Pourquoi un nouveau vaccin grippal chaque année ?
Exercice supplémentaire · niveau 2 · enseignement scientifique (terminale), chapitre 8 — L'évolution comme grille de lecture du monde
Énoncé
1. Le virus de la grippe possède à sa surface des protéines reconnues par nos anticorps. Que se passe-t-il quand une mutation modifie l'une d'elles ? 2. En quoi une population humaine largement immunisée constitue-t-elle une pression de sélection ? 3. Pourquoi le vaccin contre la rougeole, lui, n'est-il pas reformulé chaque année ? 4. Un journal titre : « le virus s'adapte au vaccin ». Reformuler. 5. En quoi limiter le nombre de contaminations limite-t-il l'apparition de nouveaux variants ?
Corrigé
1. Les anticorps produits contre la version antérieure reconnaissent moins bien la protéine modifiée. Le virus muté échappe donc partiellement à l'immunité acquise et se transmet mieux dans une population déjà exposée.
2. Parce qu'elle élimine préférentiellement les virus reconnus. Les variants qui échappent aux anticorps laissent plus de descendants : c'est exactement la définition d'une pression de sélection. L'immunité collective ne supprime pas le virus, elle trie ses variants.
3. Parce que le virus de la rougeole mute beaucoup moins dans les régions reconnues par les anticorps, et surtout parce que ces régions sont contraintes : les modifier compromettrait l'entrée du virus dans nos cellules. Un caractère peut être sous sélection immunitaire et rester stable si toute variation a un cout fonctionnel élevé. Comparer grippe et rougeole montre bien que ce n'est pas « le virus » en général qui évolue vite, mais tel virus sur tel caractère.
4. « Le virus s'adapte » suggère une intention. Formulation correcte : « parmi les variants apparus au hasard, ceux qui échappent aux anticorps induits par le vaccin se transmettent mieux et deviennent majoritaires ». Le sujet actif de la phrase doit être la sélection, pas le virus.
5. Chaque transmission est l'occasion de milliards de réplications, donc de mutations. Réduire le nombre d'infections réduit proportionnellement le nombre de mutations engendrées, donc la probabilité qu'apparaisse un variant capable d'échapper à l'immunité. C'est un argument évolutionniste — et non seulement clinique — en faveur des mesures de prophylaxie.
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