Le soutien scolaire fait-il baisser les notes ?
Application directe du cours · niveau 1 (application) · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 19 — Thème 9 — Corrélation et causalité
Énoncé
Le soutien scolaire fait-il baisser les notes ?
Dans une classe de dix élèves, on relève la moyenne du premier trimestre, puis celle du troisième. Les cinq élèves les plus faibles au premier trimestre ont été inscrits en soutien.
- Comparer les moyennes du troisième trimestre dans les deux groupes. Que conclurait un lecteur pressé ?
- Comparer maintenant les progressions.
- Laquelle des quatre lectures du chapitre 10 est ici en cause ? Quel instrument de la section 1 l'écarte ?
- Le gain de la question 2 prouve-t-il que le soutien est efficace ?
- Quel protocole permettrait de trancher ?
Corrigé
- Les moyennes finales.
Les élèves passés par le soutien ont points de moins. Un lecteur pressé conclurait que le soutien fait baisser les notes, et demanderait sa suppression.
- Les progressions. Les moyennes du premier trimestre valent et , donc
Le groupe qui a le plus faible niveau final est celui qui a le plus progressé. Les deux chiffres sont exacts, et ils racontent des histoires opposées.
- La lecture en cause. C'est la causalité inversée : ce n'est pas le soutien qui a causé le faible niveau, c'est le faible niveau qui a causé l'inscription au soutien. L'instrument qui l'écarte est la chronologie : il suffit de regarder que la variable « niveau » a été mesurée avant l'affectation, et qu'elle l'a déterminée.
- Le gain ne prouve rien non plus. Deux objections.
- La classe entière a progressé : la moyenne générale passe de à .
- Surtout, on a sélectionné les cinq élèves sur une valeur extrême — les plus faibles. Une valeur extrême comporte toujours une part de circonstances (un contrôle raté, une semaine difficile), et cette part ne se reproduit pas : le groupe serait remonté un peu de toute façon. C'est le retour vers la moyenne, et il produit à lui seul un « effet » parfaitement fictif.
- Le protocole. Repérer d'abord tous les élèves éligibles au soutien — disons les dix plus faibles du niveau — puis en tirer la moitié au sort. Les deux groupes sont alors également faibles, également touchés par le retour vers la moyenne, et la différence de progression mesure le soutien et lui seul.
Sans groupe témoin, un avant-après ne mesure jamais un effet : il mesure un effet plus l'évolution spontanée plus le retour vers la moyenne.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.