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La cellule, unité du vivant

Cours complet · SVT (seconde), chapitre 1 · seconde générale, sciences de la vie et de la Terre

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Tous les êtres vivants — qu'il s'agisse d'une bactérie invisible à l'œil nu, d'un champignon, d'un chêne ou d'un être humain — sont construits selon le même principe architectural : ils sont formés d'une ou de plusieurs cellules. La cellule est la plus petite unité vivante capable, à elle seule, de manifester les propriétés du vivant : se nourrir, croître, se reproduire, réagir à son environnement. Ce chapitre présente l'organisation de la cellule, la distingue des structures qui ne sont pas vivantes, oppose les deux grands types cellulaires (procaryote et eucaryote), et montre comment un organisme pluricellulaire construit sa complexité à partir de cellules toutes issues d'une même cellule initiale.

1.1 La cellule, unité structurale du vivant

1.1.1 Observer le vivant à différentes échelles

À l'œil nu, on distingue des organes (une feuille, un muscle) mais pas les cellules qui les composent : elles sont bien trop petites. Il faut un instrument grossissant, le microscope, pour les observer.

Méthode : Observer une cellule au microscope optique

Pour observer des cellules, on prépare un échantillon très fin (une coupe) ou on isole quelques cellules, que l'on dépose entre lame et lamelle dans une goutte d'eau ou de colorant (une préparation microscopique). On procède ainsi :

  • Placer la préparation sur la platine du microscope, côté lamelle vers l'objectif.
  • Commencer par le plus faible grossissement (objectif ou ) pour repérer la zone à observer.
  • Faire la mise au point à l'aide de la vis macrométrique, puis affiner avec la vis micrométrique.
  • Passer progressivement à un objectif plus fort (, voire à l'huile à immersion) pour distinguer les cellules puis leurs organites.
  • Estimer une taille réelle à partir du grossissement total (produit du grossissement de l'oculaire et de celui de l'objectif) ou à l'aide d'une échelle.

Méthode : Calculer une taille réelle à partir d'une échelle

Sur une photographie ou un schéma légendé d'une échelle (un segment associé à une longueur réelle connue, par exemple ), on mesure au réglet :

  • la longueur du segment-échelle sur le document (en mm ou cm) ;
  • la longueur de la structure à mesurer sur le même document, avec la même unité.

On en déduit la taille réelle de l'objet par un produit en croix :

où est la longueur réelle représentée par le segment-échelle.

Exemple 1.1Taille réelle d'une cellule végétale

Sur une photographie de cellules d'épiderme d'oignon, le segment-échelle mesure pour une longueur réelle de . Une cellule mesure sur la même photographie. Sa taille réelle vaut :

Cette valeur est cohérente avec l'ordre de grandeur habituel d'une cellule végétale.

Propriété : Ordres de grandeur à retenir

  • Une cellule eucaryote (animale ou végétale) mesure typiquement entre et .
  • Une bactérie (cellule procaryote) est beaucoup plus petite : de l'ordre de à quelques micromètres.
  • Un noyau cellulaire mesure quelques micromètres ( à ).
  • Le microscope optique permet de distinguer la cellule et ses grands organites (grossissement jusqu'à environ, limité par la longueur d'onde de la lumière visible).
  • Le microscope électronique atteint des grossissements bien supérieurs (plusieurs centaines de milliers de fois) et permet d'observer le détail fin des organites, voire de grosses molécules.
Figure : Échelle des tailles du vivant, de l'atome à l'objet visible à l'œil nu (échelle logarithmique : chaque graduation correspond à une taille dix fois plus grande). Les cellules ne deviennent observables qu'au microscope ; les procaryotes (bactéries) et les détails des organites nécessitent souvent le microscope électronique.

1.1.2 La cellule, plus petite unité vivante

Définition 1.2Cellule

Une cellule est la plus petite unité structurale et fonctionnelle du vivant. Délimitée par une membrane plasmique, elle contient un milieu intérieur, le cytoplasme, siège des réactions chimiques qui assurent son fonctionnement. Toute cellule est capable, seule ou associée à d'autres, de se nourrir, de croître et de se reproduire : c'est en cela qu'elle constitue l'unité de base du vivant.

Propriété : Tous les êtres vivants sont faits de cellules

Deux cas se présentent :

  • les organismes unicellulaires, formés d'une seule cellule qui assure, à elle seule, toutes les fonctions du vivant (exemple : une bactérie, une levure, une amibe) ;
  • les organismes pluricellulaires, formés de très nombreuses cellules (plusieurs dizaines de milliers de milliards, de l'ordre de 30 000 milliards, chez l'être humain adulte) qui coopèrent et se répartissent les fonctions.

Dans les deux cas, la cellule reste l'unité de base : aucune structure plus petite qu'elle n'est, isolément, capable des propriétés du vivant.

1.1.3 La cellule, un système ouvert

Propriété : La cellule échange avec son environnement

La membrane plasmique délimite la cellule, mais elle ne l'isole pas de l'extérieur : c'est une frontière sélective à travers laquelle la cellule échange en permanence avec son environnement. On dit que la cellule est un système ouvert. Ces échanges portent sur :

  • de la matière : entrée de nutriments, d'eau, d'ions et de gaz (comme le dioxygène), rejet de déchets et d'autres gaz (comme le dioxyde de carbone) ;
  • de l'énergie : énergie lumineuse captée par les cellules chlorophylliennes, énergie chimique contenue dans les nutriments ;
  • de l'information : signaux chimiques ou physiques venus du milieu, auxquels la cellule réagit.

C'est parce qu'elle prélève de la matière et de l'énergie, et parce qu'elle perçoit des informations, que la cellule peut se nourrir, croître, se reproduire et réagir. La membrane assure ainsi à la fois la délimitation de la cellule et le contrôle de ces échanges.

1.2 Deux grands types de cellules

L'observation au microscope de très nombreux organismes a permis de distinguer deux grandes catégories de cellules, qui se distinguent essentiellement par la présence ou l'absence d'un noyau individualisé.

1.2.1 La cellule procaryote

Définition 1.3Cellule procaryote

Une cellule procaryote est une cellule dépourvue de noyau : son matériel génétique (l'ADN) baigne directement dans le cytoplasme, dans une région appelée nucléoïde, sans être entouré d'une membrane propre. Les bactéries sont des organismes procaryotes, toujours unicellulaires.

Propriété : Caractéristiques d'une cellule procaryote

  • Taille très réduite (de l'ordre du micromètre).
  • Absence de noyau et, plus généralement, absence d'organites délimités par une membrane.
  • ADN circulaire libre dans le cytoplasme.
  • Présence d'une paroi rigide externe à la membrane plasmique, qui protège la cellule.

1.2.2 La cellule eucaryote

Définition 1.4Cellule eucaryote

Une cellule eucaryote est une cellule possédant un noyau bien individualisé, entouré d'une enveloppe (la membrane nucléaire), qui renferme l'ADN. Les cellules eucaryotes possèdent aussi divers organites internes, chacun délimité par une membrane et assurant une fonction spécialisée. Les animaux, les végétaux, les champignons et de nombreux organismes unicellulaires (comme les levures ou les amibes) sont constitués de cellules eucaryotes.

Figure : Comparaison d'une cellule procaryote et d'une cellule eucaryote (schémas non à l'échelle). La procaryote, petite, n'a pas de noyau : son ADN circulaire baigne librement dans le cytoplasme. L'eucaryote, environ dix fois plus grande, possède un noyau qui renferme l'ADN et divers organites membranés (mitochondries, etc.).

Propriété : Organites communs à toute cellule eucaryote

  • La membrane plasmique : fine enveloppe qui délimite la cellule et contrôle les échanges avec le milieu extérieur.
  • Le cytoplasme : milieu intérieur liquide dans lequel baignent les organites.
  • Le noyau : contient l'ADN, porteur de l'information génétique ; il dirige l'activité de la cellule.
  • Les mitochondries : petits organites en forme de bâtonnets, sièges de la respiration cellulaire, qui produisent l'essentiel de l'énergie utilisable par la cellule (voir chapitre 3, le métabolisme).

Propriété : Organites propres à la cellule végétale

En plus des organites communs, une cellule végétale possède :

  • une paroi rigide, faite de cellulose, externe à la membrane plasmique, qui donne sa forme à la cellule et soutient les tissus végétaux ;
  • une grande vacuole, poche remplie de suc vacuolaire (eau, sels minéraux, pigments), qui occupe souvent la majeure partie du volume cellulaire ;
  • des chloroplastes, organites verts (grâce à la chlorophylle qu'ils contiennent), sièges de la photosynthèse : ils captent l'énergie lumineuse pour fabriquer de la matière organique.

La cellule animale, elle, ne possède ni paroi, ni chloroplaste, et sa vacuole (quand elle existe) est petite.

Figure : Schéma simplifié d'une cellule végétale et d'une cellule animale : organites communs (membrane, cytoplasme, noyau, mitochondries) et organites propres à la cellule végétale (paroi, vacuole, chloroplastes).
Exemple 1.5Reconnaître un type cellulaire au microscope

Au microscope optique, on observe une cellule entourée d'une paroi nette, contenant une grande vacuole centrale et de petits organites verts : il s'agit d'une cellule végétale (par exemple une cellule de feuille). Une cellule sans paroi ni chloroplaste, de contour arrondi et irrégulier, est une cellule animale.

1.3 L'organisme pluricellulaire : des cellules spécialisées

1.3.1 De la cellule-œuf à la diversité des cellules

Définition 1.6Cellule-œuf

La cellule-œuf (ou zygote) est la cellule unique résultant de la fécondation, à l'origine de tout organisme pluricellulaire. Elle se divise de très nombreuses fois par des divisions cellulaires successives, produisant toutes les cellules de l'organisme adulte.

Propriété : Toutes les cellules d'un organisme partagent le même patrimoine génétique

Les divisions successives de la cellule-œuf produisent des cellules filles qui reçoivent chacune une copie identique de l'ADN présent dans la cellule-œuf. Ainsi, toutes les cellules d'un même individu possèdent le même patrimoine génétique (le même ADN), qu'il s'agisse d'une cellule de peau, de muscle ou de neurone.

1.3.2 La différenciation cellulaire

Définition 1.7Différenciation cellulaire

La différenciation cellulaire est le processus par lequel des cellules issues d'une même cellule-œuf, bien que possédant le même patrimoine génétique, acquièrent des formes et des fonctions différentes et spécialisées, adaptées à un rôle particulier dans l'organisme.

Le patrimoine génétique étant identique dans toutes les cellules de l'organisme, la diversité observée provient du fait que seule une partie des gènes est active (« exprimée ») dans une cellule donnée, en fonction du rôle qu'elle doit y jouer.

Exemple 1.8Trois cellules spécialisées de l'organisme humain
  • La cellule musculaire (fibre musculaire) est allongée et contient de nombreuses protéines contractiles : elle est spécialisée dans la contraction, à l'origine du mouvement.
  • Le neurone (cellule nerveuse) possède de longs prolongements qui lui permettent de transmettre rapidement des signaux électriques d'une cellule à une autre : il est spécialisé dans la communication nerveuse.
  • La cellule épidermique (cellule de la peau) est plate et étroitement accolée à ses voisines : elle forme une barrière protectrice de surface.

Ces trois cellules ont pourtant toutes été produites, par divisions successives, à partir de la même cellule-œuf, et possèdent donc le même ADN.

1.3.3 Des cellules aux organes : tissus et organes

Définition 1.9Tissu

Un tissu est un ensemble de cellules de même type, spécialisées dans la même fonction, associées les unes aux autres (exemples : le tissu musculaire, le tissu nerveux, le tissu épithélial qui forme la peau et les muqueuses).

Définition 1.10Organe

Un organe est une structure formée de l'association de plusieurs tissus différents, qui coopèrent pour assurer une ou plusieurs fonctions précises au sein de l'organisme (exemples : le cœur, le poumon, une feuille).

Propriété : Organisation hiérarchique du vivant pluricellulaire

Un organisme pluricellulaire s'organise selon une hiérarchie d'échelles croissantes :

Par exemple, des cellules musculaires cardiaques forment le tissu musculaire cardiaque ; associé à du tissu nerveux et à du tissu conjonctif, il constitue l'organe cœur ; le cœur, associé aux vaisseaux sanguins, participe à l'organisme entier.

Figure : Organisation hiérarchique d'un organisme pluricellulaire. Des cellules de même type s'associent en tissus ; plusieurs tissus différents forment un organe ; l'ensemble des organes constitue l'organisme. Chaque niveau intègre le précédent.
Exemple 1.11La feuille, un organe végétal

Une feuille est un organe végétal qui associe plusieurs tissus : un tissu de cellules riches en chloroplastes en surface (siège principal de la photosynthèse), des tissus conducteurs qui transportent la sève, et un tissu épidermique protecteur en périphérie. Chacun de ces tissus est composé de cellules spécialisées, différenciées à partir d'une même cellule-œuf.

1.4 Ce qu'il faut retenir

Propriété : Synthèse du chapitre

  • La cellule est la plus petite unité structurale et fonctionnelle du vivant, délimitée par une membrane plasmique et contenant un cytoplasme.
  • La membrane plasmique fait de la cellule un système ouvert, qui échange en permanence matière, énergie et information avec son environnement.
  • Un organisme est unicellulaire (une seule cellule assure toutes les fonctions) ou pluricellulaire (fonctions réparties entre de nombreuses cellules).
  • On distingue la cellule procaryote (sans noyau, ADN libre dans le cytoplasme — les bactéries) de la cellule eucaryote (avec un noyau individualisé et des organites, dont la mitochondrie) ; la cellule végétale possède en plus paroi, vacuole et chloroplastes.
  • Toutes les cellules d'un organisme pluricellulaire proviennent, par divisions successives, d'une unique cellule-œuf, et possèdent donc le même patrimoine génétique.
  • La différenciation cellulaire explique la diversité des cellules spécialisées (musculaire, nerveuse, épidermique, …) qui s'organisent en tissus, eux-mêmes associés au sein d'organes.
  • Le fonctionnement biochimique de la cellule (nutrition, production d'énergie) sera détaillé au chapitre 3, consacré au métabolisme.

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