Adloun

Le choix nucléaire français

Exercice supplémentaire · niveau 2 · enseignement scientifique (terminale), chapitre 6 — Énergie, choix de développement et futur climatique

Énoncé

1. Dans quel contexte le programme électronucléaire français a-t-il été lancé, et pourquoi ? 2. Citer trois conséquences favorables et trois conséquences défavorables ou incertaines. 3. On lit : « le nucléaire est une énergie renouvelable ». Corriger. 4. Pourquoi la question des déchets ne se règle-t-elle pas par un calcul ? 5. En quoi ce dossier illustre-t-il la notion d'inertie des systèmes ?

Corrigé

1. Après le choc pétrolier d'octobre , qui a quadruplé le prix du baril. La France ne dispose ni de pétrole ni de charbon en quantité : le motif principal était l'indépendance énergétique, non le climat, dont il n'était guère question en . Le fait qu'un choix fait pour une raison se révèle avantageux pour une autre est fréquent dans l'histoire des techniques.

2. Favorables : une électricité parmi les moins carbonées d'Europe ; une forte réduction de la dépendance aux importations d'énergie ; une production pilotable, disponible en hiver quand la demande culmine. Défavorables ou incertaines : des déchets de haute activité à gérer sur des dizaines de milliers d'années ; un risque d'accident faible mais aux conséquences territoriales durables ; une dépendance totale à l'uranium importé, une sensibilité aux sécheresses pour le refroidissement, et des durées de construction devenues très longues.

3. L'uranium est un stock, non un flux : le nucléaire n'est donc pas renouvelable. Il est en revanche bas carbone. Renouvelable et bas carbone sont deux propriétés distinctes ; la biomasse brulée sans réplantation est renouvelable en principe et pas forcément bas carbone en pratique, le nucléaire est l'inverse.

4. Parce qu'elle mêle une question technique — peut-on confiner des radionucléides pendant cent mille ans dans une couche d'argile ? — et une question qui ne l'est pas : a-t-on le droit d'engager des générations qui ne peuvent pas donner leur avis, et sur quelle base ? La première a des réponses que la géologie et la modélisation permettent d'étayer ; la seconde relève de l'éthique et de la délibération démocratique. Un calcul ne remplacera jamais une décision.

5. Un choix arrêté en détermine encore, cinquante ans plus tard, la structure du système électrique, le prix de l'électricité, les compétences industrielles disponibles et jusqu'au mode de chauffage des logements français. Les infrastructures énergétiques ont des durées de vie de plusieurs décennies : elles verrouillent des trajectoires. C'est précisément pourquoi les décisions prises aujourd'hui sur les prochaines centrales, quelle que soit leur nature, engagent la seconde moitié du XXI<sup>e</sup> siècle.

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