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électricité (PTSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Le réseau R-2R

Dipôles linéaires, énergie et associations · D. Associations et diviseurs · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un réseau comporte nœuds . Deux nœuds consécutifs et sont reliés par une résistance . Chaque nœud est relié à la masse par une résistance , qu'on appelle la branche ; le dernier nœud est en outre relié à la masse par une seconde résistance , dite de terminaison. Une source idéale impose .

1) Montrer que la résistance vue depuis vers la masse vaut . Puis montrer, de proche en proche, que pour tout la partie du réseau située « en aval » de (la résistance qui va de à et tout ce qui suit) a une résistance , et que l'ensemble vu de chaque nœud vers la masse a une résistance .

2) En déduire, par un diviseur de courant à chaque nœud, que le courant dans la branche vaut , et que .

3) On recueille les courants de certaines branches seulement, selon les chiffres d'un nombre écrit en binaire : la branche est envoyée vers une sortie maintenue au potentiel de la masse si , directement vers la masse sinon. Que vaut le courant total recueilli ? Pourquoi ce réseau n'utilise-t-il que deux valeurs de résistance ?

4) On considère maintenant une échelle infinie : une résistance en série, puis une résistance en dérivation vers la masse, et ainsi de suite indéfiniment. Par un argument d'autosimilarité, montrer que sa résistance d'entrée vérifie et la calculer.

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. L'association de deux résistances en série et en parallèle, le diviseur de courant . La stratégie : commencer par le bout, là où le réseau est le plus simple, et remonter. Un réseau qui paraît demander équations se résout en associations de deux résistances.

1) Les résistances vues. Au dernier nœud , deux résistances sont en parallèle vers la masse (la branche et la terminaison) : Remontons d'un cran. Vu de , la partie aval est la résistance vers en série avec la résistance que l'on vient de trouver : elle vaut . Elle est en parallèle avec la branche , qui vaut aussi : l'ensemble vu de vers la masse vaut encore . La situation se reproduit à l'identique : si l'ensemble vu de vaut , alors la partie aval de vaut , et l'ensemble vu de vaut . Par récurrence descendante, la propriété vaut pour tous les nœuds, et en particulier la source voit une résistance : elle débite .

2) La division par deux. À chaque nœud (), le courant qui arrive se partage entre deux résistances égales, pour la branche et pour la partie aval : par le diviseur de courant, il se divise en deux moitiés égales. Au nœud , le courant donne dans la branche et autant vers l'aval ; au nœud , ce dernier se divise encore, d'où , et ainsi de suite : Au dernier nœud, le partage se fait entre la branche et la terminaison, encore deux résistances : obéit à la même loi. Contrôle : le courant de la source vaut plus le courant de terminaison, égal à ; la somme vaut , ce qui est cohérent avec la question 1. Pour et , la méthode des potentiels de nœuds donne numériquement ; ; ; .

3) Le convertisseur. Le point délicat est le potentiel de la sortie : elle est maintenue au potentiel de la masse, si bien que chaque branche a toujours une extrémité au potentiel nul, qu'elle soit aiguillée vers la sortie ou vers la masse. Les courants ne dépendent donc pas des aiguillages, et le courant recueilli vaut proportionnel au nombre binaire (le chiffre ayant le plus grand poids). C'est le principe d'un convertisseur numérique-analogique. Maintenir la sortie à la masse tout en recueillant le courant demande un circuit actif, qui n'est pas étudié ici.

Pourquoi deux valeurs seulement ? Un convertisseur à poids binaires directs demanderait les résistances , , , …, : pour , un rapport de entre la plus grande et la plus petite, impossible à fabriquer avec la précision requise. Avec le réseau R-2R, il suffit que les résistances soient égales entre elles, ce que la gravure simultanée sur une même puce assure très bien ; leur valeur absolue importe peu, car seul le rapport sur compte.

4) L'échelle infinie. Si l'on retire la première cellule (la résistance série et la résistance en dérivation ), ce qui reste est encore une échelle infinie identique, de résistance . Le réseau complet est donc : en série avec l'association parallèle de et de , En multipliant par : , dont la seule racine positive est le nombre d'or. Homogénéité et encadrement : est une résistance, et elle est comprise entre (première résistance seule) et (première cellule seule, en coupant le reste), ce qui est cohérent.

Ce que l'exercice installe. Associer de proche en proche, en partant du bout : c'est la méthode la plus rapide pour un réseau en échelle, et elle donne au passage la répartition des courants par des diviseurs successifs. L'autosimilarité, elle, transforme un réseau infini en une équation : on la retrouvera pour les lignes de transmission et les filtres en cascade.

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