Bacon et Descartes ne disent pas la même chose
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 5 — La révolution scientifique : mesurer plutôt que qualifier
Énoncé
Les deux veulent refonder la méthode et rompre avec la scolastique. En quoi leurs méthodes sont-elles pourtant opposées ? Que garde la science d'aujourd'hui de chacune ?
Corrigé
Bacon monte. Il part des faits, les range en tables — présence, absence, degrés — élimine par exclusion, et remonte vers la loi. C'est l'induction, et sa force est de ne rien supposer d'avance ; sa faiblesse est qu'aucune accumulation de cas ne prouve jamais une loi universelle.
Descartes descend. Il part d'une évidence, réduit le composé au simple, et déduit de proche en proche en gardant à chaque pas la même certitude. Sa force est la rigueur de l'enchaînement ; sa faiblesse est que tout dépend du point de départ, et sa physique des tourbillons en a fait les frais.
Ce que la science garde des deux. Elle est hypothético-déductive : on part d'une hypothèse et l'on en déduit rigoureusement une conséquence mesurable — c'est Descartes ; puis on va la confronter à un dispositif conçu pour la démentir — c'est Bacon. Aucune des deux moitiés ne suffit.
L'usage en dissertation : quand un sujet oppose « expérience » et « raison », la meilleure copie montre que la science moderne n'a pas choisi, et explique pourquoi elle ne pouvait pas choisir.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.