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électricité (PCSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Les électrons vont au pas

Charge, courant, tension : les circuits dans l'ARQS · A. Charge et intensité du courant · niveau 2

Énoncé

Un fil de cuivre de section (installation domestique) est parcouru par un courant continu . Le cuivre a une masse volumique et une masse molaire ; chaque atome libère un électron de conduction. On donne et .

1) Calculer la densité volumique d'électrons de conduction. On note la vitesse moyenne (dite « de dérive ») des électrons le long du fil. En comptant la charge qui traverse une section droite pendant une durée , établir . Calculer .

2) Combien de temps un électron met-il à parcourir les de fil qui séparent l'interrupteur de la lampe ? Pourquoi la lampe s'allume-t-elle pourtant « instantanément » ? On admet que le signal électrique se propage dans le câble à .

3) Le courant est maintenant alternatif, , avec et . Quelle est l'amplitude du déplacement d'un électron ? Commenter.

4) Combien d'électrons traversent une section en pour ? Le nombre d'électrons qui passent pendant une durée donnée fluctue d'une mesure à l'autre ; on admet que sa fluctuation relative vaut . Évaluer cette fluctuation. Même question pour un courant de (photodétecteur faiblement éclairé) observé pendant . Quand peut-on traiter la charge comme une grandeur continue ?

Corrigé

La stratégie. On passe de l'échelle macroscopique (une intensité, une section) à l'échelle des porteurs (une densité, une vitesse) par un bilan de charge pendant : c'est la définition même de l'intensité, , appliquée à un volume bien choisi.

1) La densité de porteurs et la loi . Un mètre cube de cuivre a une masse , donc contient moles d'atomes, soit atomes, et autant d'électrons de conduction : Pendant , chaque électron avance de . Ceux qui franchissent la section droite pendant cette durée sont exactement ceux qui se trouvaient, à l'instant , dans le cylindre de base et de longueur situé juste en amont : il y en a , qui portent chacun la charge en valeur absolue. La charge qui traverse la section est donc , et Signe. Les électrons sont négatifs : ils avancent en sens inverse du sens conventionnel du courant. La formule donne les valeurs absolues ; le sens se lit à part.

Homogénéité. .

Numériquement, moins d'un millimètre par seconde : les électrons vont au pas d'un escargot, et c'est pour un courant déjà fort.

2) Le paradoxe de l'interrupteur. Parcourir à prend , environ trois heures et demie. Le signal, lui, met .

La lampe ne s'allume pas quand « les électrons de l'interrupteur » l'atteignent : le fil est plein d'électrons de conduction, d'un bout à l'autre. En fermant l'interrupteur, on établit dans tout le conducteur, à la vitesse du signal, la cause qui les met en mouvement ; tous les électrons du circuit se mettent à dériver presque en même temps, y compris ceux du filament. Ce qui se propage vite, c'est la mise en mouvement, pas la matière.

3) En alternatif, les électrons oscillent sur place. La relation vaut à chaque instant (le bilan de la question 1 n'a rien supposé de constant), donc , d'amplitude La position d'un électron est une primitive de , soit : il oscille autour d'une position moyenne fixe, avec l'amplitude Sur le secteur, un électron ne parcourt jamais plus de quelques micromètres : il n'y a aucun transport de matière d'un bout à l'autre du câble, et pourtant de l'énergie est transportée.

4) Combien d'électrons, et quelle fluctuation. En : Même sur une nanoseconde, la granularité de la charge est invisible : la fluctuation relative est de quelques millionièmes, très en dessous de la précision de tout ampèremètre. Pour pendant : Cette fois la fluctuation se mesure : c'est le bruit de grenaille, qui limite la détection des très faibles flux lumineux.

Cas limite et conclusion. La charge peut être traitée comme continue quand le nombre de porteurs qui interviennent pendant la durée d'observation est grand, au sens où est négligeable devant la précision voulue. C'est un rapport entre le courant, la durée d'observation et l'exigence de la mesure, pas une propriété de la charge seule.

Ce que l'exercice installe. Le bilan de charge sur une durée , à travers une surface, est la façon de relier un débit macroscopique à ce qui le porte : il resservira pour la loi des nœuds (exercice 4) et, au-delà, pour tous les bilans de l'année. Et la distinction entre la vitesse des porteurs et la vitesse du signal est la clé de l'approximation des régimes quasi stationnaires : ce qui compte pour l'ARQS, c'est la seconde.

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