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électricité (PCSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Compenser une charge inductive

Régime sinusoïdal forcé, impédances et résonance · B. Les impédances complexes · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un atelier est alimenté sous la tension , , (le « » du secteur est la valeur efficace ). Sa charge, des moteurs, est modélisée par une résistance en série avec une inductance . La ligne qui l'alimente a une résistance faible mais non nulle : les pertes par effet Joule y sont proportionnelles à , carré de l'amplitude du courant de ligne.

1) Calculer l'impédance de la charge (module et argument), l'amplitude du courant de ligne et son déphasage par rapport à .

2) On branche un condensateur de capacité en parallèle sur la charge : ses deux bornes sont reliées aux deux bornes de la charge, si bien que la tension s'applique aux deux, et le courant de ligne se partage au nœud d'entrée entre la charge et le condensateur. Pourquoi est-il commode de raisonner sur les admittances ? Écrire l'admittance de l'ensemble.

3) Déterminer pour que le courant de ligne soit en phase avec . Montrer que , vérifier l'homogénéité et calculer .

4) Calculer alors l'amplitude du courant de ligne, celle du courant dans la charge et celle du courant dans le condensateur. Comment la loi des nœuds peut-elle donner un courant de ligne plus petit que celui de la charge ? Décrire le diagramme de Fresnel des courants.

5) De quel facteur les pertes Joule dans la ligne ont-elles été réduites ? Le fonctionnement des moteurs a-t-il changé ? Que se passerait-il avec un condensateur deux fois trop gros ?

Corrigé

La stratégie. En parallèle, la tension est commune et les courants s'ajoutent : c'est la configuration où l'on additionne les admittances. On cherche le condensateur qui annule la partie imaginaire de l'admittance totale, puis on regarde ce que cela change pour la ligne et pour la charge.

1) La charge seule. , donc L'amplitude du courant est , et le courant est en retard de sur la tension : la charge est inductive.

2) Les admittances. La tension étant la même aux bornes des deux dipôles, la loi des nœuds donne : les admittances en parallèle s'additionnent, comme les impédances en série. Ici après avoir multiplié la première fraction par la quantité conjuguée .

3) Le condensateur de compensation. Le courant de ligne est en phase avec si et seulement si est réel, c'est-à-dire si sa partie imaginaire est nulle : Homogénéité : s'exprime en henrys par ohm carré ; or un henry est un ohm-seconde, et un ohm-seconde par ohm carré donne des secondes par ohm, c'est-à-dire des farads. Le résultat a la bonne dimension. L'ordre de grandeur est celui d'une batterie de condensateurs industriels, tenant plus de : c'est bien ce qu'on installe dans les ateliers.

4) Les trois courants. Avec ce condensateur, , donc Le courant dans la charge n'a pas changé : elle est toujours sous la même tension, donc . Le courant dans le condensateur vaut .

Le courant de ligne est plus petit que celui de la charge : la loi des nœuds porte sur les grandeurs complexes, pas sur les amplitudes. Dans le diagramme de Fresnel, prenons horizontal. Le courant de la charge est un vecteur de longueur incliné de vers le bas ; il a une composante horizontale , en phase avec , et une composante verticale de vers le bas. Le courant du condensateur est en avance de : un vecteur vertical de vers le haut. Leur somme est le vecteur horizontal de . La partie « en quadrature » du courant de la charge ne transite plus par la ligne : elle fait l'aller-retour entre le condensateur et la bobine, sur quelques mètres.

5) Le bilan. Les pertes dans la ligne, proportionnelles à , sont divisées par Les moteurs ne s'en aperçoivent pas : même tension, même courant, même fonctionnement. Le rapport vaut exactement : la compensation ne laisse passer dans la ligne que la composante du courant en phase avec la tension.

Avec , la partie imaginaire de vaut au lieu de : c'est l'opposée de celle de la charge seule. Le module de redevient celui de la charge seule : le courant de ligne revient à , mais en avance de . On n'a rien gagné : on a remplacé une charge inductive par une charge capacitive.

Ce que l'exercice installe. En parallèle, on additionne les admittances ; la loi des nœuds en complexe autorise un courant total plus petit que l'un des courants de branche, parce que des courants en quadrature se compensent. Et le raisonnement énergétique passe ici par les pertes Joule de la ligne, proportionnelles au carré de l'amplitude du courant : c'est ce qui justifie, dans l'industrie, de compenser les charges inductives.

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