Lire le résultat d'un essai randomisé
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 19 — Thème 9 — Corrélation et causalité
Énoncé
Lire le résultat d'un essai randomisé.
Un essai en double aveugle porte sur patients migraineux, répartis au hasard en deux groupes de . Deux heures après la prise, on compte les patients soulagés : dans le groupe traité, dans le groupe placebo.
- Qu'aurait-on conclu sans groupe témoin ?
- On veut savoir si un écart pareil peut venir du seul tirage au sort. Sous l'hypothèse « le traitement n'y est pour rien », justifier que le nombre de soulagés du groupe traité suit .
- Calculer et . On donne avec . Conclure.
- On donne . Interpréter.
- Rédiger la conclusion de l'essai avec les précautions qui s'imposent.
Corrigé
- Sans témoin. On lirait « des patients sont soulagés » et l'on crierait au succès. Le groupe placebo montre pourtant que l'auraient été de toute façon : migraine qui passe seule, effet du soin, repos. La part qui revient au principe actif n'est pas points, mais points.
- Le modèle sous l'hypothèse nulle. Supposons le traitement sans effet. Alors les patients soulagés l'auraient été quel que soit leur groupe ; leur soulagement était écrit d'avance, et seule la pièce a décidé de leur affectation. Pour chacun d'eux, « être dans le groupe traité » est donc un succès de probabilité , les lancers sont indépendants et leur nombre est fixé : .
C'est ici que le tirage au sort paie : il fournit non pas une hypothèse commode, mais le mécanisme réel qui a produit les données.
- Où tombe la valeur observée.
L'intervalle contient de la probabilité. La valeur observée, , est en dehors. Un déséquilibre aussi marqué ne s'explique donc pas raisonnablement par le seul hasard du tirage : on rejette l'hypothèse « le traitement n'y est pour rien ».
- La probabilité de l'écart. Un écart au moins aussi extrême, dans un sens ou dans l'autre, a pour probabilité
soit environ : deux essais sur cent, si le traitement était inerte, donneraient un déséquilibre pareil. C'est peu, et c'est ce qui autorise à parler d'effet ; ce n'est pas nul, et un essai isolé ne vaudra jamais une réplication.
- Rédaction. Chez des adultes migraineux comparables à ceux de l'essai, ce traitement soulage à deux heures environ patients de plus sur cent qu'un placebo. Un écart au moins aussi grand se produirait dans environ des essais si le produit était inactif. Ni « le traitement guérit la migraine » — on a mesuré le soulagement à deux heures, pas la guérison — ni « il marche chez tout le monde » : l'essai ne dit rien des enfants, des femmes enceintes, ni de la quatrième crise.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.