Production, acquisition et traitement d'un signal
Cours complet · électronique (PC), chapitre 1 · CPGE PC (2e année)
Travailler ce chapitre sur Adloun
L'électronique du signal se déploie en trois temps que ce chapitre suit fidèlement. On produit d'abord un signal périodique de façon autonome : un oscillateur quasi-sinusoïdal, obtenu en bouclant un filtre passe-bande sur un amplificateur, engendre une tension sinusoïdale sans excitation extérieure. On acquiert ensuite ce signal analogique en le convertissant en une suite de nombres : l'échantillonnage, opération apparemment anodine, obéit à une contrainte incontournable — la condition de Nyquist-Shannon — sous peine de voir apparaître le redoutable repliement de spectre. On traite enfin le signal numérisé ou analogique : la détection synchrone permet d'extraire une information d'amplitude et de phase alors même que le signal utile est noyé sous un bruit d'amplitude bien supérieure.
Conformément au programme, ce thème est abordé de manière essentiellement expérimentale et prolonge l'étude des circuits linéaires de première année. Les outils théoriques (fonctions de transfert, spectres, valeurs moyennes) sont supposés maîtrisés ; on les met ici au service d'une compréhension physique des chaînes réelles d'instrumentation.
1.1 Production d'un signal : l'oscillateur quasi-sinusoïdal
1.1.1 Principe du bouclage
Un oscillateur est un système capable de délivrer un signal périodique de façon autonome, sans signal d'entrée. L'idée fondamentale est celle du bouclage (ou rétroaction positive) : on prélève une fraction du signal de sortie et on la réinjecte à l'entrée du système, de sorte qu'il s'auto-entretienne.
Coupons par la pensée la boucle en un point et injectons un signal sinusoïdal complexe de pulsation . Après un tour complet, le signal a été multiplié par le gain de boucle
où désigne le gain de l'amplificateur (réel, éventuellement négatif) et la fonction de transfert du filtre. Pour qu'une oscillation entretenue soit possible, il faut que, à la pulsation d'oscillation , le signal revienne en phase et de même amplitude après un tour de boucle.
Un oscillateur sinusoïdal entretient une oscillation de pulsation lorsque le gain de boucle vaut l'unité à cette pulsation :
Cette égalité complexe équivaut à deux conditions réelles :
- condition de phase : — elle fixe la pulsation d'oscillation ;
- condition de gain : — elle fixe le gain minimal de l'amplificateur.
1.1.2 Rôle du filtre sélectif passe-bande
Le filtre placé dans la boucle joue un double rôle : il fixe la fréquence d'oscillation et garantit la pureté spectrale du signal. Un filtre passe-bande du deuxième ordre, dont la fonction de transfert s'écrit sous forme canonique
présente à sa résonance un gain réel maximal et une phase nulle. C'est précisément à cette pulsation que la condition de phase est satisfaite : le filtre sélectionne la fréquence pour laquelle la boucle est en phase.
Pour un oscillateur bouclant un amplificateur de gain sur un passe-bande du deuxième ordre de gain maximal , de facteur de qualité et de pulsation centrale :
- la pulsation d'oscillation est la pulsation centrale du filtre, pour un circuit (ou pour un pont de Wien) ;
- la condition de démarrage impose , soit un gain d'amplificateur supérieur à .
Plus est élevé, plus le filtre est sélectif et plus le signal généré est proche d'une sinusoïde pure.
Démonstration (Démarrage des oscillations)
Pour un passe-bande du deuxième ordre bouclé, la tension de sortie obéit en régime libre à une équation différentielle de la forme
Le coefficient d'amortissement effectif est . Trois cas se présentent :
- si : amortissement positif, les oscillations s'éteignent ;
- si : amortissement nul, oscillations sinusoïdales d'amplitude constante (cas idéal, instable en pratique) ;
- si : amortissement négatif, l'amplitude croît exponentiellement.
On choisit donc pour garantir le démarrage : une fluctuation infinitésimale (bruit thermique) suffit à amorcer une oscillation qui croît jusqu'à ce qu'un phénomène non linéaire vienne la limiter.
La condition idéale n'est jamais réalisable exactement : la moindre dérive ferait diverger ou s'éteindre l'oscillation. On règle toujours légèrement supérieur à , et l'on compte sur la saturation de l'amplificateur pour stabiliser l'amplitude.
1.1.3 Stabilisation de l'amplitude par la non-linéarité
Si l'amplificateur était rigoureusement linéaire avec , l'amplitude croîtrait sans limite. C'est la non-linéarité — inévitable dès que la tension approche les tensions d'alimentation — qui borne l'amplitude.
À faible amplitude, le gain effectif de l'amplificateur est : l'oscillation croît. À mesure que l'amplitude augmente, l'amplificateur sature (écrêtage) et son gain moyen vu par le fondamental diminue. L'amplitude se stabilise à la valeur pour laquelle le gain effectif vérifie exactement
Le système trouve ainsi de lui-même son cycle limite : l'amplitude est autorégulée par la non-linéarité.
Cette non-linéarité a une contrepartie : elle enrichit le spectre. L'écrêtage introduit des harmoniques (, … pour une saturation symétrique). Le signal n'est donc pas rigoureusement sinusoïdal — d'où le qualificatif de « quasi-sinusoïdal ». Heureusement, le filtre passe-bande, de facteur de qualité élevé, atténue fortement ces harmoniques : plus est grand, plus le signal de sortie est spectralement pur.
1.1.4 Portrait de phase
Le portrait de phase représente la trajectoire du système dans le plan (ou ). Il visualise la dynamique de l'oscillateur.
- Pour un oscillateur linéaire idéal (), la trajectoire est une ellipse fermée parcourue indéfiniment.
- Pour un oscillateur réel démarrant du repos, la trajectoire est une spirale divergente qui s'enroule vers l'extérieur, puis se stabilise sur une courbe fermée : le cycle limite.
- Quelle que soit la condition initiale, le système converge vers ce même cycle limite : c'est la signature d'une oscillation auto-entretenue robuste.
1.2 Acquisition numérique : échantillonnage
1.2.1 Échantillonner un signal
Traiter numériquement un signal analogique suppose de le convertir en une suite de nombres. Cette conversion repose sur l'échantillonnage : on relève la valeur du signal à intervalles de temps réguliers.
Échantillonner un signal consiste à ne conserver que ses valeurs aux instants (), régulièrement espacés de la période d'échantillonnage . La fréquence d'échantillonnage est
Le signal échantillonné est la suite .
1.2.2 Spectre d'un signal échantillonné
L'opération d'échantillonnage a une conséquence spectaculaire dans le domaine fréquentiel. On modélise l'échantillonnage comme la multiplication du signal par un peigne de Dirac de période . Or la transformée de Fourier d'un peigne de période est un peigne de période . La multiplication temporelle devenant une convolution fréquentielle, on obtient le résultat central suivant.
Le spectre d'un signal échantillonné à la fréquence est périodique de période : c'est le spectre du signal analogique reproduit à l'identique autour de chaque multiple de ,
Le motif original (centré sur ) est appelé bande de base ; les copies centrées sur sont les images (ou spectres translatés).
Tant que ces motifs ne se chevauchent pas, le spectre de base reste intact et le signal analogique peut être reconstruit exactement par un filtre passe-bas. Le chevauchement, lui, est catastrophique : c'est le repliement.
1.2.3 Condition de Nyquist-Shannon
Supposons le signal à spectre borné : il ne contient aucune fréquence au-delà d'une fréquence maximale . Le motif de base occupe alors la bande et le premier motif translaté est centré sur , occupant . Les deux motifs ne se chevauchent pas si et seulement si .
Un signal de fréquence maximale est échantillonné sans perte d'information si et seulement si la fréquence d'échantillonnage vérifie
La fréquence est appelée fréquence de Nyquist. Toute fréquence du signal doit rester inférieure à . Sous cette condition, le signal analogique peut être reconstruit exactement à partir de ses échantillons.
La bande audible s'étend jusqu'à . La condition de Nyquist impose : le standard du disque compact retient , avec une marge pour le filtre anti-repliement.
1.2.4 Repliement de spectre (aliasing)
Lorsque la condition de Nyquist-Shannon n'est pas respectée, , les motifs spectraux se chevauchent : les hautes fréquences du motif de base sont polluées par les basses fréquences du motif translaté. C'est le repliement de spectre (ou aliasing).
Concrètement, une composante de fréquence apparaît, après échantillonnage, sous une fausse fréquence (fréquence apparente) repliée dans la bande :
Un signal sinusoïdal à échantillonné à () apparaît à
L'oscilloscope numérique affiche une sinusoïde à qui n'existe pas : c'est un artefact de repliement. On l'observe aussi visuellement lorsqu'une roue filmée semble tourner à l'envers.
Méthode : Éviter le repliement : le filtre anti-repliement
On ne peut pas corriger le repliement après échantillonnage. On le prévient en plaçant avant le convertisseur analogique-numérique un filtre passe-bas analogique (dit filtre anti-repliement) qui élimine toute composante au-delà de . Protocole :
- choisir selon la bande utile du signal () ;
- filtrer le signal analogique par un passe-bas de fréquence de coupure ;
- échantillonner le signal ainsi limité en bande.
Le filtre garantit que le signal effectivement échantillonné respecte le critère de Nyquist.
Capacité numérique : Échantillonnage et repliement de spectre
On échantillonne une sinusoïde de fréquence à différentes fréquences , on calcule le spectre par transformée de Fourier rapide (FFT) et l'on met en évidence le repliement lorsque .
import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt
f0 = 9000.0 # frequence du signal (Hz)
duree = 0.05 # duree d'observation (s)
def spectre(fe):
"""Echantillonne une sinusoide a fe et renvoie (freqs, module FFT)."""
t = np.arange(0, duree, 1.0 / fe) # instants d'echantillonnage
s = np.sin(2 * np.pi * f0 * t) # signal echantillonne
S = np.fft.rfft(s) # FFT (signal reel)
f = np.fft.rfftfreq(len(s), d=1.0 / fe)
return f, np.abs(S) / len(s)
# Cas 1 : critere de Nyquist respecte (fe = 40 kHz > 2*f0)
f1, S1 = spectre(40000.0)
# Cas 2 : critere viole (fe = 10 kHz < 2*f0 = 18 kHz) -> repliement
fe2 = 10000.0
f2, S2 = spectre(fe2)
# Frequence apparente attendue dans le cas 2
fN = fe2 / 2
k = round(f0 / fe2)
f_alias = abs(f0 - k * fe2)
print("Frequence de Nyquist : %.0f Hz" % fN)
print("Pic reel : %.0f Hz" % f0)
print("Pic apparent (replie) : %.0f Hz" % f_alias)
fig, (ax1, ax2) = plt.subplots(2, 1, figsize=(7, 6))
ax1.stem(f1, S1)
ax1.set_title("fe = 40 kHz : pic a 9 kHz (correct)")
ax1.set_xlim(0, 20000)
ax2.stem(f2, S2)
ax2.set_title("fe = 10 kHz : pic replie a 1 kHz (repliement)")
ax2.set_xlim(0, 5000)
ax2.set_xlabel("frequence (Hz)")
plt.tight_layout()
plt.show()
Le premier spectre présente un pic net à . Le second, échantillonné trop lentement, fait apparaître un pic à : la fréquence réelle a été repliée sous la fréquence de Nyquist. On vérifie ainsi expérimentalement la formule .
1.3 Traitement : la détection synchrone
1.3.1 Extraire un signal noyé dans le bruit
Un capteur délivre souvent un signal utile de très faible amplitude, sinusoïdal de fréquence connue , mais superposé à un bruit d'amplitude bien supérieure. La détection synchrone (ou détection sensible à la phase) exploite la connaissance de la fréquence pour extraire l'amplitude et la phase du signal utile, même lorsque le rapport signal-sur-bruit est très défavorable.
1.3.2 Principe : multiplication puis filtrage
La chaîne comporte deux étages : un multiplieur qui multiplie le signal reçu par une référence synchrone, suivi d'un filtre passe-bas de fréquence de coupure très basse.
Soit le signal utile et la référence . Le produit vaut, par linéarisation :
Le produit fait apparaître deux termes :
- un terme continu , qui porte l'information d'amplitude et de phase ;
- un terme à la pulsation double , qui sera éliminé par le passe-bas.
Après filtrage passe-bas (coupure ), il ne subsiste que la composante continue :
1.3.3 Mesure d'amplitude et de phase
En ajustant la référence, on remonte à toute l'information du signal utile.
En multipliant simultanément le signal par deux références en quadrature, et , on obtient après filtrage les deux voies
On en déduit l'amplitude et la phase :
1.3.4 Réjection du bruit
Le pouvoir de la détection synchrone vient de sa sélectivité fréquentielle. Considérons une composante de bruit à une pulsation . Le produit par la référence donne
Après multiplication, une composante de bruit à est translatée à . Le passe-bas de coupure ne laisse passer que les composantes telles que . La détection synchrone se comporte donc comme un filtre passe-bande centré sur de largeur , aussi étroit qu'on le souhaite (en prenant très petit, c'est-à-dire une constante de temps de filtrage très grande).
C'est ce qui permet d'extraire un signal noyé sous un bruit d'amplitude mille fois supérieure : seul le bruit dans une bande infime autour de subsiste, tout le reste est rejeté. Le prix à payer est un temps de réponse d'autant plus long que est petit.
La détection synchrone est le principe de l'amplificateur à détection synchrone (lock-in amplifier), instrument de laboratoire omniprésent en physique expérimentale (mesures optiques, magnétiques, capteurs faibles signaux). On module volontairement le signal utile à une fréquence bien choisie (loin des sources de bruit, notamment du secteur) pour bénéficier de cette réjection.
1.4 Synthèse du chapitre
Production — oscillateur quasi-sinusoïdal
- On boucle un filtre passe-bande du 2e ordre sur un amplificateur ; gain de boucle .
- Condition de bouclage (Barkhausen) : , soit phase nulle (fixe ) et gain unité (fixe ).
- On règle pour démarrer ; la non-linéarité (saturation) stabilise l'amplitude sur un cycle limite. Grand signal spectralement pur.
Acquisition — échantillonnage
- Échantillonnage : valeurs relevées à , fréquence .
- Le spectre échantillonné est périodique de période (motif de base + images).
- Nyquist-Shannon : . Fréquence de Nyquist .
- Si : repliement, fréquence apparente . Prévention : filtre anti-repliement passe-bas avant le CAN.
Traitement — détection synchrone
- Multiplication par une référence à puis passe-bas : .
- Voies en quadrature : , .
- Équivaut à un passe-bande virtuel de largeur centré sur : extrait un signal noyé dans le bruit.
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>1.5 Exercices résolus
Un filtre passe-bande a un gain maximal . Quel gain minimal doit fournir l'amplificateur pour que l'oscillation démarre ?
Démonstration
La condition de gain s'écrit , soit . On règle en pratique légèrement supérieur à (par exemple ) et la saturation ramène le gain effectif à .
Un oscillateur utilise un passe-bande série avec et . Déterminer la fréquence des oscillations.
Démonstration
La pulsation d'accrochage est la pulsation de résonance :
soit .
Un signal contient des composantes jusqu'à . On l'échantillonne à . Le critère de Nyquist est-il respecté ? Quelle fréquence d'échantillonnage minimale faut-il ?
Démonstration
Le critère impose . Or : le critère n'est pas respecté, il y aura repliement. Il faut ; en pratique on choisirait avec un filtre anti-repliement de coupure voisine de .
Une sinusoïde à est échantillonnée à . Quelle fréquence l'oscilloscope affiche-t-il ?
Démonstration
La fréquence de Nyquist est . Comme , il y a repliement. On cherche tel que :
L'oscilloscope affiche une sinusoïde fantôme à .
Le signal utile est . On le multiplie par la référence puis on filtre. Quelle tension continue obtient-on ?
Démonstration
Après multiplication et filtrage passe-bas, seule subsiste la composante continue :
Une détection synchrone en quadrature donne et . Déterminer l'amplitude et la phase du signal utile.
Démonstration
On applique les formules de la détection en quadrature :
Le passe-bas d'une détection synchrone a une constante de temps (coupure ). Quelle est la largeur de bande du filtre passe-bande virtuel autour de ?
Démonstration
La fréquence de coupure du passe-bas vaut . Le filtre passe-bande virtuel a une largeur centrée sur . Une telle finesse explique la réjection extrême du bruit ; la contrepartie est un temps de réponse de l'ordre de .
1.6 Exercices d'entraînement
- Condition de démarrage. Un filtre de gain est bouclé sur un amplificateur de gain réglable. Donner le gain minimal assurant le démarrage des oscillations. Que se passe-t-il si ? si ?
- Pureté spectrale. Expliquer pourquoi un facteur de qualité élevé du filtre passe-bande améliore la pureté du signal d'un oscillateur quasi-sinusoïdal. Quel est le rôle du terme « quasi » ?
- Pulsation d'accrochage. Un pont de Wien impose une pulsation d'oscillation avec et . Calculer . Quel gain d'amplificateur théorique le pont de Wien impose-t-il (rappel : ) ?
- Rôle de la non-linéarité. On remplace l'amplificateur saturable par un amplificateur parfaitement linéaire de gain tel que . Décrire qualitativement l'évolution de l'amplitude. Pourquoi une telle configuration est-elle inutilisable ?
- Portrait de phase. Tracer l'allure du portrait de phase pour (a) un oscillateur idéal , (b) un oscillateur réel partant du repos. Identifier le cycle limite.
- Choix de . Un signal biomédical (ECG) a un spectre borné à . Quelle fréquence d'échantillonnage minimale faut-il ? Quelle valeur pratique proposeriez-vous et pourquoi ?
- Repliement. Une sinusoïde à est échantillonnée à . Calculer la fréquence apparente affichée. Recommencer pour à .
- Filtre anti-repliement. On souhaite numériser un signal à . Préciser le type et la fréquence de coupure du filtre à placer avant le convertisseur. Peut-on corriger le repliement après échantillonnage ?
- Spectre périodisé. Un signal contient les fréquences , et . On échantillonne à . Indiquer les fréquences réellement présentes dans la bande après échantillonnage.
- Détection synchrone — principe. Détailler le calcul du produit et identifier les deux termes. Justifier le rôle du filtre passe-bas.
- Mesure de phase. Une détection synchrone donne, à référence , une sortie alors que l'amplitude du signal est non nulle. Que peut-on conclure sur la phase ? Comment lever l'ambiguïté ?
- Réjection du bruit. Un signal utile à est noyé dans un bruit large bande. La détection synchrone utilise un passe-bas de coupure . Estimer la largeur de la bande passante virtuelle et commenter l'atténuation d'un bruit à et d'un bruit à .