Problème — Une épidémie, des générations aux jours
Application directe du cours · niveau 2 · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 12 — Thème 2 — Modèles d'évolution
Énoncé
Problème — Une épidémie, des générations aux jours.
Dans une commune, une épidémie démarre avec cas. Chaque malade en contamine en moyenne autres, et il s'écoule en moyenne jours entre le moment où l'on est contaminé et celui où l'on contamine : c'est le temps de génération. La commune compte personnes réceptives.
- Écrire le modèle discret par générations. Combien de cas à la cinquième génération, et à quelle date ?
- Écrire le modèle continu qui coïncide exactement avec le précédent aux instants de génération. Calculer le temps de doublement.
- Quand la barre des cas est-elle franchie, selon chaque modèle ?
- Que prévoit le modèle exponentiel au soixantième jour ? Qu'en penser ?
- On corrige en tenant compte de l'épuisement des personnes à contaminer : . Estimer la valeur au jour par la méthode d'Euler.
- À quel moment le nombre de nouveaux cas par jour est-il maximal ?
Corrigé
- Le modèle par générations. En notant le nombre de cas de la génération , avec , donc . À la cinquième génération,
au jour — car une génération dure jours.
- Le modèle continu. On veut , c'est-à-dire (proposition du paragraphe 1), d'où
Le temps de doublement est jours.
- Cent cas. Modèle discret : équivaut à , soit , donc : la troisième génération, au jour, avec cas. Modèle continu : jours.
Les deux disent la même chose — le discret ne sait simplement pas parler des jours intermédiaires.
- Le soixantième jour.
C'est plus que la population réceptive. Le modèle exponentiel n'est donc plus valable bien avant cette date : il suppose une réserve inépuisable de personnes à contaminer, ce qui n'est vrai qu'au tout début.
- Le modèle logistique, par Euler. Cette équation n'est pas au programme et sa résolution n'est pas exigible ; mais la méthode d'Euler ne demande jamais de savoir résoudre. En posant et en partant de :
Le résultat cesse de bouger : environ cas, soit presque toute la population réceptive. On notera au passage que le pas est ici sans danger, puisque la condition de stabilité du paragraphe 3 demande jours.
- Le pic des nouveaux cas. Le nombre de nouveaux cas par jour est la dérivée , c'est-à-dire
Vu comme fonction de , c'est un trinôme de racines et , maximal au milieu, en . La vitesse est donc maximale quand la moitié de la population réceptive a été touchée, et elle vaut alors
Le calcul (ou la lecture de la figure) situe cet instant vers le jour. C'est le point d'inflexion de la courbe (chapitre 5) : le moment où l'épidémie cesse d'accélérer, sans cesser de croître.
Le point d'inflexion est le seul indicateur observable du retournement : il précède de plusieurs semaines la fin de l'épidémie, et il se lit sur la courbe des nouveaux cas, non sur celle du cumul. C'est pourquoi les bulletins épidémiologiques publient la première et non la seconde.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.