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électricité (PTSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Ce que coûtent un farad et un henry

Dipôles linéaires, énergie et associations · A. Les dipôles linéaires · niveau 2

Énoncé

On donne la résistivité du cuivre , celle du nichrome , la permittivité du vide et la perméabilité du vide . On admet les trois formules suivantes, qui ne sont pas à connaître et ne servent ici qu'aux ordres de grandeur :

  • résistance d'un fil de longueur et de section : ;
  • capacité d'un condensateur plan, d'armatures de surface séparées par un isolant d'épaisseur et de permittivité relative : ;
  • inductance d'un solénoïde long de spires, de section et de longueur : .

1) Calculer la résistance d'un mètre de fil de cuivre de section (installation domestique). Le fil chauffant d'un grille-pain de sous a une résistance de ; il est en nichrome, de diamètre : quelle est sa longueur ? Pourquoi néglige-t-on la résistance des fils de liaison dans un circuit ?

2) Calculer la capacité d'un condensateur plan à air () d'armatures de distantes de . Quelle surface d'armature faut-il pour obtenir avec un film isolant de () ? pour avec une couche d'oxyde de (), comme dans un condensateur électrolytique ? Comment loge-t-on de telles surfaces dans un composant de quelques centimètres cubes ?

3) Dans un supercondensateur, l'électrode est un charbon actif qui offre une surface de par gramme, et l'isolant est une « double couche » d'ions d'épaisseur (). Estimer la capacité par gramme de charbon, puis la masse de charbon d'une cellule de .

4) Un solénoïde compte spires sur une longueur , avec un diamètre de . Calculer . Le fil de cuivre a un diamètre de : calculer sa longueur, sa résistance , puis le rapport . Quelle est la dimension de ce rapport ?

Corrigé

La stratégie. Trois formules données, quatre applications numériques : l'intérêt n'est pas le calcul mais ce qu'il révèle. On garde à chaque fois une puissance de dix en tête et l'on se demande quelle grandeur géométrique il faut pousser à l'extrême pour obtenir une valeur « usuelle ».

1) Les résistances. Pour le fil de cuivre, : Pour le fil chauffant, la section vaut , et la longueur nécessaire est d'où l'enroulement en zigzag du grille-pain. Homogénéité : donne bien des ohms.

Les fils de liaison d'un montage de travaux pratiques font quelques dizaines de centimètres et quelques milliohms : devant des résistances de l'ordre du kiloohm, ils sont négligeables d'un facteur ou . C'est ce qui justifie le modèle du fil idéal, équipotentiel. Il cesse d'être valable quand le circuit lui-même ne contient que des fractions d'ohm, comme le démarreur d'une voiture.

2) Les capacités. Pour le condensateur à air : Le farad est une unité énorme : une capacité de taille humaine se compte en picofarads. Pour obtenir avec un film de : et pour avec d'oxyde : .

On loge ces surfaces de deux façons : en enroulant de longues bandes de film métallisé (condensateurs à film), et en gravant la feuille d'aluminium de l'électrolytique pour multiplier sa surface réelle par un facteur de l'ordre de cent. La seconde clé est l'épaisseur : l'oxyde, de quelques nanomètres, gagne un facteur sur l'air de la question précédente.

3) Le supercondensateur. Un gramme de charbon offre : et une cellule de demande de charbon. L'ordre de grandeur est le bon : les cellules commerciales de pèsent environ un demi-kilogramme, boîtier, électrolyte et collecteurs compris. Le point délicat : une cellule réelle a deux électrodes, donc deux doubles couches en série, ce qui divise la capacité par deux à masse donnée ; l'estimation reste un ordre de grandeur, et c'est tout ce qu'on lui demande.

4) Le solénoïde. La section vaut : Le fil fait ; sa section vaut , d'où Homogénéité : d'après , un henry est un , c'est-à-dire un : le rapport est un temps. Ce sera la constante de temps d'un circuit comportant cette bobine, au chapitre suivant.

Ordre de grandeur et conclusion physique. Une bobine réelle de quelques dizaines de millihenrys a nécessairement une dizaine d'ohms de fil : le modèle de la bobine idéale est une approximation, et il faut presque toujours lui adjoindre une résistance en série. Un condensateur de quelques microfarads, lui, est très proche du modèle idéal.

Ce que l'exercice installe. Les ordres de grandeur des composants ne s'apprennent pas par cœur : ils se retrouvent par la géométrie. Le farad est énorme, ce qui explique les picofarads des câbles et des circuits intégrés ; un millihenry demande des centaines de spires ; une bobine réelle a une résistance. Et toute relation se contrôle par l'homogénéité : et, on le verra, sont des temps.

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