Problème — La France, de dix nombres à un seul
Application directe du cours · niveau 3 (difficile) · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 15 — Thème 5 — Répartition des richesses, inégalités
Énoncé
Problème — La France, de dix nombres à un seul.
On reprend les masses de niveau de vie par décile, du plus modeste au plus aisé :
- Construire les onze points de la courbe de Lorenz et vérifier que la ligne brisée obtenue est bien croissante et convexe.
- Lire : la part détenue par la moitié la plus modeste, celle détenue par le dernier décile, et le rapport des masses extrêmes.
- Calculer l'indice de Gini par la méthode des trapèzes.
- Regrouper en cinq tranches et recalculer. Justifier le sens de l'écart sans faire le calcul.
- L'indice publié par l'INSEE est . Interpréter les qui manquent.
- Le chapitre 1 modélisait ces parts par une suite géométrique. Ce modèle est-il acceptable ?
Corrigé
- Les onze points. On cumule :
La suite est strictement croissante, donc la ligne brisée l'est aussi. Les pentes des dix segments valent , c'est-à-dire
strictement croissantes : la ligne brisée est convexe. C'est bien une courbe de Lorenz. Au passage, ces dix nombres sont les revenus moyens de chaque décile en multiples de la moyenne.
- Trois lectures.
La moitié la plus modeste détient de la masse, le dernier décile à lui seul, et il pèse fois le premier.
- L'indice par trapèzes. La somme se calcule d'un coup : chaque intermédiaire y figure deux fois, et une seule fois. Donc
et
- Cinq tranches. Les parts deviennent ; ; ; ; , de cumuls ; ; ; ; , d'où . Le sens de l'écart était prévisible : regrouper deux déciles en un quintile revient à remplacer deux segments par la corde qui joint leurs extrémités. La courbe étant convexe, elle est au-dessous de cette corde ; l'aire sous la ligne brisée augmente, donc diminue, donc diminue.
- Les manquants. L'indice publié est calculé individu par individu, sans regroupement : il capte l'inégalité à l'intérieur de chaque décile. Notre calcul l'efface, en supposant implicitement que tous les membres d'un décile ont le même niveau de vie. L'écart est donc, très exactement, la mesure de cette inégalité interne — concentrée pour l'essentiel dans le dernier décile, où l'éventail est le plus large.
- Le modèle géométrique. Les rapports de deux parts consécutives, du plus riche au plus pauvre, valent
Entre les rangs 2 et 8, ils sont remarquablement constants autour de : le modèle du chapitre 1 est excellent au milieu. Mais avec , la formule du chapitre 1 donne pour le décile le plus riche, contre en réalité, et pour le plus pauvre contre .
Le modèle à un paramètre décrit bien le corps de la distribution et manque ses deux extrémités — exactement là où se joue la question des inégalités. C'est pour décrire le sommet qu'il faut un second modèle : la loi de Pareto, ajustée sur le haut de la distribution.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.