Adloun

mathématiques (terminale) · Chapitre 11 · Exercice de TD

Problème — Quantificateurs, négation et raisonnement par l'absurde

Vocabulaire ensembliste et logique · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Problème — Quantificateurs, négation et raisonnement par l'absurde. Soit une suite réelle.

  • Écrire, avec les quantificateurs et dans le bon ordre, la proposition : « est majorée ».
  • Que dirait la proposition obtenue en échangeant les deux quantificateurs de ? Est-elle intéressante ?
  • Écrire la négation de et retrouver, dans la démonstration du chapitre 1 du théorème « toute suite croissante et non majorée tend vers », l'endroit où cette négation est utilisée.
  • On suppose désormais croissante et convergente vers un réel . Démontrer par l'absurde que pour tout .
  • En déduire que la suite définie par et , dont on admet (chapitre 1) qu'elle est croissante et convergente vers , vérifie pour tout .

Corrigé

  • : « il existe un réel tel que pour tout , ».

L'ordre est essentiel : le majorant est annoncé en premier, donc il ne dépend pas de . C'est un seul et même nombre qui doit convenir pour tous les termes à la fois.

  • En échangeant : « pour tout , il existe un réel tel que ». Ici est choisi après , donc il peut dépendre de — et il suffit de prendre . Cette proposition est vraie pour n'importe quelle suite : elle n'apprend rien. Deux propositions écrites avec les mêmes mots, dans un ordre différent, peuvent donc avoir des contenus radicalement différents.
  • Négation de : « pour tout réel , il existe tel que ».

C'est exactement le premier pas de la démonstration du chapitre 1 : « Soit une suite croissante non majorée et un réel quelconque. Comme n'est pas majorée, n'est pas un majorant : il existe donc un rang tel que . » Le « quelconque » correspond au « pour tout » et le « il existe un rang » à l'existentiel. La suite de la démonstration exploite la croissance pour propager l'inégalité à tous les rangs , puis conclut par la définition de la limite .

  • Raisonnons par l'absurde. Supposons que la conclusion soit fausse, c'est-à-dire — négation d'une proposition universelle — qu'il existe un rang tel que .

Posons , qui est strictement positif. La suite étant croissante, pour tout :

Considérons l'intervalle ouvert , qui contient . Aucun terme de rang n'appartient à , puisque tous sont supérieurs ou égaux à .

Or, la suite convergeant vers , la définition du chapitre 1 impose que tout intervalle ouvert contenant contienne tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. En particulier devrait contenir tous les termes à partir d'un certain rang ; il suffit de considérer un rang pour obtenir un terme qui devrait être dans et qui n'y est pas. Contradiction.

L'hypothèse de départ est donc fausse : pour tout , .

  • La suite est croissante et converge vers . D'après la question précédente, pour tout .

Ce résultat s'obtient ici sans récurrence, alors que la majoration par se démontre habituellement par récurrence au chapitre 1. Les deux voies coexistent : la récurrence établit la majoration avant de connaître la limite (et sert à prouver la convergence), tandis que le raisonnement par l'absurde ci-dessus l'obtient après. L'ordre logique des arguments compte autant que les arguments eux-mêmes — on ne peut pas utiliser la conclusion pour établir une hypothèse dont elle dépend.

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