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électricité (PCSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Identifier un modèle de Thévenin

Dipôles linéaires, énergie et associations · C. Modèle de Thévenin d'une source réelle · niveau 2

Énoncé

1) On relève, aux bornes d'une pile neuve de format AA, la tension en fonction de l'intensité qu'elle débite dans une résistance réglable (convention générateur) :

(A)
(V)

Justifier qu'un modèle de Thévenin est adapté. Déterminer et , puis le courant de court-circuit . On pourra utiliser une régression linéaire.

2) Une pile usée affiche quand on la mesure au voltmètre seul, et quand elle débite . Déterminer sa résistance interne. Un appareil demande pour fonctionner : peut-elle le lui fournir ? Expliquer le paradoxe « la pile teste bonne, mais l'appareil ne marche pas ».

3) On branche sur chacune des deux piles une petite lampe assimilée à une résistance . Déterminer le point de fonctionnement (intensité, tension, puissance reçue par la lampe), par le calcul et par une lecture graphique dont on décrira le principe.

4) Un générateur basse fréquence (GBF) se modélise aussi par une source de Thévenin de résistance de sortie inconnue. On observe sa tension à vide sur un oscilloscope (résistance d'entrée ), puis on branche en parallèle une résistance réglable , que l'on ajuste jusqu'à ce que l'amplitude observée soit divisée par deux ; on lit alors . En déduire (méthode de la demi-tension). L'oscilloscope perturbe-t-il la mesure à vide ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. Le modèle de Thévenin , la loi d'Ohm pour la charge, le diviseur de tension. La stratégie : un modèle linéaire a deux paramètres, donc deux mesures suffisent ; plus de mesures permettent de vérifier que le modèle est bon et de réduire l'incertitude.

1) Régression. Les points sont alignés : diminue d'environ chaque fois que augmente de , ce qui est la signature d'une droite de pente . Une régression linéaire par moindres carrés donne la droite qui passe au mieux :

import numpy as np
i = np.array([0.0, 0.1, 0.2, 0.3, 0.4, 0.5])     # courant (A)
u = np.array([1.52, 1.47, 1.42, 1.38, 1.33, 1.27])  # tension (V)
pente, E = np.polyfit(i, u, 1)                    # u = E - r i
r = -pente
print(f"E = {E:.3f} V, r = {r:.3f} ohm, Icc = {E/r:.2f} A")
print("écart max :", f"{np.max(np.abs(u - (E - r*i)))*1e3:.1f} mV")

Résultat obtenu en l'exécutant :

E = 1.520 V, r = 0.489 ohm, Icc = 3.11 A
écart max : 6.2 mV

Donc , , et le courant de court-circuit vaut . Les écarts à la droite ne dépassent pas , de l'ordre de la résolution du voltmètre : le modèle linéaire est validé sur cette plage. Le point délicat : il ne l'est que sur cette plage. Une pile n'est pas un dipôle linéaire sur toute sa caractéristique : sa résistance interne dépend du courant, de la température et de l'état de charge. Le modèle de Thévenin est un modèle local.

2) La pile usée. À vide, le voltmètre ne tire presque aucun courant : il lit . Sous : Son courant de court-circuit vaut : c'est le plus grand courant qu'elle puisse débiter, obtenu en reliant ses bornes par un fil, sous une tension nulle. Un appareil qui demande ne peut donc pas fonctionner : même en court-circuit, la pile ne les fournit pas.

Le paradoxe s'explique : le voltmètre mesure , qui n'a presque pas changé ; ce qui a changé, c'est , multipliée par dix. Une pile se teste sous charge, pas à vide.

3) Le point de fonctionnement. La pile impose , la lampe ; les deux relations sont vraies en même temps, d'où . Pour la pile neuve : , , . Pour la pile usée : , , , sept fois moins : la lampe rougeoie à peine.

Graphiquement : dans le plan où l'on porte en abscisse et en ordonnée, la caractéristique de la pile est la droite qui coupe l'axe des tensions en et l'axe des courants en ; celle de la lampe est la droite passant par l'origine de pente . Le point de fonctionnement est leur intersection. Quand la pile s'use, sa droite pivote autour d'un point proche de en devenant plus raide, et l'intersection descend le long de la droite de la lampe. La lecture graphique vaut pour toute charge, même non linéaire, dont on connaît la caractéristique : c'est son intérêt.

4) La méthode de la demi-tension. L'oscilloscope seul a une résistance d'entrée très grande devant : il observe pratiquement la tension à vide . Avec en parallèle (et , de sorte que l'association vaut pratiquement ), le diviseur de tension donne Donc , la valeur standard des GBF. La mesure à vide est faussée d'un facteur relatif : totalement négligeable. Avantage de la méthode : on n'a besoin d'aucune valeur absolue de tension, seulement d'un rapport, que l'oscilloscope lit sans étalonnage.

Ce que l'exercice installe. Identifier un modèle, c'est mesurer autant de grandeurs qu'il a de paramètres, puis vérifier sur des mesures supplémentaires. La résistance interne d'une source se mesure en charge ; la résistance de sortie d'un GBF se mesure par la demi-tension, et vaut : il faudra s'en souvenir chaque fois qu'on branchera une faible résistance sur un GBF. Et le point de fonctionnement est l'intersection de deux caractéristiques.

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