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électricité (PCSI) · Chapitre 8 · Application directe du cours

Ouvrir un circuit inductif

Les lois de l'induction · niveau 2

Énoncé

Une bobine d'inductance et de résistance interne est alimentée par un générateur idéal de tension , à travers un interrupteur . Le générateur, l'interrupteur et la bobine forment une maille ; on note et les bornes de la bobine, le courant qui la traverse de vers , et la tension à ses bornes (convention récepteur). L'interrupteur est fermé depuis longtemps.

1) Quel est le courant dans la bobine ? Quelle énergie est stockée ?

2) On ouvre l'interrupteur. On modélise l'ouverture par une décroissance linéaire du courant de à en une durée . Estimer la tension aux bornes de la bobine, puis aux bornes de l'interrupteur. Que se passe-t-il si ? Avec une ouverture réelle, de l'ordre de la microseconde, que voit-on entre les contacts ?

3) Pour protéger le montage, on branche une résistance directement entre et , en parallèle sur la bobine. Que vaut le courant dans la bobine juste après l'ouverture ? En déduire la tension juste après l'ouverture, et la comparer à .

4) Établir l'équation d'évolution de après l'ouverture, la résoudre, et faire le bilan énergétique complet. Quelle énergie est dissipée dans ?

5) Discuter le choix de : que se passe-t-il si est très grand ? très petit ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La relation de la bobine en convention récepteur, , et la continuité de l'intensité dans une bobine : l'énergie ne peut pas varier instantanément, faute de quoi la puissance reçue serait infinie.

1) Le régime permanent. Interrupteur fermé depuis longtemps, le courant est constant : et la bobine se comporte comme sa seule résistance interne. La tension à ses bornes est imposée par le générateur idéal, :

2) L'ouverture sans protection. Pendant l'ouverture, , et le terme inductif domine largement le terme résistif :

La loi des mailles dans la maille générateur–interrupteur–bobine donne la tension entre les contacts de l'interrupteur : , onze fois la tension d'alimentation. Le signe de s'est inversé : la bobine se comporte maintenant en générateur, elle tente d'entretenir le courant qu'on lui retire (c'est Lenz, appliqué au circuit lui-même).

Si , : une coupure instantanée est impossible, puisqu'elle violerait la continuité de . Avec des contacts qui s'écartent en une microseconde, la surtension atteindrait des dizaines de kilovolts ; au-delà de la tension de claquage de l'air (environ par millimètre), une étincelle jaillit : le courant continue dans l'arc, qui dissipe l'énergie de la bobine et use les contacts. C'est aussi le principe de la bobine d'allumage des moteurs à essence.

3) Avec la résistance de décharge. Après l'ouverture, le générateur et l'interrupteur sont hors circuit ; il reste une seule maille : la bobine fermée sur . Par continuité, le courant dans la bobine vaut encore A à l'instant , et il circule toujours de vers dans la bobine — il revient donc de vers dans . La loi d'Ohm pour , parcourue de vers , donne

La tension aux bornes de la bobine passe donc brutalement de V à V : elle est discontinue, ce qui est permis (c'est le courant qui est continu, pas la tension). La surtension est finie et maîtrisée : quatre fois , au lieu de l'étincelle.

4) La décharge et le bilan. Dans la maille bobine–, avec orienté de vers dans la bobine, la tension est d'une part , d'autre part . Donc

Multiplions l'équation par et intégrons de à l'infini :

Toute l'énergie magnétique stockée est dissipée par effet Joule, répartie entre et au prorata des résistances (elles sont parcourues par le même courant). La part dissipée dans vaut

5) Le choix de . La surtension vaut et la durée de la décharge . Un grand décharge vite, mais avec une forte surtension ; dans la limite , on retrouve la situation sans protection et l'étincelle. Un petit limite la surtension, mais la décharge est lente, et, interrupteur fermé, consomme en permanence W. D'où, en pratique, la diode de roue libre : bloquée en fonctionnement normal, passante à l'ouverture.

Ce que l'exercice installe. La continuité du courant dans une bobine, justifiée par l'énergie, comme outil de calcul des conditions juste après une commutation ; la tension, elle, peut sauter. Le bilan énergétique sur un schéma équivalent : l'énergie stockée finit intégralement en chaleur, quelle que soit la résistance de décharge. Et un réflexe d'ingénieur : on ne coupe jamais le courant d'une charge inductive sans lui offrir un chemin.

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