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électricité (PTSI) · Chapitre 7 · Exercice de TD

Le canon électromagnétique

Champ magnétique et forces de Laplace · B. La force de Laplace · niveau 2

Énoncé

Un canon électromagnétique (« railgun ») est formé de deux rails conducteurs rectilignes et parallèles, de longueur , distants de . Un projectile conducteur de masse ferme le circuit entre les rails et glisse sans frottement. Un générateur branché à l'arrière impose un courant , supposé constant : le courant part par le rail supérieur, traverse le projectile perpendiculairement aux rails, et revient par le rail inférieur. Le champ subi par le projectile est créé par le courant des rails eux-mêmes ; il est perpendiculaire au plan des rails, et l'on prend pour sa valeur moyenne au niveau du projectile (valeur de modèle).

1) Déterminer le sens du champ au niveau du projectile, puis celui de la force de Laplace. Ce sens dépend-il du sens du courant ? Comparer au cas d'un champ créé par un aimant.

2) Calculer la force et l'accélération du projectile (en multiples de ).

3) La force étant supposée constante, calculer la vitesse de sortie et la durée du tir.

4) Exprimer la puissance des forces de Laplace en fonction du temps ; valeurs moyenne et maximale. Vérifier que le travail de la force égale l'énergie cinétique finale ; comparer cette énergie à des références familières.

5) Les rails parcourus par des courants opposés exercent l'un sur l'autre une force : l'estimer par unité de longueur en les assimilant à deux fils infinis distants de . Pourquoi un tel canon est-il si difficile à réaliser ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La résultante sur une barre en champ uniforme, (avec la valeur moyenne de ), la puissance , le principe fondamental de la dynamique et le théorème de l'énergie cinétique. La stratégie : orienter avec soin, puis enchaîner les grandeurs mécaniques.

1) Les sens. est le long des rails, du générateur vers la bouche ; le rail supérieur est en , l'inférieur en ; sort du plan des rails.

Le champ. Le rail supérieur porte selon ; en un point situé sous lui, la main droite donne un champ selon . Le rail inférieur porte selon ; en un point au-dessus de lui, son champ est aussi selon . Entre les rails, .

La force. Dans le projectile, le courant va selon : le projectile est poussé vers la bouche du canon.

Le sens du courant n'y fait rien. Inverser le courant inverse aussi le champ des rails, proportionnel à : la force, proportionnelle à donc à , garde son sens. Avec un champ d'aimant, au contraire, ne dépend pas de et la force change de sens avec le courant — c'est ce qui fait vibrer la membrane d'un haut-parleur.

Le point délicat. Le champ des rails est bien un champ subi par le projectile : il est créé par d'autres portions du circuit. Et le circuit entier, lui, ne subit aucune résultante de la part de son propre champ, car les forces qu'exercent ses portions les unes sur les autres sont des forces intérieures, qui se compensent deux à deux : si le projectile est poussé vers l'avant, le reste du circuit l'est vers l'arrière. C'est le recul.

2) Force et accélération. le poids d'une centaine de tonnes. Le principe fondamental de la dynamique, dans le référentiel des rails supposé galiléen (poids et réaction se compensent), donne

3) Vitesse et durée. À accélération constante depuis le repos : Neuf fois la vitesse du son dans l'air, trois fois celle d'une balle de fusil, atteintes en six millisecondes.

4) Puissance et énergie. Force et vitesse sont colinéaires et de même sens : la puissance croît linéairement — la force est constante, mais s'exerce sur un projectile de plus en plus rapide. Elle vaut au maximum , en moyenne la moitié, . Le travail vaut , et le théorème de l'énergie cinétique donne bien .

Comparaisons. Dix mégajoules : une voiture d'une tonne à , ou l'énergie d'environ de TNT. La puissance moyenne dépasse celle d'un réacteur de centrale — pendant six millisecondes.

5) Pourquoi c'est si difficile. Chaque rail est plongé dans le champ de l'autre ; la règle de la main droite et montrent que deux courants parallèles opposés se repoussent (de même sens, ils s'attireraient). Les rails s'écartent donc avec la force linéique deux cents tonnes-force par mètre de rail : c'est la même force de Laplace entre les mêmes courants que celle qui pousse le projectile. S'y ajoutent l'effet Joule d'un million d'ampères dans un contact glissant, qui érode les surfaces à chaque tir, et le stockage de plus de dix mégajoules à libérer en quelques millisecondes.

Ce que l'exercice installe. La puissance de la force de Laplace est une puissance mécanique comme une autre : elle se recoupe avec le théorème de l'énergie cinétique, et c'est elle que la conversion électromécanique prélèvera sur le circuit. Et une distinction : champ créé par le courant même qui le subit, force en et de sens fixe ; champ d'aimant, force en qui change de sens avec lui.

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