Un arbre a exactement arêtes
Exercice · niveau 2 · informatique (MP2I/MPI), chapitre 13 — Le modèle des graphes
Énoncé
La remarque du chapitre l'affirme sans le démontrer.
- Démontrer qu'un arbre — graphe non orienté connexe et acyclique — à sommets a exactement arêtes.
- La réciproque est-elle vraie ? Un graphe à arêtes est-il un arbre ?
Corrigé
1. La démonstration, par récurrence forte sur .
Base : . Un seul sommet, pas d'arête possible sans boucle — et une boucle est un cycle. Donc .
Hérédité. Soit un arbre à sommets.
Étape a : possède une feuille, c'est-à-dire un sommet de degré . Considérons un chemin de longueur maximale parmi ceux qui ne répètent aucun sommet : . Il en existe, car ces chemins sont en nombre fini et il y en a au moins un — un sommet isolé est un chemin de longueur —, et par connexité puisque . Le sommet n'a pas d'autre voisin que : un voisin serait soit hors du chemin, et l'on rallongerait le chemin, contredisant la maximalité ; soit un avec , et serait un cycle. De plus par connexité (). Donc .
Étape b : retirons et son unique arête. Le graphe obtenu a sommets ; il reste acyclique — on n'ajoute rien —, et il reste connexe, car tout chemin entre deux sommets de qui passerait par y entrerait et en sortirait par la même arête, ce qui est impossible dans un chemin. est donc un arbre, et par hypothèse de récurrence il a arêtes. D'où .
2. La réciproque est fausse, et le contre-exemple est instructif : prenons un triangle plus un sommet isolé . On a et , et ce n'est ni connexe ni acyclique.
Mais deux réciproques partielles tiennent, et elles sont la manière normale d'employer ce résultat. Pour un graphe à sommets et arêtes :
- connexe arbre : s'il avait un cycle, on pourrait retirer une arête du cycle sans rompre la connexité, obtenant un graphe connexe à arêtes ; or un graphe connexe a au moins arêtes, contradiction ;
- acyclique arbre : une forêt à sommets et composantes a arêtes — appliquer le point 1 à chaque composante —, donc .
La formulation à retenir : parmi les graphes à sommets, « connexe », « acyclique » et « arêtes » sont trois conditions dont deux quelconques entraînent la troisième. C'est la caractérisation qu'on emploie en pratique : pour vérifier qu'un graphe est un arbre, on compte ses arêtes et on teste une seule des deux autres propriétés — l'une des deux suffit, et le comptage est en .
Ce résultat sert immédiatement au chapitre chap:parcours : un parcours en profondeur d'un graphe connexe produit un arbre couvrant, et le comptage est ce qui garantit que l'on a bien un arbre et non une forêt.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.