Adloun

Lire un faisceau de scénarios

Exercice supplémentaire · niveau 2 · enseignement scientifique (terminale), chapitre 6 — Énergie, choix de développement et futur climatique

Énoncé

On utilise la figure des trajectoires de température de ce chapitre, et l'on donne : émissions mondiales actuelles GtCO par an ; budget carbone restant estimé par le GIEC en à environ GtCO à partir de pour conserver une chance sur deux de limiter le réchauffement à C. 1. À émissions constantes, en combien d'années ce budget est-il consommé ? 2. Pourquoi les cinq courbes sont-elles confondues jusque vers ? 3. L'écart entre les courbes en mesure-t-il une incertitude scientifique ? 4. Le scénario SSP1-1.9 passe par un maximum avant de redescendre. Qu'est-ce que cela suppose ? 5. Un commentateur écrit : « Les modèles se sont trompés, puisque le réchauffement n'a pas été régulier. » Que répondre ?

Corrigé

1. ans. Le chiffre est brutal, et c'est sa fonction : il traduit un objectif de température en une contrainte de quantité.

2. Parce que le climat des deux prochaines décennies est déjà largement déterminé : par les gaz déjà émis, dont la durée de séjour se compte en décennies à siècles, et par l'inertie thermique de l'océan, qui met des décennies à s'équilibrer. Les décisions d'aujourd'hui produisent leur effet surtout après .

3. Non. Cet écart mesure la différence entre des choix humains possibles. L'incertitude scientifique proprement dite est la fourchette autour de chaque courbe, de l'ordre du degré. Confondre les deux revient à reprocher à un GPS de ne pas savoir où vous irez.

4. Il suppose une baisse très rapide des émissions dès les années , l'atteinte de la neutralité carbone vers le milieu du siècle, puis des émissions nettes négatives — c'est-à-dire le retrait actif de de l'atmosphère, par reforestation ou par des procédés industriels encore peu déployés. C'est le scénario le plus exigeant, et son réalisme est débattu.

5. Que la régularité n'a jamais été prédite. Le climat est un système où une tendance de fond se superpose à une variabilité naturelle importante (oscillations océaniques, éruptions volcaniques, cycle solaire). Les modèles reproduisent d'ailleurs cette variabilité, mais pas sa chronologie : ils ne peuvent pas dire en quelle année surviendra un épisode El Niño. Juger un modèle climatique sur une année, c'est comme juger un modèle démographique sur une naissance. On le juge sur des moyennes de vingt à trente ans — et là, les projections publiées depuis les années se sont révélées remarquablement justes.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.