Adloun

Une prédiction de passée au crible

Exercice supplémentaire · niveau 2 · enseignement scientifique (terminale), chapitre 3 — Le climat du futur

Énoncé

Le rapport Charney () concluait qu'un doublement de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone entraînerait un réchauffement compris entre et , avec une valeur centrale de . Le sixième rapport du GIEC () retient une meilleure estimation de et une fourchette probable de à . 1. Comparer les deux fourchettes : largeur, valeur centrale. 2. Certains y voient un échec — « quarante ans sans progrès ». Discuter. 3. La teneur est passée de à . Quelle fraction du doublement cela représente-t-il ? 4. Le réchauffement observé est d'environ . Est-ce cohérent avec une sensibilité de ? Quelle précaution faut-il prendre ? 5. Qu'est-ce qui, dans cet exercice, relève d'un test scientifique authentique ?

Corrigé

1. Charney : largeur , centre . GIEC : largeur , centre (au sens de la meilleure estimation). La fourchette a donc été divisée par deux, sans que la valeur centrale bouge.

2. L'interprétation « échec » confond stabilité et stagnation. Que la valeur centrale n'ait pas bougé alors que tout a changé — les ordinateurs, la résolution, les données satellitaires, les archives paléoclimatiques — est au contraire le signe d'un résultat robuste : il ne dépendait pas des moyens qui l'avaient produit. Et la fourchette, elle, s'est bien resserrée, ce qui est le progrès attendu.

3. Un doublement mènerait de à . On est à , soit la moitié du chemin en valeur absolue. Attention toutefois : l'effet du dioxyde de carbone n'est pas proportionnel à sa concentration mais approximativement à son logarithme, ce qui donne , soit environ du forçage d'un doublement.

4. Un forçage valant de celui d'un doublement, avec une sensibilité de , correspondrait à l'équilibre à . Or on observe . La précaution indispensable est la suivante : la sensibilité climatique est définie à l'équilibre, une fois que l'océan a fini de s'ajuster, ce qui prend des siècles. Le réchauffement observé aujourd'hui est donc nécessairement inférieur : une partie est encore « en attente », stockée dans l'océan. À quoi s'ajoute l'effet refroidissant des aérosols émis par les mêmes activités. L'accord est donc bon — mais on ne peut pas le vérifier par une simple division.

5. Le fait que la prédiction ait été publiée et datée avant les observations qui la testent. C'est la seule manière de tester une science prédictive : formuler à l'avance, puis attendre. Toute évaluation faite après coup, en ajustant les hypothèses, ne prouverait rien.

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