Le tirage au sort équilibre-t-il vraiment les groupes ?
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 19 — Thème 9 — Corrélation et causalité
Énoncé
Le tirage au sort équilibre-t-il vraiment les groupes ?
Dans un essai, chaque patient est affecté au groupe traité ou au groupe témoin par un tirage à pile ou face indépendant. Une proportion des patients porte un facteur de risque que personne n'a mesuré. On note le nombre de porteurs affectés au groupe traité.
- Justifier que suit une loi binomiale et donner ses paramètres.
- Petit essai : patients, dont porteurs. Calculer et l'écart type de , puis déterminer tel que . Traduire en part de porteurs dans le groupe traité.
- Grand essai : patients, dont porteurs. Même travail (on donne ).
- Que garantit, et que ne garantit pas, le tirage au sort ?
Corrigé
- Schéma de Bernoulli. On considère les porteurs. Pour chacun on répète la même épreuve — le lancer de la pièce — avec deux issues, « groupe traité » (succès, de probabilité ) et « groupe témoin ». Les lancers sont indépendants et leur nombre est fixé à l'avance : c'est un schéma de Bernoulli, donc
Le point essentiel est que la probabilité ne dépend pas du fait d'être porteur : c'est cela, ne pas être biaisé.
- Petit essai. Ici , donc
Pour l'intervalle, on rejette de chaque côté. Comme ,
Le plus petit entier tel que est donc . Par symétrie de la loi (), et , donc . Ainsi
Le groupe traité comptant patients, la part de porteurs peut aller de à — pour une valeur attendue de . Le déséquilibre entre les deux groupes peut atteindre points.
- Grand essai. Ici , donc
Avec et un groupe traité de patients, la part de porteurs va de à . Le déséquilibre entre groupes ne dépasse pas points.
- Ce qui est garanti. Le tirage au sort garantit l'absence de biais : la loi de est centrée sur , dans les deux essais et pour toute caractéristique, mesurée ou non. Il ne garantit pas l'égalité des groupes sur un essai particulier : il laisse une fluctuation, dont l'écart type est . Cette fluctuation croît comme quand l'effectif croît comme : en proportion, elle s'écrase.
from math import comb
def loi_binomiale(n, p):
return [comb(n, k) * p**k * (1 - p)**(n - k) for k in range(n + 1)]
def intervalle_fluctuation(n, p, alpha=0.05):
# Methode du chapitre 8 : on rejette alpha/2 de chaque cote.
loi = loi_binomiale(n, p)
cumul, s = [], 0.0
for v in loi:
s += v
cumul.append(s)
a = min(k for k in range(n + 1) if cumul[k] > alpha / 2)
b = min(k for k in range(n + 1) if cumul[k] >= 1 - alpha / 2)
return a, b, cumul[b] - (cumul[a - 1] if a > 0 else 0.0)
print(intervalle_fluctuation(12, 0.5)) # (3, 9, 0.9614...)
print(intervalle_fluctuation(300, 0.5)) # (133, 167, 0.9569...)Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.