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électricité (PTSI) · Chapitre 1 · Application directe du cours

Combien d'équations, quelles inconnues ?

Charge, courant, tension : les circuits dans l'ARQS · niveau 2

Énoncé

Un réseau électrique est formé de nœuds reliés par branches ; chaque branche contient un dipôle dont la relation entre tension et intensité est connue (résistance, source idéale de tension…). Le réseau est d'un seul tenant (on peut aller de tout nœud à tout autre en suivant des branches).

1) On considère le pont suivant : quatre nœuds , , , ; une source entre et ; des résistances entre et , et , et , et ; un appareil de mesure (une résistance) entre et . Compter les nœuds et les branches. On prend pour inconnues les intensités de branche : combien d'équations faut-il ? Écrire les lois des nœuds en , , et , et montrer qu'elles ne sont pas indépendantes.

2) Dans un réseau quelconque, montrer que les lois des nœuds ont une somme identiquement nulle, et admettre qu'en retirer une suffit à les rendre indépendantes. Combien de lois des mailles indépendantes faut-il alors ? On admet le résultat suivant : on peut choisir branches, appelées un arbre, qui relient tous les nœuds sans former aucune boucle ; chacune des autres branches ferme alors exactement une maille avec des branches de l'arbre. En déduire le nombre de mailles indépendantes, et le vérifier sur le pont.

3) Deux autres choix d'inconnues sont possibles. (a) On attribue un courant de maille à chacune des mailles indépendantes, le courant d'une branche étant la somme algébrique des courants de maille qui la parcourent : quelle loi est alors automatiquement satisfaite, et combien reste-t-il d'équations ? (b) On prend pour inconnues les potentiels des nœuds, l'un d'eux étant fixé à zéro : quelle loi est automatiquement satisfaite, et combien reste-t-il d'équations ?

4) Faire le décompte des trois méthodes pour le pont, puis pour un réseau de nœuds où chaque nœud est relié à chacun des quatre autres. Quel est le meilleur choix dans chaque cas ?

Corrigé

La stratégie. Avant de résoudre, on compte : un système bien posé a autant d'équations indépendantes que d'inconnues. Le compte dépend du choix des inconnues, et un bon choix rend l'une des deux lois de Kirchhoff automatiquement vraie.

1) Le pont. Quatre nœuds (), six branches () : (la source), , , , et (l'appareil). Avec les six intensités de branche pour inconnues, il faut six équations indépendantes. On oriente chaque branche dans l'ordre où elle est écrite ( de vers , de vers , etc.) et l'on compte positivement les courants entrants :

En les additionnant, chaque intensité apparaît deux fois, une fois entrante (au nœud d'arrivée de sa branche) et une fois sortante (au nœud de départ) : la somme est identiquement nulle. La loi en est donc conséquence des trois autres ; on n'a que trois lois des nœuds indépendantes.

2) Le cas général. L'argument est le même : chaque branche relie deux nœuds, et son intensité figure avec le signe dans la loi d'un nœud et avec le signe dans celle de l'autre. La somme des lois est nulle, et l'on garde lois indépendantes. Il manque équations, qui doivent venir des lois des mailles. Le résultat sur l'arbre les fournit : l'arbre a branches ; chacune des branches restantes ferme une maille avec l'arbre, et cette maille est la seule, parmi celles qu'on fabrique ainsi, à contenir cette branche — les lois correspondantes sont donc indépendantes, puisque chacune fait intervenir une tension absente de toutes les autres. Il y a mailles indépendantes. Pour le pont : ; on peut prendre par exemple les mailles , et fermée par la source. Au total, : exactement le nombre d'inconnues.

Le point délicat. Écrire toutes les mailles qu'on voit sur un schéma donne trop d'équations, dont certaines sont des combinaisons des autres ; écrire toutes les lois des nœuds aussi.

3) Deux autres choix d'inconnues.

(a) Courants de maille. Dans chaque branche, le courant est la somme algébrique des courants des mailles qui la contiennent. En un nœud, chaque courant de maille qui y passe entre par une branche et sort par une autre : il s'élimine. La loi des nœuds est automatiquement vérifiée, et il reste les lois des mailles, pour inconnues.

(b) Potentiels de nœuds. Si l'on se donne un potentiel en chaque nœud, chaque tension de branche est une différence de potentiels, et la somme des tensions le long d'une maille revient à son point de départ : , quelle que soit la valeur des potentiels. La loi des mailles est automatiquement vérifiée (c'est la relation de Chasles). Il reste les lois des nœuds indépendantes, pour inconnues (un nœud sert de référence). Chaque courant de branche s'écrit à l'aide des potentiels de ses deux extrémités grâce à la relation tension-intensité de son dipôle.

4) Le décompte. Pour le pont : courants de branche, courants de maille, potentiels — égalité entre les deux dernières méthodes. Pour le réseau complet à nœuds, le nombre de branches est le nombre de paires de nœuds, : courants de branche, courants de maille, potentiels. Les potentiels l'emportent nettement dès que les nœuds sont très reliés ; les courants de maille l'emportent au contraire quand le réseau a beaucoup de nœuds et peu de boucles (une chaîne de dipôles en série).

Ce que l'exercice installe. On choisit ses inconnues avant de calculer, et l'on compte les équations indépendantes : lois des nœuds, lois des mailles. Chaque méthode rend une loi automatique — les courants de maille la loi des nœuds, les potentiels la loi des mailles. C'est ce compte qui dit, devant un circuit, par où commencer.

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