Problème — Faut-il remplacer une pièce avant qu'elle ne casse ?
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 18 — Thème 8 — Temps d'attente
Énoncé
Problème — Faut-il remplacer une pièce avant qu'elle ne casse ?
Une pièce d'un équipement industriel coûte euros à remplacer lors d'une visite programmée, mais euros lorsqu'elle casse en service — immobilisation comprise. On envisage une politique de remplacement systématique à l'âge : la pièce est changée dès qu'elle atteint années, ou plus tôt si elle casse. On note la probabilité qu'une pièce neuve tienne plus de années.
- Justifier que, sur un cycle (de la pose d'une pièce à son remplacement), le coût moyen vaut et la durée moyenne .
- La pièce s'use, avec le taux de panne . Calculer pour de à , puis le coût annuel moyen pour , et .
- Déterminer l'âge de remplacement optimal, et le comparer au coût de la politique « on attend la panne », qui revient à euros par an avec ans.
- Reprendre la question précédente pour une pièce sans mémoire de taux , de même durée de vie moyenne ans. Que constate-t-on ?
- Énoncer la règle générale que ces deux calculs suggèrent.
Corrigé
- Coût et durée d'un cycle. Un cycle se termine de deux façons : la pièce atteint l'âge intacte, ce qui arrive avec la probabilité et coûte ; ou elle casse avant, avec la probabilité , et coûte . Le coût moyen est la moyenne pondérée annoncée.
Quant à la durée du cycle, c'est le plus petit des deux nombres et . Son espérance s'obtient par la formule admise plus haut, appliquée à cette variable : elle vaut , et signifie simplement tant que , puis devient impossible. La somme s'arrête donc à .
- La pièce d'usure. Les taux valent ; ; ; ; ; , et le produit des donne
Pour :
d'où un coût annuel de euros. Les mêmes calculs donnent euros pour et euros pour .
- Optimum. Le minimum est atteint en ans, à euros par an. Attendre la panne coûterait
soit de plus. Le remplacement préventif à cinq ans est donc rentable, et le minimum est plat : de à ans le coût varie de moins de , ce qui laisse de la souplesse pour organiser les visites.
- La pièce sans mémoire. Ici . Le calcul, mené par ordinateur, donne :
Le coût décroît avec sans jamais descendre au-dessous de euros : la meilleure politique est de ne jamais remplacer préventivement. C'était prévisible : par absence de mémoire, la pièce qu'on jette a exactement la même durée de vie devant elle que la pièce neuve qui la remplace, et l'on paie euros pour rien.
- Règle générale. Le remplacement préventif n'a de sens que si le taux de panne croît avec l'âge. Le premier calcul à faire n'est donc pas un calcul de coût, mais le tracé du taux de panne âge par âge : s'il est plat, aucune politique de maintenance ne fera mieux que d'attendre.
Deux pièces de même durée de vie moyenne, deux politiques opposées et un écart de euros par pièce et par an : c'est le taux de panne, et lui seul, qui a décidé.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.