Le liège de Hooke
Exercice de TD · niveau 2 · enseignement scientifique (première), chapitre 3 — Une structure complexe : la cellule vivante
Énoncé
On refait aujourd'hui l'observation de Hooke : une fine tranche de liège est examinée au microscope, et l'on dénombre environ logettes sur une surface carrée de mm de côté. 1. Estimer la taille moyenne d'une logette. 2. Ce résultat est-il compatible avec l'ordre de grandeur d'une cellule végétale ? 3. Hooke a-t-il découvert la cellule vivante ? 4. Que peut-on tirer de cet exemple sur la façon dont un mot scientifique se charge de sens ?
Corrigé
1. La surface vaut mm, répartie sur logettes, soit mm chacune. Si elles sont à peu près carrées, leur côté vaut mm, soit environ m.
2. Oui : une cellule végétale mesure à m, et l'on tombe en plein dans cet intervalle. Un simple comptage sur une surface connue suffit donc à obtenir un ordre de grandeur juste, sans aucun instrument de mesure autre que le microscope et sa graduation. C'est exactement ce que pouvaient faire les observateurs du XVII<sup>e</sup> siècle.
3. Non. Le liège est un tissu mort : Hooke observe des parois vides. Il n'a vu ni membrane, ni noyau, ni cytoplasme, et n'a pas soutenu que tous les êtres vivants seraient faits de cellules. Il a nommé une structure, ce qui est déjà considérable.
4. Le mot « cellule » a d'abord désigné un vide entouré de cloisons, par analogie avec les chambres d'un monastère. Il désigne aujourd'hui un contenu vivant. Un mot scientifique n'a donc pas un sens fixé une fois pour toutes : il se charge, s'affine et parfois se déplace à mesure que la connaissance avance. Savoir d'où vient un mot évite de croire que l'on comprenait déjà tout au moment où il a été forgé.
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