chimie : thermodynamique et électrochimie (MP) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Hydrolyse de l'anhydride acétique : l'énergie ne fait pas le danger, la puissance et l'accumulation le font
Premier principe appliqué aux transformations physico-chimiques · E. Transformation monobare et adiabatique · niveau 3 (difficile)
Énoncé
On hydrolyse de l'anhydride acétique dans un réacteur agité de à double enveloppe : L'eau est en large excès, le milieu bien agité est supposé homogène ; la réaction est totale, d'ordre 1 par rapport à l'anhydride (, quantité d'anhydride présente), et Données : () : ; ; . Capacités thermiques molaires : anhydride , eau , acide acétique . Capacité thermique du contenu : pour la charge complète, pour l'eau seule (« pied de cuve ») ; le mélange bout vers . La double enveloppe, parcourue par de l'eau à , évacue , avec . On conduit à et l'on doit hydrolyser d'anhydride ( dans la charge complète).
1) Calculer . Montrer que la capacité thermique du contenu change très peu pendant la réaction.
2) Discontinu. On introduit d'un coup les à . Énergie libérée ? Température atteinte en cas de panne du refroidissement ?
3) Calculer . Quelle puissance faudrait-il évacuer au début pour rester à ? Comparer à la double enveloppe. Que se passe-t-il en réalité ?
4) Semi-continu. Le réacteur contient le pied de cuve à ; on y verse l'anhydride, préchauffé à , au débit constant (en ). Établir et résoudre l'équation de . Montrer qu'après quelques la puissance dégagée vaut . Débit maximal ? Durée de la coulée ?
5) Le refroidissement tombe en panne pendant la coulée, et un automatisme coupe aussitôt l'arrivée d'anhydride. Élévation de température maximale ? Et si la coulée n'était pas coupée ?
6) Cas limite. « Pour plus de sécurité », on propose de conduire la coulée à , avec de l'eau glacée à (même ). Reprendre les questions 4 et 5 et conclure.
Corrigé
La stratégie. Le bilan isotherme, par unité de temps, donne la puissance dégagée, à comparer à celle du refroidissement. Le bilan adiabatique donne la température atteinte si le refroidissement disparaît, à partir de ce qui reste à réagir. Le premier dit si la conduite est possible, le second ce qui arrive quand elle cesse.
1) , exothermique. Une mole d'avancement remplace par : pour toute la charge, de .
2) L'énergie du discontinu. ; sans refroidissement, soit , à dix degrés de l'ébullition : la moindre erreur de charge fait bouillir le mélange (surpression, vapeurs acides). , c'est l'énergie de d'essence : peu, mais libérée en une ou deux minutes.
3) La puissance du discontinu. : (demi-réaction en ). La puissance à température constante est ; au départ, , alors que la double enveloppe évacue au plus : trente-trois fois moins. En réalité, le contenu s'échauffe, d'abord à , et chaque degré accélère la réaction ( est multiplié par entre et ) : c'est l'emballement thermique, qui ne s'arrête qu'à l'épuisement de l'anhydride. Il dure de l'ordre de la minute (une intégration numérique du bilan donne de l'élévation en moins d'une minute et demie) ; le refroidissement n'y change presque rien.
4) La coulée. Bilan de l'anhydride, introduit au débit et consommé à la vitesse : Après quelques , : l'anhydride disparaît aussi vite qu'il arrive, et la puissance vaut : fixée par le débit. D'où
Le discontinu, s'il était maintenu à , ne repasserait sous la capacité de refroidissement qu'après ; la coulée ne la dépasse jamais. On échange une ou deux minutes de réaction incontrôlable contre une heure et quart de réaction conduite.
5) La panne pendant la coulée. Le danger est ce qui est accumulé : . Avec la plus petite capacité thermique (pied de cuve, ce qui majore l'effet) : contre en discontinu. Sans coupure, chaque seconde ajouterait (environ ), et l'emballement reprendrait : couper la coulée à la moindre défaillance du refroidissement ou de l'agitation est la sécurité essentielle.
6) Le réacteur trop froid. À , la double enveloppe évacue encore : même débit, même durée. Mais est fois plus petit : accumulées, et une panne donnerait . Refroidir davantage augmente l'accumulation : un réacteur trop froid stocke du réactif, qui réagira d'un coup si la température remonte.
Ce que l'exercice installe. Les deux bilans au service de la sécurité : la puissance comparée au refroidissement, l'élévation adiabatique de ce qui reste à réagir. La loi d'Arrhenius transforme un déséquilibre en emballement. En semi-continu, la puissance est fixée par le débit et l'accumulation par : on conduit par la coulée, pas par le volume, et l'on ne refroidit pas « par précaution » au point d'accumuler.
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