : le est le gaz le plus abondant des émissions (49 %), et une fraction significative en reste dans l'atmosphère après l'éruption. Ce que j'en déduis : le est un gaz à effet de serre : il absorbe le rayonnement infrarouge émis par la surface et en renvoie une partie vers le sol. Contrairement aux aérosols, il n'est pas lessivé en quelques années ; il n'est retiré que lentement, par dissolution dans l'océan (siècles à millénaires), puis par l'altération des roches (dizaines de milliers d'années et plus, document 4). Pendant un épisode volcanique de à ans, les émissions successives s'ajoutent donc plus vite qu'elles ne sont retirées : la concentration de augmente, l'effet de serre s'intensifie et la température moyenne s'élève. Ce réchauffement ne domine qu'une fois les aérosols retombés et persiste tant que le excédentaire n'est pas retiré, soit de quelques dizaines à quelques milliers d'années après chaque éruption – et bien davantage à l'échelle d'un trapp entier. C'est la logique retenue pour le climat chaud du Crétacé : une intense activité magmatique (dorsales très actives, puis trapps du Deccan en fin de période) y a maintenu une teneur en élevée.

Document 4 — l'altération des silicates consomme le à long terme

Ce que je vois : l'altération de l'anorthite par l'eau de pluie consomme 2 par formule d'anorthite et libère des ions et ; transportés jusqu'à un bassin, ces ions précipitent en calcite, ce qui rend 1 . Ce que j'en déduis : le bilan des deux étapes s'écrit

soit, pour chaque anorthite altérée, une molécule de retirée de l'atmosphère et stockée durablement dans un carbonate, réservoir géologique du carbone pour des millions d'années. L'altération d'une province de à millions de de basalte frais, riche en silicates calciques, constitue donc un puits de considérable, mais lent : la pluie doit attaquer la roche, les rivières transporter les ions, les carbonates précipiter ; il agit sur des durées de à ans (document 5). La concentration de diminue, l'effet de serre s'affaiblit et la température baisse. Ce mécanisme est de plus une rétroaction négative : le réchauffement dû au intensifie le cycle de l'eau et accélère les réactions d'altération, donc la consommation de , ce qui ramène la température vers sa valeur initiale. C'est le même processus qui explique la glaciation du Carbonifère-Permien (altération de la chaîne hercynienne, jointe à l'enfouissement de matière organique dans le charbon) et le refroidissement du Cénozoïque (altération des chaînes tertiaires).

Document 5 — trois effets qui se relaient dans le temps

Ce que je vois : les aérosols soufrés dominent de à ans après l'épisode, la variation de de à ans, l'altération des silicates de à ans (limites lues sur l'axe logarithmique, aux bords estompés près). Ce que j'en déduis : les trois mécanismes identifiés se relaient, chacun prédominant à son échelle ; le document confirme l'ordre déduit des documents 2, 3 et 4 et chiffre les échelles de temps, résumées dans le tableau ci-dessous.

Mise en relation

{

Échelle de tempsAgent (documents)MécanismeEffet
années ( à ans)aérosols soufrés issus du (2b, 3)albédo accru, moins d'énergie solaire absorbéerefroidissement (Pinatubo : baisse de )
décennies à ans accumulé (2b, 5)effet de serre intensifiéréchauffement
à ansaltération des basaltes (2a, 4, 5) piégé dans les carbonates, effet de serre réduitrefroidissement
}

Une éruption volcanique majeure agit ainsi sur les deux termes du bilan radiatif, à trois échelles de temps emboîtées : le agit d'abord, par l'albédo, dans le sens du froid (Pinatubo : baisse de en un an, retour vers la référence en deux à trois ans), effet qu'un trapp actif pendant des centaines de milliers d'années répète à chaque éruption ; le , gaz majoritaire au retrait lent, s'accumule et l'emporte ensuite dans le sens du chaud ; enfin la province basaltique elle-même, par son altération, consomme ce et ramène le climat vers son état initial.

Conclusion

Les éruptions volcaniques majeures ont donc modifié la température atmosphérique par deux leviers, l'albédo et l'effet de serre, en trois temps : refroidissement de quelques années (aérosols soufrés), réchauffement de quelques dizaines à quelques milliers d'années ( accumulé), refroidissement de plusieurs millions d'années (altération des roches silicatées, qui piège ce dans les carbonates). Ces mécanismes naturels, reconstitués grâce au principe d'actualisme et à l'exemple du Pinatubo, sont ceux-là mêmes qui éclairent la perturbation actuelle : le d'origine humaine est émis en un siècle, à un rythme que ni l'océan ni l'altération des roches ne peuvent compenser avant des milliers d'années.

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