Adloun

La Lune et les naissances

Exercice supplémentaire · niveau 2 · enseignement scientifique (première), chapitre 10 — La Terre dans l'Univers

Énoncé

Une sage-femme affirme qu'il naît davantage d'enfants les soirs de pleine lune. 1. Proposer un protocole pour tester cette affirmation. 2. Quelle taille d'échantillon paraît nécessaire ? 3. L'attraction de la Lune sur un corps humain est-elle un mécanisme plausible ? 4. Le cycle menstruel moyen dure jours et la lunaison : cette coïncidence est-elle un argument ? 5. Si les études ne trouvent rien, pourquoi la croyance persiste-t-elle ?

Corrigé

1. Recueillir les dates et heures de toutes les naissances d'un ou plusieurs départements sur plusieurs années, calculer la phase lunaire correspondante, puis comparer le nombre moyen de naissances par jour selon la phase. Points essentiels : prendre toutes les naissances et non celles dont on se souvient ; définir la phase avant de regarder les données ; et corriger les effets connus qui n'ont rien à voir avec la Lune — il naît moins d'enfants le week-end, à cause de la programmation des césariennes.

2. Il faut des centaines de milliers de naissances au minimum. Les fluctuations aléatoires d'un jour à l'autre sont de l'ordre de quelques pour cent ; pour détecter un effet plus petit, il faut un très grand nombre de cas. Les grandes études publiées portent sur plusieurs millions de naissances et ne trouvent aucun effet.

3. Non. L'effet de marée est proportionnel à la dimension du corps soumis : il fait un mètre sur un océan de dix mille kilomètres et devient totalement négligeable sur un corps de deux mètres. Un immeuble voisin exerce sur une personne une attraction plus forte que la Lune. Aucun mécanisme physique plausible n'a été proposé.

4. Non. Deux durées voisines ne constituent pas un lien de cause à effet. Le cycle varie beaucoup d'une femme à l'autre et d'un cycle à l'autre ; il n'est pas synchronisé avec la phase lunaire dans les populations étudiées ; et les autres primates ont des cycles de durées très différentes. Une coïncidence numérique appelle une vérification, pas une conclusion.

5. Par un biais de confirmation, doublé d'un biais de mémoire. Une nuit chargée coïncidant avec la pleine lune est remarquée et racontée ; une nuit chargée sans pleine lune, ou une pleine lune calme, ne le sont pas. Le professionnel de santé n'invente rien : il se souvient sincèrement, mais sa mémoire a trié. C'est précisément pour se prémunir de ce tri que la démarche scientifique impose de compter tous les cas à l'avance.

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