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Problème : la méthode de Newton converge quadratiquement

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PCSI), chapitre 9 — Analyse asymptotique · F. Problèmes asymptotiques

Énoncé

Soit un intervalle ouvert, de classe et tel que et ( est une racine simple de ). On pose là où , et l'on étudie la suite de Newton définie par et ; on note .

1) Montrer qu'il existe tel que et que ne s'annule pas sur . Vérifier que et que, pour ,

2) À l'aide de la formule de Taylor–Young (à l'ordre pour , à l'ordre pour ), montrer que , puis que Qu'est devenu le terme d'ordre ?

3) En déduire qu'il existe et tels que pour . Montrer que, si , la suite est bien définie, reste dans , et vérifie pour tout .

4) On suppose de plus et pour tout . Montrer que , et expliquer pourquoi le nombre de décimales exactes double environ à chaque itération.

5) Applications. Pour la méthode de Héron, : calculer et comparer à l'identité exacte . Pour et , les rapports valent successivement environ ; ; ; : vers quelle limite, et pourquoi le premier est-il loin du compte ?

6) Racine double. On suppose maintenant , avec de classe sur et . Montrer que quand : la convergence n'est plus que géométrique, de raison . Exemple : , à partir de . Énoncer le théorème obtenu.

Corrigé

1) Un intervalle où tout est défini. est continue et : il existe tel que pour , et, étant ouvert, on peut prendre assez petit pour que . Sur , : ne s'annule pas et est définie. Ensuite : la racine est un point fixe de . Enfin, en réduisant au même dénominateur, .

2) Le terme d'ordre disparaît. Par Taylor–Young à l'ordre pour (de classe , avec ) et à l'ordre pour (de classe ) : et En soustrayant : . Par le 1), on divise par , qui tend vers : Le terme d'ordre s'est détruit : figurait dans et dans avec le même coefficient. C'est toute l'idée de Newton : remplacer par sa tangente, c'est reproduire exactement sa partie d'ordre , si bien que l'erreur commise est d'ordre . Autrement dit, .

3) Une majoration, puis la convergence. D'après le 2), quand . Une fonction qui a une limite finie est bornée au voisinage du point : il existe tel que ce quotient soit, en valeur absolue, au plus pour ; l'inégalité étant triviale en , (L'inégalité de Taylor–Lagrange, que donnera le chapitre sur l'intégration, n'est pas nécessaire : un quotient qui a une limite est borné.)

Supposons et montrons par récurrence que est défini, que et que . Au rang , c'est l'hypothèse. Si c'est vrai au rang , alors , est défini, et En particulier : la suite de Newton converge vers dès que est assez proche de — et vite, puisque est inférieur à dès .

4) L'équivalent, et les décimales. On suppose , donc , et . Comme , on compose le développement du 2) avec la suite : donc . Si , alors : le nombre de décimales exactes double à chaque itération, à la constante près, négligeable dès que est grand. C'est la convergence quadratique.

5) Deux exemples. Héron : , , , , donc . Ici , et le calcul exact de l'exercice résolu du chapitre sur les suites consacré à Héron donne , soit : le rapport tend vers . Le théorème et le calcul exact disent la même chose ; à partir de , ce rapport vaut ; ; ; .

La racine cubique de : , , , , donc : c'est la limite des rapports observés. Pourquoi le premier en est-il loin ? En utilisant , un calcul exact donne , donc qui ne vaut qu'à la limite. Au départ, et : l'erreur n'est pas petite, le reste pèse, et le rapport vaut . L'équivalent est asymptotique : il décrit la vitesse près de la racine, pas le premier pas. Les nombres de décimales exactes successifs valent environ ; ; ; ; ; : ils doublent.

6) La racine double. Avec , on a , et pour assez petit : Par continuité de et de en , la fraction tend vers — c'est ici que sert , qui assure aussi que le dénominateur ne s'annule pas près de . Donc Le terme d'ordre ne disparaît plus : , et l'on retombe sur un point fixe attractif ordinaire. Pour assez proche de , , donc , et : convergence géométrique de raison , une décimale toutes les trois ou quatre itérations au lieu d'un doublement. L'exemple : , , ; le calcul exact donne , et à partir de les rapports valent ; ; ; ; .

Le théorème obtenu — la convergence quadratique de la méthode de Newton. Soit de classe sur un intervalle ouvert , et une racine simple de (, ). Il existe et tels que, pour tout vérifiant , la suite de Newton soit bien définie, converge vers et vérifie ; si de plus (et ), alors : le nombre de décimales exactes double à chaque itération. En une racine double, la convergence n'est plus que géométrique, de raison .

Ce que le problème installe. La vitesse d'une suite récurrente se lit sur le développement de au point fixe : donne une convergence géométrique ; une convergence quadratique (Newton en une racine simple) ; une convergence lente (les sinus itérés de l'exercice 9). Les trois vitesses du programme sont désormais démontrées, et non plus observées. C'est l'algorithme des logiciels qui résolvent , avec ses deux précautions : partir près de la racine, se méfier des racines multiples.

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