Problème — Combien de moteurs pour un avion ?
Application directe du cours · niveau 2 · mathématiques complémentaires (terminale), chapitre 8 — Lois discrètes
Énoncé
Problème — Combien de moteurs pour un avion ?
On modélise la fiabilité d'un moteur d'avion en supposant qu'au cours d'un vol donné il tombe en panne avec la probabilité , indépendamment des autres moteurs. Cette valeur est volontairement très pessimiste : elle rend les calculs lisibles.
Un bimoteur parvient à voler tant qu'il lui reste au moins un moteur ; un quadrimoteur tant qu'il lui en reste au moins deux.
- Pour un quadrimoteur, donner la loi du nombre de moteurs tombant en panne pendant le vol, puis calculer et .
- Calculer la probabilité d'accident d'un bimoteur.
- Calculer la probabilité d'accident d'un quadrimoteur, et comparer.
- Une compagnie effectue vols en bimoteur. Quel est le nombre moyen d'accidents attendu ?
- On suit un moteur donné, vol après vol, et l'on note le rang du premier vol où il tombe en panne. Donner la loi de , et .
- Le moteur a effectué vols sans panne. Quelle est la probabilité qu'il en effectue de plus sans panne ? Que penser du modèle ?
Corrigé
- Le modèle. Chaque moteur donne une épreuve à deux issues (panne / pas de panne) de probabilité de succès , et les quatre moteurs sont indépendants : . Donc
- Bimoteur. L'accident survient si les deux moteurs tombent en panne :
- Quadrimoteur. L'accident survient si au moins trois moteurs tombent en panne :
Le rapport vaut : le quadrimoteur est environ vingt-cinq fois plus sûr.
- À l'échelle d'une flotte. Le nombre d'accidents sur vols suit , d'espérance
Une probabilité individuelle minuscule devient un nombre bien visible dès qu'on la répète : c'est le même effet que les faux positifs d'un dépistage de masse.
- Attente de la première panne. On répète la même épreuve jusqu'au premier succès : suit la loi géométrique de paramètre , donc
- Absence de mémoire, et sa limite. Par absence de mémoire,
les cent premiers vols n'ont rien changé. C'est bien ce qui rend le modèle suspect pour une pièce mécanique : un moteur s'use, et sa probabilité de panne au vol suivant augmente avec les heures accumulées. Le modèle géométrique convient aux défaillances accidentelles ; c'est justement parce qu'il ne convient pas à l'usure que les visites de maintenance sont programmées à intervalles fixes.
On retiendra la logique du calcul : la redondance ne supprime pas le risque, elle l'élève à une puissance. Passer de deux à quatre moteurs fait passer l'accident de « deux pannes simultanées » à « trois pannes simultanées », et chaque panne supplémentaire exigée divise le risque par un facteur de l'ordre de .
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.