électricité (PCSI) · Chapitre 8 · Application directe du cours
Mesurer une inductance mutuelle
Les lois de l'induction · niveau 2
Énoncé
Deux bobines d'inductances propres et , de résistances et , couplées par une mutuelle , sont branchées en série et parcourues par le même courant .
1) Montrer que l'association se comporte comme une bobine unique d'inductance ou selon le sens de branchement de la seconde bobine.
2) On mesure les deux inductances par la constante de temps d'un circuit série alimenté par un échelon de tension, et l'on trouve et . En déduire et .
3) Sachant de plus que et , calculer le coefficient de couplage .
4) Seconde méthode : on débranche la série. Le primaire est parcouru par un courant sinusoïdal de valeur efficace et de fréquence ; le secondaire est ouvert, et l'on mesure la tension à ses bornes avec un voltmètre. Quelle valeur efficace lit-on ? Pourquoi faut-il que le secondaire soit ouvert ?
5) Pourquoi est-elle nécessairement positive ? Qu'en déduit-on sur ?
Corrigé
1) Deux bobines en série. Orientons les deux bobines dans le sens du courant commun (et ). Le flux total à travers le circuit est la somme des flux à travers chaque bobine ; à travers la bobine 1, il y a son flux propre et le flux envoyé par la bobine 2 ; à travers la bobine 2, son flux propre et le flux envoyé par la bobine 1 :
L'association a donc l'inductance . Si l'on retourne le branchement de la seconde bobine, le courant commun la parcourt en sens inverse de son orientation précédente : relativement à l'orientation imposée par le courant, sa mutuelle change de signe, et l'inductance devient . Avec dans la première orientation (bobinages « concordants »), est la plus grande des deux.
2) Deux mesures, deux inconnues. Par différence et par somme :
Pourquoi la méthode est bonne. La constante de temps ne donne que l'inductance de l'ensemble ; deux montages qui ne diffèrent que par le signe de l'isolent par différence (la résistance totale est la même).
3) Le coefficient de couplage.
Le couplage est bon sans être total : une partie du flux de chaque bobine ne traverse pas l'autre.
4) Le secondaire ouvert. Secondaire ouvert, , et la tension aux bornes du secondaire se réduit au terme de mutuelle, (au signe près, qui dépend des orientations). En régime sinusoïdal, l'amplitude complexe vaut , d'où, en valeurs efficaces,
Une mesure de et de donne donc directement .
Pourquoi ouvert. Si le secondaire débitait un courant , sa tension contiendrait aussi les termes , et la relation simple serait perdue. Un voltmètre de résistance d'entrée de l'ordre du mégaohm laisse le secondaire pratiquement ouvert : c'est l'ordre de grandeur qui justifie l'hypothèse.
5) La positivité de . L'association en série est une bobine réelle ; parcourue par , elle stocke l'énergie magnétique , qui est positive puisqu'une densité l'est partout. Donc , c'est-à-dire
La mutuelle est bornée par la moyenne arithmétique des inductances propres. Ici, . Un bilan d'énergie de deux circuits couplés parcourus par des courants quelconques améliore cette borne en remplaçant la moyenne arithmétique par la moyenne géométrique : .
Ce que l'exercice installe. La mesure par différence : deux montages qui ne diffèrent que par le signe d'une grandeur l'isolent. La mesure à secondaire ouvert, justifiée par l'ordre de grandeur de la résistance d'entrée d'un voltmètre. Et le réflexe de chercher, derrière toute inégalité physique, une énergie positive.
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