électricité (PCSI) · Chapitre 7 · Exercice de TD
Champ tournant et moteur synchrone
Champ magnétique et forces de Laplace · D. Action sur un aimant ; champ tournant · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Une bobine parcourue par crée en son centre un champ dirigé selon son axe et proportionnel à : , où est le vecteur unitaire de l'axe (on l'admet ; c'est une conséquence de la linéarité). Toutes les bobines ont le même centre et la même constante .
1) Deux bobines d'axes et sont parcourues par et . Montrer que le champ en a une norme constante et tourne à la vitesse angulaire . Et si les courants sont en phase ? Comment inverser le sens de rotation ?
2) Trois bobines ont des axes () à les uns des autres dans le plan , et sont parcourues par les courants triphasés . Montrer que le champ en est un champ tournant de norme .
3) Un aimant de moment , mobile sans frottement autour de , de moment d'inertie , est placé en dans un champ tournant de norme ; il entraîne une charge de couple résistant constant . On cherche un régime où il tourne à la vitesse du champ, en retard d'un angle constant . Montrer que . Condition d'existence ? Que se passe-t-il si l'on charge trop le moteur ?
4) Des deux valeurs possibles de , laquelle est stable ? (Étudier une perturbation par le théorème du moment cinétique.)
5) L'aimant étant initialement immobile, quel couple moyen subit-il ? Conséquence ?
6) Applications numériques : , , , courants à : vitesse en tours par minute, retard, puissance fournie à la charge.
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. La superposition des champs, la trigonométrie, le couple et le théorème du moment cinétique par rapport à un axe fixe. La stratégie : écrire le champ comme un vecteur tournant, puis se placer à sa vitesse.
1) Deux bobines en quadrature. Par superposition, un vecteur de norme constante , d'angle avec — il tourne à la vitesse angulaire . Il faut deux décalages : des axes décalés dans l'espace, des courants décalés dans le temps. Si , : un champ de direction fixe, qui pulse sans tourner et n'entraîne rien. En inversant l'un des courants, on obtient : le sens de rotation s'inverse.
2) Trois bobines en triphasé. Avec et , On transforme les produits en sommes : Les angles valent, à près, , et : régulièrement espacés. La somme de trois cosinus (ou sinus) de tels angles est nulle — ce sont les projections de trois vecteurs unitaires à , de somme nulle. Il reste un champ tournant de norme . Trois bobines branchées directement sur le réseau triphasé, sans aucun déphaseur, suffisent.
3) Le régime synchrone. Le champ fait l'angle avec ; on cherche . Le moment du couple magnétique par rapport à vaut : il est moteur quand l'aimant est en retard. Le théorème du moment cinétique par rapport à l'axe fixe donne et en régime synchrone , d'où . Ce régime n'existe que si : le couple maximal du moteur est , atteint pour un retard de . Au-delà, l'aimant ne suit plus le champ, le couple change de signe chaque fois que le champ le « double », sa moyenne s'effondre, et le moteur s'arrête : c'est le décrochage.
4) Stabilité. Pour , deux solutions : et . Avec , on a et :
- (retard inférieur à ) : oscillateur harmonique, régime stable. Si l'aimant ralentit, son retard augmente, le couple augmente, il est ré-accéléré.
- : croît exponentiellement, instable ; un retard qui augmente y fait diminuer le couple.
Seul est observé.
5) Le démarrage. Immobile à l'angle , l'aimant subit , de moyenne nulle sur une période : tiré dans un sens, puis dans l'autre, il vibre à peine. Un moteur synchrone ne démarre pas seul : il faut l'amener près de la vitesse de synchronisme, après quoi il « s'accroche ».
6) Applications numériques. Le champ fait tours par seconde, soit (une paire de pôles), quelle que soit la charge tant qu'il n'y a pas décrochage : la vitesse est imposée par la fréquence du réseau. Le couple maximal est , donc et . La puissance fournie à la charge est ; on pourrait doubler la charge avant le décrochage.
Ce que l'exercice installe. Deux décalages font un champ tournant, dans l'espace et dans le temps ; le triphasé les fournit naturellement, avec la norme . Et l'analyse de stabilité par perturbation : l'équation au premier ordre autour du régime cherché, dont le coefficient de rappel tranche — le même geste que pour la boussole, appliqué à un mouvement.
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