électricité (PTSI) · Chapitre 3 · Application directe du cours
Établissement du courant dans une bobine : le bilan de puissance
Le circuit linéaire du premier ordre · niveau 2
Énoncé
Un électroaimant est modélisé par une bobine idéale en série avec une résistance . On le branche à , par un interrupteur, sur un générateur idéal . Le courant est compté dans le sens où le générateur débite.
1) Établir l'équation vérifiée par ; donner , et le courant final .
2) Multiplier la loi des mailles par . Identifier chaque terme et écrire le bilan de puissance instantané.
3) Exprimer la puissance reçue par la bobine. Montrer qu'elle passe par un maximum, dont on donnera l'instant et la valeur. Pourquoi est-elle nulle à et à ?
4) Calculer, entre et , l'énergie fournie par le générateur, l'énergie stockée par la bobine et l'énergie dissipée par effet Joule.
5) En régime permanent, comparer la puissance dissipée à l'énergie stockée. Peut-on parler, comme pour la charge d'un condensateur, d'un « rendement de » ?
6) Vérifier l'homogénéité de et de la puissance maximale trouvée au 3).
Corrigé
La stratégie. Un bilan d'énergie s'obtient toujours de la même façon : on multiplie la loi des mailles (des tensions) par le courant, et chaque terme devient une puissance. On regarde alors non seulement les totaux, mais la façon dont chaque puissance évolue dans le temps.
1) Le courant. Loi des mailles : , soit . Avec (continuité du courant dans la bobine) :
2) Le bilan de puissance. En multipliant par :
Le terme est la puissance fournie par le générateur ; la puissance dissipée par effet Joule ; la puissance reçue par la bobine, qui sert à augmenter son énergie magnétique. À chaque instant : puissance fournie puissance dissipée variation de l'énergie stockée.
3) La puissance reçue par la bobine. Posons ; alors et , d'où
puisque . La fonction est maximale en , où elle vaut . Donc
À , le courant est nul, donc la puissance aussi, bien que y soit maximale ; à , le courant ne varie plus, donc l'énergie stockée non plus. Entre les deux, la bobine absorbe de l'énergie, au plus vite quand le courant a atteint la moitié de sa valeur finale. (On reconnaît le résultat du transfert maximal de puissance : la bobine reçoit le plus quand la tension se partage à parts égales entre elle et la résistance, .)
4) Les énergies sur . Avec :
La bobine a déjà reçu de son énergie finale , mais la résistance a dissipé sept fois plus.
5) Pas de « rendement ». En régime permanent, la résistance dissipe en permanence, et l'énergie de la bobine reste fixée à . Au bout d'une seconde, le générateur a fourni pour en stocker ; au bout d'une minute, . Le rapport tend vers zéro, et il n'a aucun sens : on ne branche pas un électroaimant pour stocker de l'énergie, mais pour maintenir un courant, donc un champ magnétique, qui coûte tant qu'il dure. La différence avec le condensateur est structurelle : en régime permanent, le condensateur ne laisse passer aucun courant et ne coûte plus rien ; la bobine laisse passer tout le courant, et la résistance associée le fait payer. (C'est pourquoi les électroaimants des appareils d'IRM sont supraconducteurs : avec , maintenir le champ ne coûte plus rien.)
6) Homogénéité. : est bien un temps. : est bien une puissance.
Ce que l'exercice installe. Le bilan de puissance instantané , obtenu en multipliant la loi des mailles par — la méthode servira pour le circuit RLC, puis pour le couplage électromécanique en fin d'année. Et l'idée qu'un « rendement » n'a de sens que si l'on sait ce qu'on veut obtenir : stocker une énergie ou entretenir un état.
100 % gratuit
La suite du chapitre est sur Adloun
- 20 autres exercices corrigés dans ce chapitre, et 7 à chercher avec le tuteur
- Les 2 QCM du chapitre, le premier sans compte
- Le podcast et la vidéo du chapitre et la correction filmée du TD : 2 minutes sans compte
- Le tuteur, qui guide pas à pas sans donner la réponse
Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.