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chimie (MPSI) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Les chlorures de la troisième période

Structure et propriétés physiques macroscopiques · A. Rappels : électronégativité et polarité · niveau 2

Énoncé

On considère les chlorures des éléments de la troisième période, de à () :

Composé
de l'élément
(°C) (*)
(°C)sublime à

(*) sous pression : sous , le chlorure d'aluminium se sublime à °C.

Le chlorure de sodium fondu conduit le courant électrique ; et liquides ne le conduisent pas.

1) Calculer l'écart pour chaque liaison . Comment évolue-t-il le long de la période ?

2) Repérer la rupture dans la suite des températures de fusion. À quel type de cohésion (ions, ou molécules liées par des interactions faibles) correspond chaque côté ? Que confirme l'observation de la conductivité ?

3) est tétraédrique, pyramidal (doublet non liant sur P). Lequel est polaire ? Comparer leurs températures d'ébullition, puis leurs températures de fusion : quel paradoxe ? Proposer une interprétation.

4) est-il ionique ou moléculaire ? Discuter, en s'appuyant sur et sur sa sublimation, la notion de frontière entre liaison polarisée et liaison ionique. On rappelle que le chlorure d'aluminium gazeux est formé de molécules .

Corrigé

La stratégie. Le cours affirme qu'il n'y a pas trois natures de liaison mais un seul curseur, . On le gradue sur une série réelle, puis on lit sur les températures où la cohésion change de nature — car ce n'est pas la liaison que l'on rompt en fondant, c'est ce qui tient les entités entre elles.

1) Le curseur. :

Liaison

Il décroît régulièrement le long de la période, de à : on passe, sans saut, d'une liaison très polarisée (presque ionique) à une liaison covalente pure.

2) La rupture. Les températures de fusion, elles, ne décroissent pas régulièrement : , , , puis , , °C. La chute entre et est de °C, celle entre et de près de °C. À gauche, des solides qui fondent à plusieurs centaines de degrés : la cohésion est assurée par l'attraction entre ions (, …), dont l'énergie est de l'ordre de celle des liaisons covalentes. À droite, des corps qui fondent bien en dessous de °C : ce sont des molécules (, , ), et ce que l'on rompt en fondant, ce sont des interactions de van der Waals de quelques .

La conductivité le confirme : fondu conduit parce qu'il contient des ions mobiles ; et liquides ne conduisent pas parce qu'ils ne contiennent que des molécules neutres.

Le point délicat. varie continûment, mais l'état de la matière, lui, bascule : entre et , le composé cesse d'être un assemblage d'ions pour devenir un assemblage de molécules. La rupture n'est pas dans la liaison ; elle est dans le type d'entité qui constitue le corps.

3) contre . est tétraédrique : ses quatre moments se compensent, il est apolaire. est pyramidal : ses trois moments ne se compensent pas, il est polaire.

L'ébullition. bout à °C, à °C, alors que est plus lourd et compte un chlore de plus ( contre ). Le moment dipolaire permanent de ajoute une interaction entre dipôles qui compense, et au-delà, sa taille moindre.

La fusion. L'ordre s'inverse : fond à °C, à °C. Le paradoxe se lève si l'on se rappelle ce que mesure chaque température. Bouillir, c'est séparer des molécules d'un liquide où elles sont déjà désordonnées : seule compte l'intensité des interactions. Fondre, c'est détruire un empilement ordonné : une molécule très symétrique et compacte comme le tétraèdre s'empile régulièrement et maximise ses contacts dans le cristal, qui est alors plus difficile à détruire. L'effet est spectaculaire chez les isomères du pentane : le 2,2-diméthylpropane, quasi sphérique, fond à °C, contre °C pour le pentane linéaire.

4) , à la frontière. Avec , la liaison est très polarisée, entre (ionique) et (covalente polarisée). Le solide, qui ne fond que sous pression, a un caractère ionique marqué ; mais sous , il se sublime à °C en molécules : une température basse pour un solide ionique (comparer aux °C de ), et un gaz fait de molécules. Le chlorure d'aluminium a donc les deux visages, selon l'état. C'est la meilleure illustration de ce que dit le cours : il n'y a pas de frontière tranchée entre liaison covalente polarisée et liaison ionique ; il y a un curseur, et des composés qui se trouvent au milieu.

Ce que l'exercice installe. Le curseur est continu, mais la nature des entités (ions ou molécules) bascule, et c'est elle qui décide de l'ordre de grandeur des températures de changement d'état. Et et ne mesurent pas exactement la même chose : la fusion est sensible à l'empilement.

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