Problème — Convexité — une équivalence, et une implication à sens unique
Application directe du cours · niveau 2 · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 20 — Vocabulaire ensembliste et logique
Énoncé
Problème — Convexité — une équivalence, et une implication à sens unique.
Le chapitre 5 énonce que, pour deux fois dérivable sur un intervalle , les trois propositions suivantes sont équivalentes : (i) est convexe sur ; (ii) la courbe de est au-dessus de chacune de ses tangentes ; (iii) sur . Il énonce par ailleurs que la courbe admet un point d'inflexion en si et seulement si s'annule en changeant de signe en .
- Combien d'implications faudrait-il démontrer pour établir l'équivalence des trois propositions ? Le programme les demande-t-il ?
- Soit sur . Montrer que est convexe sur , et écrire proprement, avec un « pour tout », l'énoncé démontré.
- L'implication « la courbe de admet un point d'inflexion en » est vraie. Écrire sa réciproque et la réfuter à l'aide de la question précédente.
- Écrire, sous forme d'une équivalence, la condition exacte d'existence d'un point d'inflexion, et dire en quoi elle diffère de « ».
- Soit . Déterminer les intervalles de convexité et le point d'inflexion, en rédigeant chaque étape avec le bon connecteur.
Corrigé
- Six implications au total si l'on procède naïvement (de chacune des trois vers chacune des deux autres), ou trois si l'on procède en boucle : (i) (ii) (iii) (i). Le programme ne les demande pas : il admet l'équivalence, et le chapitre 5 le signale explicitement. Ce qu'on doit retenir, c'est qu'une équivalence à trois termes n'est pas une évidence : trois formulations très différentes — deux géométriques, une analytique — décrivent la même propriété.
- Deux dérivations :
Un carré est positif ou nul, donc l'énoncé démontré est : « pour tout réel , ». D'après la caractérisation (iii) (i), est convexe sur .
- Réciproque : « si , alors la courbe de admet un point d'inflexion en ». Elle est fausse, et le montre : , mais reste positive de part et d'autre de , donc la convexité ne change pas et il n'y a pas d'inflexion. L'annulation de est une condition nécessaire, jamais suffisante.
- Équivalence correcte : « la courbe admet un point d'inflexion en s'annule en en changeant de signe ». La différence tient dans les quatre derniers mots : « » est une condition sur la seule valeur en , tandis que le changement de signe est une condition sur ce qui se passe autour de . C'est la même distinction qu'entre « » et « admet un extremum en ».
- Étude de . On a
Donc si et seulement si , et si et seulement si — ce sont bien des équivalences, puisqu'on résout une inéquation du premier degré en divisant par . Par la caractérisation admise, est concave sur et convexe sur . Enfin s'annule en en changeant de signe, donc, par l'équivalence de la question 4, la courbe admet un point d'inflexion d'abscisse ; son ordonnée vaut . Le point d'inflexion est .
Une même page de cours contient donc les deux régimes : une équivalence admise, qu'on utilise dans les deux sens sans y penser, et une implication dont la réciproque est fausse, qu'il faut manier avec précaution.
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